AVS Réseaux à Dijon, est incarné par un homme, Eric Deballon. Il livre dans une confidence touchante et viscéralement honnête sa vision de son parcours. L’entreprise, spécialisée dans le câblage et l’électricité compte 35 salariés pour un chiffre d’affaires de 3,5 millions d’euros. Le plan d'apurement de son passif est parvenu à son terme fin février dernier, soldant ainsi le passé.
Quand Eric Deballon, 65 ans, regarde en arrière et parle de sa société AVS Réseaux, qu’il porte depuis près de 40 ans, il décrit avec émotion toute cette vie de chef d’entreprise où il s’est finalement senti très seul. « Quand en 2011, alors que nous étions 35 personnes, j’ai dû me séparer de mes techniciens - 15 personnes licenciées - et impulser un dépôt de bilan, j’ai pris l’une des plus importantes décisions de ma vie : rembourser l’intégralité des 1,4 million d’euros que je devais, en prime de licenciement, congés payés, dette sociale et en dette aux fournisseurs ! », se rappelle-t-il.
Eric Deballon ne baisse donc pas la tête, bien au contraire. Il courbe certes un peu le dos - « ce n’est pas beau de passer devant un tribunal de commerce, vous êtes un peu le bâtard de l’opération ! » mais il avance pas à pas. Parce qu’il a été juge au tribunal de commerce de Dijon pendant un mandat et demi, il avait décidé de déposer son lourd dossier auprès de celui de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire).
Le plan d’apurement du passif a abouti à « rembourser toutes mes dettes et j’ai continué de travailler. J’étais accompagné d’un mandataire judiciaire et d’un administrateur judiciaire mais je me suis senti vraiment très peu soutenu ! »
Au cœur de ses turpitudes, Eric Deballon a ainsi remboursé jusqu’au dernier centime soit 100.000 euros par an pendant dix ans, jusqu'à la clôture ce douloureux chapitre le 29 février dernier. « Très souvent je me suis demandé si j’avais bien fait. J’aurais pu aussi faire une liquidation immédiatement mais je ne voulais pas. Je n’avais pas envie d’être le plus riche du cimetière ! Le plus dur dans ce parcours, c’est la perte de confiance parce que vous êtes le mouton noir. »
Lors de sa dernière venue au tribunal de commerce, le juge lui a expliqué que seuls 5% des dirigeants parvenait à apurer l'intégralité du passif de la dette. Une source de grande fierté pour le chef d’entreprise.
La maintenance informatique des premiers ordinateurs

Flash-back dans le passé. En 1986, Eric Deballon fonde AVS Réseaux et propose la maintenance informatique des premiers ordinateurs. En 1991, il embauche deux électriciens pour réaliser des prestations de câblage : sa société connecte tous les ordinateurs du conseil départemental à Dijon. Elle se développe et effectue des missions à l’international (Italie, Allemagne, Luxembourg) dans l’installation et la réparation d’ordinateurs avant d’être prise de vitesse par les poids lourds du marché tels que les constructeurs IBM ou Dell. « Je passais pour le régional de l’étape, j’ai préféré arrêter ce secteur d’activité. »
En 2012, il s’oriente à 100% sur l’activité câblage en parallèle de tous les travaux électriques. Si AVS Réseaux opère dans tout l'Est, pour le groupe Carrefour notamment, elle affiche aussi un partenariat dans la durée avec des entités telles que Savoye, les vins Boisset, les régions Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté ou encore Suez.
Rembourser 100.000 euros par an

Des anecdotes, Eric Deballon en a par dizaines comme l'histoire de ce samedi après-midi qu'il passait au bureau avec son jeune fils Arthur, lorsque le téléphone a sonné. C’était le Centre Georges François Leclerc (contre le cancer à Dijon) qui subissait un dégât des eaux dans son bloc opératoire et avait besoin d'être rapidement dépanné. « C’est Arthur qui a décroché le téléphone. Il devait avoir 8 ans et s’en souvient encore. Évidemment nous sommes intervenus. Depuis ce sont des clients fidèles. Vous savez, les plus belles affaires se font après 18h… », dit-il, en ajoutant qu’il va également régulièrement en prison ou dans les lycées faire des interventions.
Il garde en lui les très bonnes idées qu’il a donné à ses enfants - « ils sont ma plus grande fierté. Je sais que c’est moi qui leur ai donné le goût de ce métier, chef d’entreprise ! » Celle de céder à Arthur AVS Communication et de souffler à l’oreille de Pierre-Henri l’idée du Vélotour puis de Weezevent. Désormais Eric Deballon peut penser à l’après : transmettre l’entreprise, tout en sachant que l’argent ne fait pas le bonheur, surtout à son âge. « En avoir, oui, mais après, qu’est-ce qu’on en fait quand on a 65 ans comme moi. En revanche, je ne veux pas brader la société, elle est toute ma vie aussi. »











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Tout simplement : Bravo et respect !