NOËL. Si l'atelier d'Elixia tourne à plein régime en cette fin d'année, ce n'est pas uniquement parce que certaines de ses limonades contiennent des paillettes d'or.

Certes, ce produit festif lancé en 2010 fait fureur dans la hotte du Père Noël.

Mais, ce sont les ventes à l'export qui boostent l'activité de la petite entreprise de Champagnole (Jura), en particulier dans l'hémisphère sud et dans les pays arabes, où les bulles sans alcool remplacent avantageusement le Champagne.

gamme

 

L'export représente désormais 55% des ventes d'Imagram, fabricant de limonades à Champagnole (Jura), plus connu sous la marque commerciale Elixia. Hugo Sublet, son dirigeant, prévoit une nouvelle progression l'an prochain. « De gros marchés sont en vue, la Chine, l'Inde et les USA », indique t-il.

 

Ciblées haut de gamme pour l'export dès leur lancement en 2002, les limonades aromatisées Elixia profitent de l'engouement pour les produits alimentaires français à travers le monde. D'ailleurs, le drapeau bleu-blanc-rouge "Manufactured in France" figure en bonne place sur les étiquettes depuis cette année.

 

La stratégie de niche adoptée par la PME de six salariés ne supporte qu'une exception. La distribution en grandes surfaces se limite à la Franche-Comté et à la Bourgogne, « parce que les consommateurs sont de plus en plus demandeurs de produits fabriqués près de chez eux ». Ailleurs en France, on la trouve dans les épiceries fines, chez les cavistes et dans les salons de thé (Ladurée et Pâtisserie des rêves à Paris).

 

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Etiquetage et conditionnement : la chaîne est très manuelle.

 

A l'étranger, de Dubaï à l'Uruguay, les chaînes d'hôtel s'ajoutent aux grands magasins. « Travailler dans l'hémisphère sud rompt le cycle de la saisonnalité d'une boisson désaltérante comme la limonade ; sans ces marchés, la production sera au ralenti l'hiver et de surcroît, dans des régions arabes comme Dubaï, non seulement il fait toujours très chaud, mais on ne boit pas d'alcool ».

 

Si la limonade Elixia plaît aux quatre coins de la planète, c'est qu'elle n'est pas du tout banale. Le chef d'entreprise s'est fait remarquer en 2010 en ajoutant des paillettes d'or 24 caras au produit de base, fabriqué avec du sucre de canne et des extraits de citron. La presse gastronomique et féminine s'entiche alors de ce produit à offrir.

 

En 2012, il lance une limonade au chocolat et cette année, au cola et à la vanille de Tahiti. Entre temps, une limonade bio au sirop d'agave complète la gamme à la fraise des bois (la plus vendue), au vin qui rappelle le blanc et le rouge limés, au bourgeon de sapin, à la mirabelle, etc.

 

bouchonPaillettes d'or 24 caras

 

« Pour faire connaître mes nouveautés, je profite du Sial et de tous les grands salons de l'agroalimentaire dans le monde où je me rends personnellement ; le bouche à oreille fait le reste ».

 

Cette année encore, le Sial (salon de l'industrie agrolimentaire à Paris) a sélectionné la dernière née de ses limonades au cola parmi les produits novateurs, révélateurs de nouvelles tendances de la consommation.

 

« Même sans être primé, la sélection à l'opération Sial Innovation est un formidable vecteur de communication auprès des distributeurs et des importateurs », estime t-il.

 

La méthode artisanale fait le reste : extraits naturels de fruits et de plantes, eau de source de montagne suffisent à faire émerger Elixia des produits concurrents de grande consommation. La visite de l'atelier ne dément pas ce positionnement marketing.

 

Bannière anthalys

 

Les machines d'injection de CO2 dans l'eau de source (pour faire une eau gazeuse) et d'embouteillage sont de véritables antiquités. « J'ai racheté l'outil de production des années 1950 de l'ancienne limonaderie de mon beau-père et chaque fois que j'en ai l'occasion, j'acquiers des pièces détachées ».

 

L'an prochain, Hugo Sublet fera une entorse à la règle en achetant une nouvelle embouteilleuse plus récente qui lui permettra à terme de doubler sa production. « Après, si les ventes s'envolent, il est toujours possible d'ajouter une deuxième équipe ».

 

subletQui est Hugo Sublet ?

 

Rien ne prédestinait Hugo Sublet à devenir limonadier, s'il n'était pas entré par alliance dans la famille Girardet dont le métier de limonadier à Champagnole remonte à 1856 : il se dirigeait vers une carrière dans l'audiovisuel.

 

En 2002, il relance la saga familiale interrompue en 1991 par le départ à la retraite de son beau-père. Il crée une nouvelle société, Imagram, sur les bases du produit au 19ème siècle : même recette (eau, sucre et arômes naturels) et même matériel de fabrication.

 

Il apprend le métier sur le terrain. « Du feeling  et de longues heures d'essais pour trouver la bonne association d'arômes » font leur oeuvre jusqu'à porter aujourd'hui la fabrication à 800 000 bouteilles par an pour un chiffre d'affaires de 800 000 € .

 

Photos fournie par l'entreprise.

 

 

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