Pascale Polizzi et son mari Marc qui la seconde dans son cabinet de gestion du stress.
Pascale Polizzi et son mari Marc qui la seconde dans son cabinet de gestion du stress.

AVIS D’EXPERT. Cadres, patrons d’entreprise, auto-entrepreneurs, professions libérales et une bonne partie de vos collaborateurs, nous sommes tous des victimes potentielles du burn-out, c’est-à-dire d’un état d’épuisement professionnel total.

Pour comprendre ce syndrome, l’éviter et le soigner, nous avons rencontré Pascale Polizzi, conseillère en gestion du stress installée à Paris, mais qui reçoit de toute la France.

Cette ancienne chirurgien-dentiste, épaulée par son mari Marc, sait de quoi elle parle pour exercer ce second métier depuis maintenant une quinzaine d’années avec une clientèle composée d’un tiers de cadres et chefs d’entreprise.

Elle vient d’ailleurs de publier un livre en version numérique sur le sujet : "No-Stress, No-Burn-out" (*).

A lire et relire pour éviter cette « maladie » qui coûte très cher au point que la Fédération du bâtiment de la région Nord a mis en place un dispositif, baptisé Casques Bleus, pour venir en aide à ses adhérents en détresse (**).

Cliquez sur les photos pour l’agrandir.

Qui a découvert ce syndrome d’épuisement par le travail et l’a catalogué ainsi de : brûlure interne ou consumation intérieure ?

Il s’agit d’Herbert J. Freudenberger, aujourd’hui décédé (1927-1999). Ce psychologue et psychothérapeute américain a été le premier à décrire dans les années 70 les symptômes de l'épuisement professionnel. Il les a notamment étudiés sur des bénévoles qui travaillaient à aider des toxicomanes. Au bout d'un certain temps, ces personnes venaient à lui sans aucune énergie et plus du tout de motivation.

Comment survient un burn-out ?

En général, il découle d’un état de stress chronique lié à un surmenage permanent, mais plus seulement. Aujourd’hui des causes d’accélération et d’aggravation sont multiples : peur du licenciement, comme d’avoir à licencier, affres de l’échec, tracas administratifs, pression des délais et de la concurrence, manque de reconnaissance, difficultés à hiérarchiser ses priorités, fil à la patte des nouvelles technologies, smartphones notamment, qui permettent d’être replongé dans une ambiance de travail à tout moment…

Y a t-il des personnes plus exposées que d’autres à se brûler les ailes ?

Sur les trois millions d’actifs menacés en France par ce syndrome, ce sont les bons éléments les plus exposés. Ils ont une conscience professionnelle, s’investissent beaucoup, à la limite du perfectionnisme, et exigent d’eux-mêmes plus que le nécessaire. Dans les postes à grande responsabilité, ces boulimiques de l’engagement souffrent du défaut majeur de ne pas savoir toujours bien déléguer.

Pascal et Marc Polizzi viennent de publier un ouvrage numérique sur le burn-out.
Pascal et Marc Polizzi viennent de publier un ouvrage numérique sur le burn-out.

Quels sont les symptômes du burn-out ?

Ils sont nombreux et très insidieux. Au départ, on se sent simplement fatigué, puis l’anxiété s’insinue progressivement en laissant libre cours à un comportement irritable, à des problèmes de concentration et des troubles de la mémoire. Le burn-out peut aussi occasionner une envie de dormir constante, l’impossibilité de se lever du lit, des maux de tête, des douleurs musculaires.

Il faut comprendre que la personne touchée ne récupère plus. Elle a trop puisé dans ses ressources internes et n’a plus la capacité de les reconstituer avec du sommeil ou du repos même prolongé. Un burn-out met plusieurs mois à disparaître et même jusqu’à une année, voire plus dans les cas critiques.

Comment le prévenir ?

L’hygiène de vie est déterminante. La pratique sportive, un bon sommeil et une alimentation équilibrée en sont le socle. Il faut aussi séparer vie privée et vie sociale du monde professionnel avec des barrières étanches. En cas d’alerte, la relaxation par la pratique de disciplines adaptées s’avère salutaire.

Certaines grandes entreprises comme Google et IBM offrent en ce sens des séances de yoga à leur personnel. La micro sieste de 5 à moins de 20 minutes et la sieste flash donnent de très bons résultats pour récupérer. Être bien entouré par sa famille et ses amis compte aussi énormément, ainsi que le fait d’avoir un propre passe-temps.

Et comment le soigner ?

Un accompagnement thérapeutique et un suivi psychologique sont souvent indispensables. De notre côté, nous développons la médiation corporelle pour reprendre conscience de soi, se réapproprier son moi intérieur. Cela passe par des mouvements de certains types et leur ressenti. On peut aussi travailler sur des symboles. Le but est de déconnecter le cerveau gauche, celui qui est rationnel et mental, pour réapprendre à se servir du droit.

Combien coûtent vos consultations ?

70 € en séance individuelle et 140 € en entreprise. Nous formons aussi à notre cabinet des formateurs à la gestion du stress (1680 € les 4x1/2 journées) et pouvons donner nos consultations directement dans les entreprises pour des groupes de 4 personnes (1000 € sur l’Île-de-France).

(*) Pour ceux qui souhaitent commander l’ouvrage : http://sportnostress.fr/burnout

(**) Consulter sur le sujet l’excellent dossier de Caroline Giton, titré « Burn-out, comment y échapper » et publié dans le Moniteur des Travaux Publics et du Bâtiment en date du 20 juin 2014.

Photo fournie par Pascale et Marc Polizzi.

     

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