Le débat actualisé avec les réponses apportées aux internautes.

Sans SCOT (schéma de cohérence territoriale), le projet touristique et résidentiel de Norges Resort serait sans doute en plein chantier, à Norges-la-Ville, commune distante d'une dizaine de km de Dijon (Côte-d'Or).

Défini par les lois Solidarité et Renouvellement Urbains du 13.12.2000 et Urbanisme et Habitat du 02.07.2003, le SCOT vise à mettre en cohérence les politiques d'aménagement des communes et communautés d'un même territoire, dans les domaines de l'urbanisme, l'habitat, l'économie, les déplacements, l'environnement, etc...

Précision technique mais qui a son importance dans l'histoire qui suit : les communes situées à moins de 15 km de la périphérie d'une agglomération de plus de 50 000 habitants ne peuvent pas modifier ou réviser leur plan local d'urbanisme (PLU) afin d'urbaniser une nouvelle zone de leur territoire.

Il faut donc une dérogation que le syndicat mixte du SCOT de Dijon, présidé par le maire de la capitale bourguignonne, François Rebsamen, a refusé à la commune de Norges-la-Ville en juin dernier.

Le "coup de gueule" des porteurs de ce projet avorté qui s'apprêtent à déposer un recours au tribunal administratif, est prétexte au second débat lancé par Traces Ecrites News.

A Dijon comme ailleurs, l'élaboration de ces schémas directeurs inquiètent, voire irritent les maires de communes périurbaines et leurs concitoyens.

Les Scot sont-ils  alors des empêcheurs de tourner en rond ?

L'exemple relaté ci-dessous par l'un des porteurs de projet est-il un cas d'école ?

A vos commentaires !

«13 décembre 2001, c’est la date à laquelle le conseil municipal de Norges, à deux pas de Dijon, dit oui (12 voix pour, 3 contre) au projet Norges Resort, avec toutefois cinq réserves entièrement levées aujourd’hui.

Important sur un plan économique et touristique, le projet porté par Jacques Lafitte, ex-pilote de Formule 1 et consultant à TF1, Jean-Philippe Girard, entrepreneur local et Denis Liebe, directeur associé, permettait, au-delà de l'extension du golf de 18 trous, la création d'un lotissement de 35 pavillons et d'un hôtel 4 étoiles, avec parcours de santé, espace forme, tir à l’arc, mur d’escalade et multi activités. Les investissements entièrement privés à hauteur de 30 M€ devaient générer 50 emplois.

13 décembre 2001, le début d’un enfer pour ces trois porteurs de projet qui n’ont cessé depuis plus de huit ans, de répondre à de nouvelles demandes, à de nouvelles exigences, à de nouvelles réglementations… Un enfer qui paralyse le développement de ce site merveilleux, boisé, respectueux de son environnement.

Un enfer judicieusement orchestré par trois maires qui, malgré leurs hautes responsabilités et leur devoir d’élus, n’ont cessé de jouer à  : C’est pas moi, c’est l’autre !

Un jeu irritant, parfois fatigant où François Rebsamen, maire Dijon et président du SCOT, Emmanuel Clochet, maire de Norges et Michel Lenoir, maire de Clénay et président du syndicat des eaux, semblent exceller…

Un jeu qui consiste depuis plusieurs années à renvoyer la faute sur l’autre,  à retarder les décisions pour tel et tel prétexte, à confondre pouvoir et projet.

Comment peut-on se permettre, dans le contexte de crise actuelle, de refuser 50 emplois et 30 M€ d’investissements ?

Comment peut-on se permettre, alors que les services de l’Etat ont donné leur feu vert, de dire NON après avoir dit OUI et ne pas être sanctionné publiquement ?

C’est là toute l’interrogation des dirigeants qui saisissent le tribunal administratif.

Malheureusement, cela ne permettra pas la réalisation de ce magnifique projet, car le groupe Vinci, en contrat jusqu’au 30 juin 2010, est aujourd’hui libre de tout engagement.

Ces 3 élus le savaient et ils n’ont rien fait. Espèrons que les urnes sauront s’en souvenir…

Les propriétaires du golf sont, eux, déterminés à se battre jusqu’au bout pour obtenir justice et réparation».

