Avis d'expert. Chargé de développement à A.LU.TEC, Thibault Bressin explique les objectifs de la matinée d'échanges sur les nouveaux matériaux, organisée ce jeudi 16 juin à Morez (Jura).

L'association des lunetiers de Franche-Comté souhaite élargir l'utilisation de sa matériauthèque à d'autres secteurs industriels, notamment la bijouterie, l'horlogerie, le biomédical, les produits de luxe...

Quelles missions remplit l'Association Lunetière TEChnologique (A.LU.TEC) créée il y a près d'une vingtaine d'années ?

L'association accompagne dans leur démarche d'innovation et d'amélioration de la qualité les 62 entreprises adhérentes, donneurs d'ordre et sous-traitants de la lunetterie, du bassin élargi de Morez, berceau de la lunette, Oyonnax et Paris. Elle est aujourd'hui présidée par Joël Thierry, dirigeant de Thierry SA, sous-traitant de capacité.

Avec son laboratoire, implanté au Lycée d'optique Victor Bérard à Morez, elle valide la mise en conformité CE de leurs produits : montures et verres ophtalmiques, lunettes et verres solaires, masques de ski, etc... L'association fait également de la veille technologique, de la formation et surtout, de la recherche et développement collective. Cette action est très importante car certaines entreprises, trop petites, n'ont pas du tout de service de R&D.

Des groupes de travail sur les matériaux et les procédés de fabrication auxquels les entrepreneurs adhèrent selon leur intérêt, aboutissent à des prototypes ou des essais collectifs. Ils s'engagent ensuite à partager les résultats avec les autres membres. Ces prestations sont vendues aux entreprises participantes à hauteur de 20% du coût des essais.

L'association possède une matériauthèque. De quoi s'agit-il ?

Accessible sur place, dans les locaux du musée de la lunette à Morez, et par internet (www.materialutec.com), notre matériauthèque contient 240 références de matériaux sous forme d'échantillons, organisés par famille de matériaux et secteurs d'application, dotés de leur fiche technique et de la liste des fournisseurs. Nous l'enrichissons chaque année d'une trentaine de nouveaux matériaux dont nous avons apprécié le potentiel technique et économique pour les entreprises.

Accessible gratuitement pour les adhérents d'A.LU.TEC, nous souhaitons l'ouvrir à d'autres professionnels. Elle est un outil de choix dans l'aide à la création pour l'horlogerie, la joaillerie, le biomédical, les designers, les prototypistes, et bien au-delà du Jura.

La matinée d'échanges du 16 juin traite des nouveaux matériaux "matière à création, matière à innovation". Quels sont-ils ?

Aujourd'hui, les industriels et les consommateurs recherchent des produits écoconçus, respectueux de l'environnement. Aussi les matériaux composites à base de fibres naturelles (lin, chanvre), les résines biosourcées comme l'acide polylactique contenu dans les betteraves, le bois ou encore la céramique, inerte chimiquement donc anti-allergique, ont le vent en poupe.

La tendance dans la lunetterie va aussi vers les matériaux sandwichs, c'est-à-dire l'association de matériaux : bois et alu par ex. ou gomme souple en revêtement d'un métal. Dans cette évolution, A.LU.TEC aide les industriels à mettre au point et tester des procédés d'assemblage avec, en ligne de mire, la compétitivité en matière de coût, de régularité de la qualité et d'organisation du cycle de fabrication.

A cause de la concurrence asiatique, la lunetterie française s'oriente vers le haut de gamme et pour cela, il lui faut innover.

www.labo-alutec.com

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