Métallurgie. Lakshmi Niwas Mittal, président du groupe sidérurgiste ArcelorMittal, s’est rendu récemment toute une journée sur le site industriel d’Imphy (Nièvre).

Non pas pour faire le tour du propriétaire, bien que le dirigeant possède toujours 40% de son ancienne division aciers inoxydables, rebaptisée sous la forme d’une société indépendante Aperam (10 500 personnes). Basée au Luxembourg, elle est dirigée par Bernard Fontana.

L’homme a été séduit par le savoir-faire local. Aperam Alloys Imphy, fabricant nivernais d’acier en fils, barres, feuillards et feuilles, qui emploie sur place 630 salariés et une centaine d’intérimaires, s’en sort plutôt bien.

Il a réalisé sur son dernier exercice 400 millions d’€ de chiffre d’affaires et dégagé 29 millions d’€ de résultat avant impôt et amortissements.

«La volonté du groupe ArcelorMittal d’externaliser cette activité répond au besoin de la rendre plus visible», explique Jean-Christophe Trontin, le directeur d’Aperam Alloys Imphy.

Et pour cause ! Les aciers inoxydables ne représentent que 2% de la production de l’ensemble du groupe ArcelorMittal, mais n’en constituent pas moins une pépite, dont l’unité d’Imphy est la plus brillante.

C’est ici que l’Invar, acier très spécial qui ne souffre d’aucune dilatation par très grand froid, a été mis au point.

Il sert notamment à fabriquer les cuves de méthaniers qui transportent du gaz liquide à -163°. Les chantiers navals asiatiques en font une consommation soutenue.

Un investissement exceptionnel

«Mais là n’est pas notre seule production car nous concevons des alliages de nickel pour les stations pétrolières, l’industrie automobile ou encore l’électronique», souligne Jean-Christophe Trontin.

De 25 000 tonnes en 2009, le métallurgiste est passé à 33 000 l’an dernier. Au point d’avoir certaines lignes saturées.

D’où la réalisation d’un investissement important de 20,5 millions d’€ pour acquérir un second four à  induction - pour compléter le four sous vide d’une capacité de 10 tonnes - et, en équipement secondaire, un second four de refusion sous laitier. Opérationnels à l’été 2012, ils permettront de doubler la capacité de production de certains alliages spéciaux.

«Nous possédons par ailleurs un four électrique de 35 tonnes», précise le directeur du site, ingénieur de formation, âgé de 45 ans, et un pur produit d’Imphy où il a fait toute sa carrière.

À ce programme exceptionnel, s’ajoute une enveloppe de 5 millions d’€ que l’entreprise injecte annuellement dans son outil industriel.

Crédit photo: Aperam Alloys Imphy

1 commentaire(s) pour cet article
  1. pascal DENISdit :

    Merci pour ce bel article qui nous fait découvrir un beau savoir-faire bourguignon..., et qui semble s'exporter !

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