Traces Ecrites News effectue sa traditionnelle pause hebdomadaire à l'occasion des vacances de la Toussaint. Durant cette semaine, nous revenons sur quelques informations de la vie des entreprises de Bourgogne-Franche-Comté et du Grand Est qui ont marqué la rentrée. Aujourd'hui : Reval Plastiques. Spécialiste du broyage des rebuts de l’industrie du plastique, l'entreprise s’est diversifiée dans la production de ses propres plaques en plastique recyclé. Un pari stratégique, industriel autant que commercial, pour cette PME familiale de Mirebeau-sur-Bèze.


ARTICLE PARU LE 21 SEPTEMBRE 2023. 
Son petit nom : Plak. Parce qu'il s'agit de plaques en plastique recyclé, tout simplement. Elles constituent la dernière trouvaille de Reval Plastiques. Le matériau s'avère idéal pour la décoration, l’agencement, la création de supports de communication… Les échantillons posés sur un bureau de l'entreprise de Côte-d'Or permettent d'attester ses qualités esthétiques, lui qui a commencé à séduire des architectes et des menuisiers de la région. Quelque 200 plaques ont déjà été vendues, soit environ 1.000 m2 cumulés de ce plastique moucheté et 100 % recyclé.

Pour Reval Plastiques, qui a acquis un bâtiment de 550 m2 à deux pas de son site historique de Mirebeau-sur-Bèze, ce projet traduit un choix stratégique, qui se concrétisera prochainement par la création d’un premier emploi, s’ajoutant aux huit actuels : le spécialiste du broyage du plastique utilise désormais une partie de sa production pour fabriquer lui-même un matériau recylé, alors que jusqu’à présent, il orientait la totalité de ses paillettes vers les plasturgistes ou les transformateurs.

 

Une grande diversité de plastiques

dirigeant plak
Leslie Vadot et Victorien Gardan, les dirigeants de Reval Plastiques à Mirebeau-sur-Bèze (Côte-d'Or).


Reval Plastiques a été créée par Sophie et Didier Vadot en 1995, à partir de cette conviction : « le plastique, c’est de l’or noir » ! L’affaire débute avec un simple broyeur, dans lequel passent les rebuts des industriels de la filière, originaires à 70 % du bassin d’Oyonnax (Ain), et pour le reste essentiellement de provenances de Bourgogne et d’Île-de-France.

Une fois triée et épurée par le fournisseur, la matière de base (purges de machines, objets non conformes, carottes d’injection, lots obsolètes…) passe par le broyage mécanique pour finir en paillettes. Celles-ci sont ensuite dirigées vers les plasturgistes ou les fabricants de compounds.

 

cci2171collectivites

 

« Nous sommes capables de traiter la quasi-totalité des plastiques du marché, soulignent Leslie Vadot (la fille des fondateurs) et Victorien Gardan, qui ont repris les rênes il y a trois ans. Nous broyons aussi bien les polyoléfines et polypropylènes, qui représentent 60 à 70 % de notre gisement, que des plastiques moins courants, voire plus rares, par exemple le Surlyn, qui n’est utilisé que dans l’industrie cosmétique. » Ces matières sont vouées à vivre une seconde vie, sous la forme de pots de fleurs, de barquettes ou de pièces pour l’industrie automobile.

Un enjeu d’indépendance

Le modèle économique de Reval Plastiques offre un savant équilibre en fonction du cours du plastique, à l’achat et à la revente. Actuellement, le marché est orienté à la baisse, en raison d’un recul de la demande qui entraîne une diminution des prix. Alors que la PME côte-d’orienne a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 3,1 millions d'€, elle pourrait devoir se contenter de 2,2 millions d'€ cette année, malgré un volume similaire. Et son stock, habituellement de 500 tonnes, atteint déjà 700 tonnes.

Mais les deux dirigeants se montrent rassurants : la reprise économique entraînera le phénomène inverse, et une hausse des prix, selon eux. C’est là l’un des enjeux du lancement par Reval Plastiques de sa propre gamme de matériaux recyclés : gagner en indépendance vis-à-vis d’un marché qui joue le yoyo. Pour autant, la production de Plak restera une activité annexe.

 

MEDEF 23 11 23

 

Annexe, mais significative pour l’entreprise, qui a conçu elle-même, avec l’appui de deux sociétés dijonnaises et d’un bureau d’études du bassin de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), la machine capable de transformer ses paillettes en plaques, grâce à un processus de pression et de chauffage. Ce matériel a fait l’objet d’ajustements, dans le but de devenir pleinement opérationnel fin octobre. La petite entreprise peut désormais sortir des plaques de 1,2 sur 2,8 mètres et de 5 à 40 millimètres d’épaisseur, qui seront ensuite découpées selon les besoins du client par un industriel partenaire, AVS Communication à Dijon.

« Nos premiers clients ont été des fabricants de cycles pour des porte-bagages ou des plateaux pour vélos-cargos, un architecte pour la décoration d’un cabinet de kinésithérapie, ainsi que des spécialistes de l’agencement ou du mobilier », indiquent les dirigeants. Le matériau inventé par Reval Plastiques a de quoi séduire : disponible en cinq gammes avec un choix de couleurs garanties, il est « imputrescible, ce qui rend possible son utilisation en milieu humide, il est également très résistant et personnalisable ». De quoi laisser espérer à Leslie Vadot et à Victorien Gardan de belles perspectives de développement.

Photos fournies par l'entreprise.

Commentez !

Combien font "5 plus 3" ?