Un parc d’une cinquantaine de camionnettes-atelier sillonne une grande partie de la France, principalement dans sa moitié Est, pour entretenir et réparer les véhicules automobile à domicile. L’entreprise dijonnaise Best’Oil exploite ce réseau, non en franchise, mais via un contrat de licence de marque.

La société dijonnaise Best’Oil se veut disruptive en cassant les codes de l’entretien des véhicules automobiles et des petites réparations. Plus besoin d'emmener son véhicule au garage, c'est le garage qui se déplace ! Née en 2013, Best’Oil développe un réseau de mécanique automobile à domicile pour les particuliers comme les professionnels, hors évidemment les poids lourds. Qui dit dans son cas mécanique, dit maintenance courante type forfait vidange, pneumatique ou encore décalaminage moteur et recharge de la climatisation ainsi que petites réparations : distribution, embrayage…

Ce modèle économique imaginé par Jean-Marc Cassini et Stéphane Blanc, les deux fondateurs, ne repose pas sur un accord de franchise, mais sur un contrat de licence de marque. Les interventions à domicile sont faites par des mécaniciens de métier et diplômés, qui se déplacent dans une camionnette parfaitement équipée dont l’agencement intérieur est jalousement gardé comme le secret du roi. Chaque licencié, qui s’engage pour une durée initiale de 5 ans, investit 60.000 € dans le véhicule utilitaire et son équipement.

 

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« L'apport personnel minimum du licencié n’est que de 3.000 € et nous nous chargeons de lui trouver des financements bancaires avantageux et des aides à la création d’entreprise par le biais des organismes comme France Active ou France Initiative qui garantissent et abondent en prêts d’honneurs », explique Stéphane Blanc. Le profil type d’un candidat est un professionnel de la mécanique, âgé 25 et 35 ans, titulaire d’un bac pro, d’une expérience de 5 à 10 ans dans un garage ou un centre auto, et qui n’a presque plus aucune perspective d’évolution de carrière.

« S’il se débrouille bien, en troisième année d’activité, le licencié peut atteindre les 130.000 à 150.000 € de d’activité et ainsi doubler son salaire précédent, souvent plafonné dans le métier entre 1.300 et 1.500 € », assure Jean-Marc Cassini. Le dirigeant certifie en outre que les tarifs d’intervention du réseau sont 15 à 30% en dessous du marché.

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Best'Oil revendique des tarifs de 15 à 30% moins cher que la marché. © Best'Oil.

La tête de réseau, qui assure aussi l’appui commercial, perçoit une redevance mensuelle de 250 €, mais pas de pourcentage sur le chiffre d’affaires ni de participation à la communication. Ils sont aujourd'hui 52 licenciés dans toute la France, tout particulièrement dans la moitié Est. La dizaine qui tourne le mieux dispose même d’un atelier physique pour effectuer de plus importantes réparations nécessitant pour équipement un pont de levage.

 

Une diversification dans la vente

Best’Oil développe aussi depuis 2017 un autre réseau, baptisé Best’Clean et uniquement affecté au nettoyage des véhicules. Il totalise à ce jour une dizaine de licenciés. Le chiffre d’affaires global annuel oscille entre 5 et 6 millions d’€, dont 1,2 million pour la tête de réseau. Il devrait croître rapidement car Best’Oil cible une centaine de licenciés en fin d’année, et le triple à terme.

 

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L’entreprise opère par ailleurs une diversification de ses activités avec de la vente en ligne de pneus, de pièces détachées et de véhicules neufs ou d’occasion. « Là aussi nous cassons les codes car nous fournissons nos licenciés comme tout autre client qui le demande ; quant à la vente de véhicules, elle se fait au sein même du réseau ou via la plateforme digitale d’un grossiste », décrit Stéphane Blanc.  

Qui sont Stéphane Blanc et Jean-Marc Cassini ?

Anciens voisins dans la vie, les deux dirigeants le sont redevenus au bureau. Stéphane Blanc est titulaire d’un bac+5 en économie et ne désirait rien d’autre qu’intégrer l’école de Saint-Cyr Coëtquidan pour devenir gendarme, illustrant ainsi l’adage : « tel père, tel fils ». L’avenir en décidera autrement et cet homme de 45 ans intègrera l’armée de terre dans le train, ira sur des théâtres d’opération et finira un engagement de cinq ans avec le grade de lieutenant. S’en suit une petite période formatrice dans la grande distribution et plusieurs déménagements. Celui qui rêvait de se poser enfin à Dijon, sa ville, devra attendre encore un peu car pendant les douze années à venir, le groupe Orange le fait voyager du nord au sud de la planète. Ce sera Madagascar, la Mauritanie et la Réunion. S’en était trop et le petit chez soi qu’est Best’Oil, valait bien tous les plus grands postes chez les autres.

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Stéphane Blanc, à gauche, et Jean-Marc Cassini. © Best'Oil.

Jean-Marc Cassini, l’aîné âgé de 52 ans, est l’homme de l’art. Diplômé en mécanique et électricité auto, il fait ses premières armes dans le garage de son oncle à Marseille. Puis ce sera la création d’une société de transport où cinq chauffeurs font de la messagerie. Grâce à l’un d’entre eux, plus mécanicien que les autres, lui vient l’idée de proposer des services en mécanique, lavage, montage de pneumatique. Naît le concept de la camionnette atelier et la marque Best’Oil. L’affaire décolle et compte jusqu’à 1.500 clients. Elle veut s’étendre géographiquement mais a peut-être eu tort d’avoir raison trop tôt. Jean-Marc Cassini piétine, il faut revoir le modèle, ce qu’il fait judicieusement avec Stéphane qu’il n’a jamais perdu de vue pour donner la version actuelle d’entretien et de petites réparations de véhicules automobile à domicile.

 

 

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