SPIRITUEUX. Jean Battault, président du Syndicat des Fabricants du Cassis de Dijon (*) et patron de la maison Boudier, vient d'adresser une lettre au Premier ministre pour l'alerter sur la situation des producteurs dijonnais qui résulte d'une imposition supplémentaire sur ce produit.

Nous n'avons rien d'autre à rajouter que de livrer tel quel la teneur de ce courrier, pour le moins très explicite.

"La crème de Cassis de Dijon est particulièrement pénalisée dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale et ce, à divers titres.

Son imposition augmentera de 44,8 %, soit 1,36 € (pour 1 Litre de crème de Cassis de Dijon à 20 % vol.) lorsque, dans le même temps, les produits de son univers concurrentiel immédiat, comme, par exemple le pineau des Charentes ou le porto, bénéficieront d’une imposition nettement inférieure et, que certains produits alcoolisés, comme les boissons à base d’alcool de vin obtenues par osmose inverse, sont exclues de la taxation.

La T.V.A. est calculée pour nos produits sur l’assiette de notre prix de vente, plus les droits d’accises. Ce qui ne pourra qu’amplifier les effets de cette hausse. Je vous informe que le coefficient appliqué à nos produits servant au calcul du prix de vente de nos clients – épiceries, cafés, hôtels, restaurants – est de 2,2. Notre prix final au consommateur se trouvera ainsi satellisé !

Je vous rappelle, pour mémoire :

Que les fabricants du Cassis de Dijon emploient directement sur la ville de Dijon 200 personnes et ont généré 300 emplois indirects en Bourgogne.

Qu’ils sont l’aval d’une filière agricole, plus particulièrement située en Bourgogne, où la Crème de Cassis représente l’intégralité du débouché de la culture du cassis. Notre filière organisée dans le cadre du Comité Interprofessionnel du Cassis de Dijon, créé par décret-loi, a mis en place des contrats de fourniture sur 5 ans qui seront, bien évidemment, dénoncés en cas de baisse significative de nos ventes.

Que le Syndicat des Fabricants du Cassis de Dijon a entrepris une démarche de reconnaissance dans le cadre du nouveau règlement européen 110/2008 portant définition des Boissons Spiritueuses. Cette démarche qui augmente de façon très significative les garanties données à nos clients a, bien évidemment, induit un surcoût lié au système de contrôle par un organisme certificateur et que, lorsque notre produit se verra définitivement agréé, il devra acquitter une redevance au service de l’I.N.A.O.

Le Cassis de Dijon est un produit largement exporté. Il est, par exemple, le premier spiritueux importé au Japon.

Sans un marché domestique soutenu, le Cassis de Dijon sera en grande difficulté pour continuer à employer, investir et exporter.

Et, enfin, je vous informe que notre produit vient de subir de plein fouet une hausse de 40 % sur le sucre que nous avons beaucoup de mal à répercuter à nos clients compte tenu de son importance.

Nous vous demandons, expressément, de bien vouloir reconsidérer les dispositions du projet de loi de financement de la sécurité sociale afin de respecter une équité fiscale entre les différentes boissons alcoolisées.

Nous ne pouvons pas imaginer que notre activité disparaisse dans l’indifférence sans que sa contribution économique soit prise en compte".

(*) Ce syndicat compte 4 fabricants : - L’Héritier-Guyot (investisseurs luxembourgeois) : 29 millions d’€ de  chiffre d’affaires, 49 salariés. - Gabriel Boudier (entreprise familiale): 14,5 millions d’€ de chiffre d’affaires, 64 salariés. - Lejay-Lagoute (groupe Henriot) : 24,3 millions d’€ de chiffre d’affaires, 77 salariés, à qui l’on doit le procédé de fabrication industrielle, en 1841, de cette liqueur ménagère. - Cassis Briottet (entreprise familiale) : 1,9 million d’€ de chiffre d’affaires, 10  salariés.

Lire aussi sur le Cassis de Dijon :

https://www.tracesecritesnews.fr/actualite/le-cassis-de-dijon-fete-ses-170-ans-10560

Crédit photo: Boudier

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