Insertion par l'économique. A l'occasion du mois de l'économie sociale et solidaire en Bourgogne, Traces Ecrites News lance une série de reportages sur les entreprises d'insertion.

Qui sont-elles ? Quels services peuvent-elles proposer aux entreprises ? Quel intérêt pour elles d'intégrer des personnes en insertion ?

Autant de questions auxquelles répond Patrick Tuphé (1), président de l'Union régionale des entreprises d'insertion (UREI) qui fédère plus d'une vingtaine d'entreprises.

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Comment se définit une entreprise d'insertion ?

Un entreprise d'insertion a vocation d'insérer par le travail des personnes en grande difficulté, de leur apporter un savoir-faire et les compétences nécessaires pour accéder au marché de l'emploi ; pour elles, l'entreprise d'insertion n'est pas une fin en soi, mais un tremplin.

Pour être entreprise d'insertion, une société ou une association doit avoir un agrément de l'Etat, renouvelé chaque année, ce qui lui donne droit à des subventions et des postes d'encadrant.

Les salariés des entreprises d'insertion sont mis à disposition des entreprises du secteur marchand pour exercer une mission de manière durable ou plus ponctuelle. D'où la coexistence d'entreprises temporaires.

Notre métier comporte une double facette. L'entreprise d'insertion développe une activité support : manutention, restauration collective, bâtiment, recyclage, déchets, intérim… S'y ajoute un volet social. Notre but étant d'aider les personnes à se réintégrer dans la société.

Les entreprises d'insertion sont souvent accusées de faire de la concurrence déloyale. Quels contre arguments opposez-vous ?

Il faut d'abord savoir que les entreprises d'insertion ont les mêmes contraintes fiscales et de droit du travail que les entreprises du secteur marchand. Elles aussi doivent chercher du business et avoir une logique de rentabilité.

Même si c'est un discours qui s'atténue avec le temps, on nous accuse effectivement souvent d'être avantagées grâce aux subventions. Celles-ci ne permettent pas de faire baisser les prix des prestations qui sont en général identiques, voire supérieures.

Mais de financer le surencadrement, statistiquement un accompagnant pour deux salariés et de compenser le manque de productivité, en raison du profil des salariés.

Contrairement aux idées reçues, les subventions publiques tiennent une part de moins en moins importante dans les produits d'exploitation. Les crédits d'Etat sont constants d'une année sur l'autre, sans augmentation notoire, malgré le développement de l'offre d'insertion.

En 2010, les subventions publiques en Bourgogne se sont élevées à 5,9 millions d'€, soit 16,79% du produit d'exploitation pour 35,32 millions de chiffre d'affaires. Notre activité dégage un gain économique pour la collectivité : pour un 1 € donné à l'insertion, elle récupère 2,97 € en impôts, charges sociales, économies sur l'assurance chômage.

Quel bénéfice pour une entreprise d'intégrer un salarié de l'insertion ?

Faire de l'insertion, c'est avoir un comportement citoyen : beaucoup d'entreprises ont cette sensibilité aujourd'hui. Pour elles, nous sommes un levier pour communiquer sur ce champ. L'insertion leur permet de découvrir des publics qui ne seraient pas pour elles, un premier choix : des personnes en difficulté ou subissant une discrimination raciale.

Les clauses d'insertion dans les marchés publics nous aident beaucoup. Cependant, nous avons du mal à entrer dans l'industrie. En sous-traitance, les entreprises d'insertion permettent d'activer une main d'œuvre importante. La crise ne facilite pas notre tâche car les industriels ont des difficultés accrues pour fournir du travail à leurs propres employés.

L'insertion par l'économique en chiffres

Selon l'union régionale des entreprises d'insertion (Urei) Bourgogne, il existait en 2010, 27 entreprises d'insertion en Bourgognes dont 9 agences de travail temporaires.

Le nombre de salariés s'élevait à 2948. Ils occupaient 714 postes.

A leur sortie, 25% d'entre eux ont trouvé un emploi durable dans le secteur marchand

59% des salariés ont entre 26 et 50 ans. 48% ont un niveau V de formation

A leur entrée, 46% étaient demandeurs d'emploi de longue durée, 23% des jeunes sans qualification et 20% bénéficiaires du RSA.

(1) Patrick Tuphé est également président du Prisme(professionnels de l'intérim) Bourgogne-Franché et dirige Bourgogne Intérim.

En savoir plus :urei.bourgogne@maisondesentreprises.com, tél.: 03 80 77 85 17.

Site : www.cnei.org

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