AVIS D’EXPERTE. Le design ou en français «esthétique industrielle», Marie-Christine Grandperret en a fait un métier qu’elle exerce avec passion depuis ses 22 ans.

Épokhé (1,65 millions d’€ de chiffre d’affaires, 7 salariés), sa société implantée rue Verrerie à Dijon (Côte-d’Or), est progressivement devenue une adresse incontournable en la matière.

Cette ancienne «fille de pub» que son père a installée là, avec pour idée au départ qu’elle gère un magasin de meubles, multiplie les réalisations, auprès notamment d’une clientèle de négociants en vin, d’hôteliers et de restaurateurs.

Plongeons avec elle dans cet univers qui redistribue les espaces et bouscule les cultures.

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Comment définissez-vous le design ?

Comme une valeur ajoutée qui fait qu’un produit ou un lieu répond parfaitement à la finalité que l’on recherche. Le design n’est pas de la décoration ou de la communication. Il participe pleinement à la vie économique en offrant une dimension technologique, mais également marketing, très forte à toute conception. Si le travail est réussi, il apporte aussi une touche culturelle, voire spirituelle. Le design, c’est du bonheur à partager parce qu’il est synonyme de libération et de progrès.

Quand apparaît-il ?

Il naît en Europe au début des années 1920 et tout spécialement en Allemagne avec le Bauhaus, un institut des arts et des métiers fondé en 1919 à Weimar. Les premières réalisations concernent les meubles où l’on utilise d’autres matériaux que le bois. Avec les années 1930, marquées par une terrible crise, le design traversent l'Atlantique. Raymond Loewy propose de donner une valeur esthétique et symbolique forte aux objets manufacturés pour relancer l'économie. Outre la Cadillac, la bouteille pour Coca-Cola, il dessine aussi le paquet de cigarettes des Lucky Strike. Il est l’auteur de cette phrase célèbre : «la laideur se vend mal». Regardez le succès d’Apple, cela se passe de commentaires.

Où le design est-il le mieux représenté aujourd’hui ?

Chicago, aux États-Unis, reste une place incontournable, mais je dirais surtout l’Italie avec Milan. Les écoles d’architecture locales ne distinguent pas entre l’extérieur et l’intérieur d’un bâtiment. Elles intègrent l’ensemble et forment des professionnels qui me semblent les plus créatifs car les plus complets dans leur approche d’un projet.

Comment travaillez-vous ?

Je provoque le besoin par une réflexion partagée avec le chef d’entreprise. Je m’imprègne de ce qu’il souhaite en termes d’image à donner, de fonctionnalité recherchée, de performance espérée, de management souhaité. Le résultat doit non seulement être utile mais par ailleurs pratique. J’avoue avoir inconsciemment un penchant pour le mariage harmonieux des volumes aux formes contrastées en mélangeant les courbes avec les angles. J’insiste toutefois sur un point fondamental. Rien ne doit apparaître superficiel. Le pire ennemi du design est le cliché, l’effet de mode…, comme le Vintage en ce moment.

Crédit photo: Arnaud Dauphin

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