Le Pôle des microtechniques a élu le 2 juillet un nouveau président, en la personne de Laurent Deschamps. Le salon spécialisé Micronora qui devait se tenir en septembre à Besançon devient virtuel. La communauté des microtechniques se sert les coudes pour passer la crise et surtout, préparer la reprise.


L’industrie des microtechniques avait démarré l’année sur un bel élan, dans la droite ligne de 2019 qu’illustre l’activité de son pôle de compétitivité dédié, dont le budget a augmenté d’un tiers. Conforté dans sa labellisation, le Pôle des Microtechniques tire la moitié de son budget de 1,3 million d’€ de financement privés — les offres de services (accompagnement à l’innovation, formations techniques, événements) achetées par ses adhérents.
Le reste provient en premier lieu du Conseil régional de Bourgogne-franche-Comté (environ 400.000 €), puis de l’Etat et des agglomérations franc-comtoises pour des projets collaboratifs et des innovations. 

En 2019, le projet i-Nov de la société Pixee Médical sur la chirurgie du futur a été labellisé par Medicen, pôle de compétitivité sur la santé mondialement connu, apportant un financement de 1,2 million d’€.

Le Pôle des microtechniques se félicite aussi d’être devenu en 2019, le correspondant du Gifas (Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales) qui favorise le rapprochement des fournisseurs de composants et des donneurs d’ordre. « Nous avons aussi mi en place Propulseur (*), un accélérateur pour start-up et entreprises innovantes de Bourgogne-Franche-Comté qui développent un projet intéressant les microtechniques et la santé », relate Alain Boyer, président depuis 2006 du Pôle des microtechniques et qui a cédé son fauteuil, le 2 juillet, à Laurent Deschamps (Lire notre encadré).

 

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Les clignotants étaient donc au vert jusqu’à la mi-mars dans ce secteur industriel très diversifié dont les savoir-faire qui associent mécanique, électronique et miniaturisation, trouvent des débouchés dans l’aéronautique, l’industrie automobile, la santé, les biens d’équipements. Le confinement a brisé cet élan et les premières conséquences ont fait l’actualité de la semaine dernière : la restructuration de l’avionneur Airbus avec plus de 5.000 suppressions d’emploi. 


« La chance, commente le nouveau président, c’est que peu d’entreprises sont mono-marché, ce qui permet de compenser les pertes d’un marché par un gain d’autres ; mais, ces dernières années beaucoup d’entreprises se sont orientées vers l’aéronautique, certaines en tirant entre 20% et 50% de leur chiffre d’affaires. »


Les débouchés de la santé offrent de nouvelles opportunités

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Participation du cluster AroµTech comptant 11 entreprises de Franche-Comté au salon du Bourget. © CCI BFC


Et les observateurs du secteur constatent que les carnets de commande des industries de la mécanique ne se remplissent pas encore. Seuls les débouchés de la santé offrent des opportunités. Les responsables du pôle veulent espérer en l’ambition du gouvernement de développer une filiale hexagonale de la santé qui a fait défaut pendant la crise du coronavirus. 


Face à cette crise économique singulière, dont personne ne s’aventure à pronostiquer un calendrier de reprise, le pôle des microtechiques qui fédère 180 entreprises de Franche-Comté essentiellement, mais aussi de Bourgogne, lance un programme dont le nom, " Riposte" , illustre la réactivité dont il veut faire preuve. Avec un financement attendu du conseil régional qui laissera aux PME une facture entre 30% et 50% du montant de la prestation de conseil, celui-ci accompagne une réflexion stratégique à court et moyen terme, en attendant que les choses rentrent dans l’ordre.

« Les fournisseurs de l’aéronautique par exemple ne doivent pas tourner complètement le dos à ce secteur dans lequel il est si difficile d’entrer », analyse Alain Boyer. L’une des alternatives est d’aider les entreprises à passer du stade de 100% de sous-traitance au développement partiel de produits propres, avec l’avantage d’apporter plus de valeur ajoutée. Un grand chantier s’annonce. 


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Qui est Laurent Deschamps, président du Pôle des microtechniques ?

