INNOVATION/DIJON. Le Laboratoire Electronique Informatique et Image (LE2i) de l’Université de Bourgogne a mis au point une caméra intelligente qui traite l’information en temps réel.
La surveillance, mais aussi la sécurité des personnes et la santé, sont les débouchés qui pourraient intéresser des industriels, estiment les chercheurs.

 

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L'équipe du projet CheckSem du laboratoire LE2i de l'Université de Bourgogne : Christophe Nicolle, responsable (au premier plan), Julien Dubois (au fond) et Roberto Marroquin, thésard. ©TracesEcrites.

 

Le laboratoire Electronique Informatique et Image (LE2i) contredit l’idée préconçue selon laquelle les chercheurs universitaires travaillent dans un cocon imperméable au monde extérieur.


Spécialistes de la sémantique des objets, les professeurs Christophe Nicolle et Julien Dubois assistés de Roberto Marroquin, thésard, veulent le démontrer avec leur projet de caméra intelligente pour laquelle ils recherchent des débouchés industriels.


Le fonctionnement de la caméra se base sur la sémantique des objets, à savoir un langage qui rend sa fonction compréhensible de tous.

 

A la base, la caméra est tout à fait banale, avec une optique ordinaire. En lui apportant un cerveau constitué de données informatiques, elle devient capable de détecter seule les éléments inhabituels d’un environnement grâce à un réseau de capteurs installés à l’intérieur d’un bâtiment.

 

Il faut imaginer une sorte de cerveau artificiel, en quelque sorte un programme informatique central relié à la maquette numérique d’un bâtiment à qui l’on a donné des instructions.

 

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Un exemple : Installée à la sortie d’un ascenseur, la caméra détecte un mouvement qui suppose qu’une personne vient de sortir de l’ascenseur. Elle transmet cette information aux autres caméras du voisinage, dans le couloir, à l’entrée et à l’intérieur des pièces adjacentes, ou vers l’accès à l’escalier.

 

Elles suivent ainsi le cheminement de la personne et lorsque la caméra perd le « fil », elle en déduit qu’il y a une anomalie : la personne a pu avoir un malaise ou s’être introduite là où elle ne devait pas aller.

 

« Ce n’est pas Big Brother », se défend Christophe Nicolle. « La caméra ne stocke pas des images, mais analyse des informations en temps réel, en revanche, elle accumule des informations statistiques qui permettent d’analyser un flux de déplacements ».

 

Des prototypes pour instrumenter les locaux du laboratoire

 

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Les caméras détectent les mouvements et grâce à leur connexion en réseau, communiquent entre elles d'un point à l'autre d'un bâtiment.

 

Les usages possibles sont multiples. En premier lieu, la surveillance des circulations dans un bâtiment « sensible ». Ou plus simplement guider une personne vers sa destination. Les chercheurs imaginent associer l’intelligence de la caméra à une application téléchargée sur un téléphone portable : ainsi, la personne qui entre dans un lieu peut être guidée vers le bureau qu’elle recherche.

 

Pour montrer la pertinence de leur innovation, les chercheurs de LE2i pensent prochainement instrumenter le bâtiment qui les héberge, l’institut Marey, à côté de la maison de l’innovation à Dijon.


Plus largement, cet instrument entre dans le champ des équipements de domotique. L’un des marchés envisagé dans ce cadre est le maintien à domicile des personnes âgées pour la détection des chutes.

 

La sécurité des personnes dans un bâtiment collectif est un autre débouché possible. En cas d’incendie par exemple, les caméras affichent sur des écrans dans le bâtiment ou communiquent par haut-parleurs, le cheminement vers les portes de secours.

 

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camerascardiaqueL'innovation s'adresse aussi au secteur de la santé. Sans contact, la caméra peut mesurer le rythme cardiaque ou respiratoire d'une personne, en analysant la variation de la couleur de la peau.

 

Les chercheurs estiment que leurs travaux sont mûrs pour passer le cap de l’industrialisation, qu'ils envisagent sous la forme d’un transfert de technologie, rendu possible grâce à la Société d'accélération de transfert de technologies (SATT) Grand Est dont l’Université de Bourgogne est actionnaire.

 

Leur produit a un atout indéniable pour intéresser le milieu des affaires, estiment-ils. Son prix : autour de 70 €, tandis que les caméras capables de traiter l’information en temps réel coûtent encore très cher.

 

Le laboratoire LE2i n’en est pas à sa première approche du monde de l’entreprise. Ses travaux ont alimenté l'activité d'Active3D à Dijon, société d’ingénierie spécialisée dans la maquette numérique interactive (ou BIM pour Building Information Modeling).

 

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