Avis d’expert. Nathalie Perrin, dirige à Dijon RH Partners, cabinet conseil en ressources humaines. Elle fait partie des cinq consultants (*) retenus par la CGPME Bourgogne pour accompagner les PME vers une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC). Elle a accepté de répondre aux questions de Traces Écrites News pour expliquer son cadre d’intervention et l’utilité d’une telle démarche comme facteur de développement d’une entreprise.

Pourquoi avoir accepté d’intervenir aux côtés de la CGPME Bourgogne en matière de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) ?

Pour plusieurs raisons et, en tout premier lieu, parce que bien peu d’entreprises de 10 à 150 personnes sont outillées en matière de ressources humaines avec une stratégie spécifique. Et, c’est un handicap fort à leur développement même si beaucoup de dirigeants ne s’en rendent pas toujours compte. Ensuite, parce que je ne suis pas seule à intervenir. Quatre autres de mes collègues ont été retenus dans le cadre d’une convention que la CGPME a signée avec l’État. Elle s’achèvera fin novembre et prend en charge 60% du coût de notre mission (**). Enfin parce que la CGPME ne s’adresse pas uniquement à ses adhérents, mais à toutes les entreprises bourguignonnes de petite et moyenne taille.

En quoi consiste précisément la GPEC et comment opérez vous ?

La GPEC permet de mettre en face des besoins présents et futurs d’une entreprise, liés à sa stratégie, les compétences humaines nécessaires. Elle détermine si l’organigramme est cohérent, si chaque personne est employée à un poste qui lui convient et où elle peut s’exprimer pleinement. Elle évalue aussi les manques en formation et comment y remédier. Nous opérons suite à un pré-diagnostic effectué par la CGPME. À l’issue d’un audit complet de l’entreprise, basé sur des entretiens en face à face, nous établissons un plan d’action individualisé. Il peut aussi nous arriver de mutualiser certaines réponses à apporter, comme des sessions de formation communes.

Pourquoi si peu de PME s’engagent-elles dans cette voie, alors que les bénéfices à en retirer semblent si importants ?

Les freins sont nombreux chez les dirigeants. Ils invoquent très souvent le manque de temps comme la bonne connaissance de leur personnel. Ce qu’ils disent moins est la peur d’avoir la réalité en face par un œil extérieur ou leur incapacité à déléguer certaines tâches, alors que leur management serait bien plus efficace s’il prenait du recul pour anticiper l’avenir. Dans un monde économique de plus en plus mondialisé et concurrentiel, il y a vraiment urgence que les PME optimisent leurs ressources humaines.

L’un des freins ne vient-il pas aussi de votre corporation, mal encadrée, régulièrement décriée où le professionnalisme fait souvent défaut ?

Je ne peux pas vous dire tout à fait le contraire. Avec la crise, se montent des officines qui tirent les prix vers le bas et offrent des prestations médiocres, ce qui pénalise les vrais professionnels en gestion des ressources humaines. Car nous exerçons un métier où, au-delà de la technique propre à chacun, l’écoute, le respect, le savoir-faire relationnel, l’adaptation à tout type d’interlocuteur, la distance à garder, la confiance à susciter et la confidentialité à respecter fondent les règles éthiques qui dictent notre conduite.

(*) La CGPME Bourgogne a aussi retenu Agnès Louvet d’Alter&Plus, Christine Begey d’Action Perspectives & Compétences, Christian Bald de Bilancia et Jean-Philippe Prunier de DRH Associés.

(**) Le coût minimal s’élève à 1300 € pour quatre journées d’intervention.

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