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Le nouveau président du Pôle des Microtechniques, Laurent Deschamps (à droite) et l'ancien, Alain Boyer.
© Yoan Jeudy Sosuite photographie

Diplômé de l’ENI de Belfort (aujourd’hui UTBM) et titulaire d’un MBA à l’IAE de Dijon, cet industriel de 59 ans originaire de Semur-en-Auxois (Côte-d’Or), était jusqu’à fin 2019, le directeur général du site de Besançon d’Amphenol-FCI, leader mondial de la connectique. Sa carrière l’a mené précédemment, à son tout début chez Philips à Dijon, puis Faurecia, pendant 25 ans, dans le Pays de Montbéliard, et pendant 10 ans, président du groupe familial Dimeco Alipresse à Pirey, dans le Doubs.
Sur la feuille de route du nouveau président du Pôle des microtechniques figure l’élargissement des adhérents aux multiples entreprises de la mécanique qui ont pour point commun avec les microtechniques, la précision.

 

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Le bureau du Pôle des Microtechniques constitué de chefs d'entreprises et de représentants des laboratoires universitaires et des institutions. © Yoan Jeudy Sosuite photographie

Micronora devient digital en attendant la prochaine édition repoussée à 2021

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Chaises musicales dans l'éqiupe 100% féminine de Micronora : Sandra Liardon (2ème à gauche), assistante commerciale et communication depuis 2006 est devenue directrice en février 2019. A sa gauche, Olivia Stingre, assistante de direction remplace Viviane Cardon (2ème à droite) et Coralie Sanchez, nouvelle directrice commerciale et communication (tout à droite), 
Rendez-vous incontournable et international des microtechniques, depuis 50 ans à Besançon, le salon Micronora n’aura pas lieu comme prévu en septembre, mais est reporté à 2021, du 21au 24 septembre. Pour ne pas perdre le fil avec ses exposants (600 étaient inscrits), le salon qui se tient traditionnellement au parc des expositions de Micropolis, se meut en e-micronora.
Du 22 au 25 septembre 2020, au moment où donneurs d’ordre et fournisseurs devaient se retrouver physiquement, Sandra Liardon, directrice de l’association, créé un événement digital. « C’est notre façon de soutenir notre communauté qui a plus que jamais besoin de visibilité et de contacts commerciaux pour amorcer la reprise », confie celle qui devait organiser à la rentrée son premier comme directrice.
e-Micronora comprend trois volets : des webinairs sur trois jours sur des thématiques techniques (procédés laser le 22, métrologie mesures contrôle le 23, micro et nanotechnologies les 24 et 25) animés par des spécialistes, des sessions de pitchs sur des innovations et la diffusion sur la chaîne You Tube du salon, d’innovations à la discrétion des entreprises.
Parallèlement, des rendez-vous B to B sont proposés – ces rendez-vous d’affaires qui auraient du se faire de visu – en partenariat avec un événement associé depuis plusieurs années à Micronora, le Micro & Nano Event organisé par Enterprise Europe Network, service de la CCI Bourgogne-Franche-Comté. Axé sur les innovations des industriels, certaines à peine mises sur le marché, celui-ci sera également virtuel (sur inscription à www.micro-nano-event.eu)
Puis Micronora se déroulera deux années de suite, 2021 et 2022, pour ne pas perdre le fil des années paires.

 

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Au salon Micronora 2018, les PME bisontines Laser Cheval et MC Robotics avaient contribué à la réalisation de ce démonstrateur d'une unité autonome de production. © Laurent Cheviet


(*) Lancement d’un appel à projets innovants (API)  pour intégrer la 3ième promotion de l’accélérateur propulseur du Pôle Des Microtechniques De Bourgogne-Franche-Comté 
Profil : startups et entreprises innovantes en santé et/ou smart systems: disposant d’un siège social en Bourgogne-Franche-Comté ou s’engageant à s’installer dans la région ; Indépendantes, c’est-à-dire dans lesquelles le dirigeant est maître de ses décisions ; ayant un chiffre d’affaires* inférieur à 1 million d’€ (*concernant l’innovation décrite); portant un projet entrepreneurial ambitieux sur les  technologies du médical et e-santé, les dispositifs médicaux, les microsystèmes et smart systems, l’Internet des objets et/ou les technologies de rupture pour le monde industriel. L’entreprise intègre le dispositif Propulseur et bénéficie alors d’un accompagnement individuel et sur-mesure pris en charge financièrement
jusqu’à hauteur de 70% des coûts de la prestation d’accompagnement. Contact:  Renaud Gaudillière 06 62 27 90 17 / r.gaudilliere@polemicrotechniques.fr - www.propulseur-bfc.com

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