Jean-Philippe Girard

Crédit photo : DR

5 commentaire(s) pour cet article
  1. Pierre Leroydit :

    je souhaite apporter mon témoignage sur la question de toutes ces règles, normes et procédures que nous imposent les administrations. Dans une autre région, j'ai voulu un jour faire agrandir ma maison. Que de paperasse à remplir et, au final, un non catégorique sur les plans présentés parce que elle se situait près d'une église toute banale. À quand un peu plus de liberté pour entreprendre. Il y en a marre qu'on régente nos vies du matin au soir.

  2. tracesdit :

    Réponse à monsieur Thierry EMARD par Jean-Philippe Girard. Difficile de comprendre les motivations réelles de ces 3 élus : le maire de Norges, monsieur CLOCHET et le président du syndicat des eaux, monsieur LENOIR ont été invités à plusieurs rendez-vous de travail sur ce projet. À aucun moment ils ne se sont exprimés contre le projet (de nombreuses personnes pourraient en témoigner) Nous avons même reçu les conseillers municipaux de Norges toute une matinée pour présenter l’ensemble du projet, le site et répondre à leurs questions. Ils sont repartis enthousiastes, certains nous disant que ce serait un vrai plus pour la commune et la communauté de communes ! Concernant François REBSAMEN, c’est incompréhensible ! Je l’ai rencontré personnellement 15 jours avant la délibération du SCOT. Je lui ai présenté le nouveau projet et il m’a dit : «beau projet Jean Philippe, je m’en occupe» Et, 15 jours plus tard il fait «semble t il» délibérer le SCOT sur l’ancien projet !!! Un énorme travail a été réalisé sur un plan environnemental Bâtiments haute qualité environnementale. Appui de conseillers de l’ADEME, l’ONF et de différents services de l’état. Réalisation de corridors biologiques. Plantations nouvelles. Signature d’une charte AUTHENTIS avec utilisation d‘engrais certifié bio. Gestion raisonnée de l’eau (consommation divisée par 2 en 5 ans). Volonté des dirigeants d’être exemplaire sur tous ces sujets. Le prix des terrains «malgré la magie de ce lieu» étaient prévu dans les prix de marché (pas plus) Notre volonté étant de réussir la globalité de ce projet. Le cahier des charges pour les maisons était destiné à une harmonie du site. Les prix des maisons étant défini par les acquéreurs des terrains. Oui, des logements sociaux étaient prévus et intégrés au site. Ils devaient bénéficier des mêmes prestations que les cottages touristiques. Espérant avoir été clair dans mes réponses. Très cordialement.

  3. tracesdit :

    Réponse à l'Imprécator : Sans faire une grande investigation, le fameux document que vous évoquez prend position sur ce type de projet. En page 14 de son schéma départemental d'aménagement et de développement durable du territoire (SDADDT), le conseil général de la Côte-d'Or indique vouloir "développer une offre de loisirs haut de gamme, prenant appui sur le cadre naturel et la résidence de villégiature en des points localisés, dont les golfs". Merci d'avoir contribué à alimenter ce débat.

  4. l'Imprécatordit :

    Le Conseil Général vient de publier un document trés important, avec le sigle barbare SDADDT, qui correspond aux idées de cette collectivité locale pour l'aménagement du territoire. Il serait intéressant de savoir ce qui est écrit, dans cette publication sur le projet du golf de Norges... Une investigation à faire et digne de Traces-Ecrites !

  5. Thierry Emarddit :

    Je vous lis régulièrement sans forcément réagir, mais là plusieurs questions me viennent à l'esprit. Quelles sont les motivations de ces trois élus et, notamment de François Rebsamen, pour avoir refusé votre projet ? La protection de l'environnement est-elle en cause ? Acheter un pavillon dans un pareil endroit ne doit pas être donné. Aussi avez-vous pensé à tous ces mal-logés en France en prévoyant des logements sociaux ? Merci de répondre et merci à la lettre Traces Écrites News de présenter des informations qui sortent de l'ordinaire des affaires et des petites phrases.

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