Le groupe Eliteam, spécialisé dans l’ingénierie en production d’énergie, a racheté en février dernier la centrale hydroélectrique de Pont-de-Poitte, dans le Jura. Un outil de formation pour ses recrues, mais aussi un démonstrateur pour percer sur le territoire national.


« Nous faisons maintenant partie de la grande famille des producteurs d’hydroélectricité », annonce fièrement Maxime Creux, le président et fondateur du groupe Eliteam. Après quatre ans de recherche, l’ingénieriste en installations de production d’énergie a fini par trouver dans le Jura, à Pont-de-Poitte, à environ 200 km de son siège de Wittelsheim (Haut-Rhin), la centrale hydraulique qu’il cherchait.
La famille Jobez à qui elle appartenait « a été séduite de vendre à une PME dont le projet est de développer une activité dans le Jura », rapporte Maxime Creux. Coût de l’opération : environ 2,6 millions d’€. Cette acquisition va permettre à Eliteam d’augmenter ses actifs, mais aussi de proposer des formations à ses propres collaborateurs et à ses clients.


M2A


L’une des entités du groupe, Eliteam Energy, intervient comme société d’ingénierie et maître d’œuvre sur des travaux neufs et de réhabilitation de centrales de production d’énergie. Pour les centrales hydrauliques, la société rencontrait des difficultés à former ses nouvelles recrues. « Il n’y a pas d’école. Les bases techniques s’apprennent sur le terrain. Alors on formait les nouveaux salariés auprès de nos collaborateurs en mission à l’international, mais c’était à nos frais », précise le dirigeant. Désormais, ils seront envoyés à Pont-de-Poitte et plus à l’autre bout du monde.



Une expertise à promouvoir en France

 

creux
Avec l’acquisition du barrage de Pont-de-Poitte, Maxime Creux, le président et fondateur du groupe Eliteam espère percer le marché français. © Julie Giorgi


Il y a quatre ans, Eliteam avait démarré une offre de formation en énergie hydraulique chez ses clients, avant de les faire venir dans sa propre centrale, depuis cette année. Celle-ci sera bientôt équipée d’outils numériques de pointe pour expliquer les avantages de ces équipements : gain de productivité, sécurité, fiabilité, contrôle à distance… Cette activité devrait apporter à l’entreprise un chiffre d’affaires de 200.000 € en 2021 et 400.000 en 2022.

L’acquisition de ce barrage jurassien est aussi un moyen pour Eliteam de se faire connaître au niveau national. Très présente en Afrique, Asie, Europe et dans les Antilles (depuis 2018, le groupe possède une antenne en Guyane française), la PME vend assez peu son expertise en France. En 2019, sur 9 millions d’€ de chiffre d’affaires, seuls 2 millions ont été réalisés dans l’Hexagone. « La crise de la Covid-19 a confirmé que nous devons impérativement nous développer au niveau national », affirme Maxime Creux.

Car en 2020, le groupe a particulièrement souffert de la crise sanitaire. Pour la première fois depuis sa création en 2009, il a enregistré des pertes. Grâce à un Prêt Garanti par l’Etat (PGE) et au chômage partiel, 100% de l’effectif de 44 salariés a pu être conservé.


bpest


Si l’activité a redémarré depuis l’été 2020 et si le dirigeant parie sur une reprise très forte du fait du simple décalage des projets, il préfère ne plus attendre pour explorer le marché français. « Il existe plus de 3.800 barrages hydrauliques en France. Cela fait beaucoup de clients potentiels », estime t-il. Maxime Creux annonce avoir déjà signé plusieurs contrats de maintenance en France qui devraient générer 200.000 € de chiffre d’affaires.

Lire sur le même sujet : Eliteam construit des centrales d'énergie dans le monde entier

Commentez !

Combien font "7 plus 9" ?