L’entreprise de carbonisation de Côte-d’Or fait évoluer ses savoir-faire vers des charbons actifs pour l’agriculture. Elle dispose d’un des deux seuls fours en service dans le monde et compte multiplier par cinq son activité dans les deux ans pour représenter 40% de la production française.

Il aura fallu plus de deux années à Cyril Flores et Ivan Girardot pour écrire la nouvelle feuille de route du carbonisateur Bordet, implanté à Leuglay, au nord de la Côte-d’Or, juste en bordure du futur parc national des Forêts de Champagne et Bourgogne. Les repreneurs en 2016 de cette entreprise fondée en 1860 et emblématique de cette région forestière, avec les pépinières Naudet, entendent diversifier son activité issue de la carbonisation du bois, dans les charbons actifs.
Bordet consacre à la R&D pas moins de 10% de son chiffre d’affaires qui s’élève à trois millions d’€, avec un effectif de 26 salariés, en  s’appuyant sur des centres de recherche et vient par ailleurs d’adhérer au pôle de compétitivité Vitagora.

 

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Ressortent de ces travaux, quatre nouveaux axes de développement dont le « Biochar », un fertilisant des sols agricoles. « Il sert d’amendement naturel, d’engrais et offre de nombreux avantages comme l'amélioration de la rétention d'eau et la stimulation du système immunitaire des plantes », explique Cyril Flores, le président de l’entreprise.
Dans la même veine, les deux dirigeants finalisent un ingrédient qui servira de traitement parfaitement adapté à une agriculture biologique. « Nous planchons aussi sur des charbons actifs pour la filtration de l’air, de l’eau, la dépollution, la nutrition animale et des applications industrielles », détaille Ivan Girardot, le vice-président.

Un équipement unique proposé au groupe Vallourec

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Le four et sa double combustion, conçu par les frères Bordet, est un bijou de technologie. © Bordet.

Les carbonisateurs n’en oublient pas pour autant leur cœur de métier qui demeure la fourniture de charbon de bois à usage domestique principalement auprès de la grande distribution, mais aussi de la restauration désireuse d’un produit sans émanation d’odeur et de fumée.
Ils ont hérité d’un outil de production presque unique au monde, à l’exception d’un similaire existant pour Vallourec au Brésil que les anciens propriétaires, Henri et Rémi Bordet ont aidé à installer à la fin des années 2000. Le four travaille en circuit fermé avec un process de double combustion en ce qu’il rebrûle les jus pyrolignieux, ne rejetant plus ensuite dans l’atmosphère que de la vapeur d’eau.

 

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« Nous n’avons rien touché à ce bijou de technologie qui permet d’obtenir un charbon de bois d’une grande pureté et dont seule la maintenance annuelle est nécessaire », certifie Cyril Flores. L’investissement supérieur à 100.000 € par an, a jusque-là été consacré à l’outil de séchage de la matière première, des délignures ou croûtes de bois, des chutes courtes de scierie et des rondins de taillis sous futaie.
« Nous avons aussi mis au point des nouveaux sacs possédant un QR code pour assurer une traçabilité totale », précise Ivan Girardot. En l’occurrence, le QR code renvoie sur le nouveau site web de l'entreprise dans lequel des fiches présensent chaque produit, ses qualités, et les bonnes pratiques associées.

Qui sont Cyril Flores et Ivan Girardot ?

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Ivan Giradot, à gauche, et Cyril Flores. © Bordet.
Les deux hommes viennent du chiffre. Cyril Flores, 46 ans, est titulaire d’un DECS, soit l’un des diplômes comptables supérieurs. Ivan Girardot (32 ans), a été diplômé d’une école de commerce, option finance.
Le premier a dirigé une société de télésurveillance, revendue en 2012, le second a été conseil chez KPMG à Paris et Singapour, puis dans un cabinet d’accompagnement stratégique d’actionnaires de grosses PME et groupes.
En 2016, ils ont cru en Bordet pour son potentiel de développement dans l’énergie verte et les possibilités de croissance à l’international.
Avec une production de 4.200 tonnes par an, Le carbonisateur ambitionne de devenir l'un des leaders du charbon végétal en France dès 2019 et de multiplier par cinq sa production actuelle pour assurer à horizon 2020, 40% de la production française.

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