CYBERSÉCURITÉ/MULHOUSE. Experte en sécurisation des données, Systancia fête son vingtième anniversaire avec une nouvelle spécialité : éviter la contamination des maillons-clés du système d’information de l’entreprise.
La PME a grandi pour atteindre un effectif de 85 personnes et recrute à nouveau. Elle cherche maintenant ses relais de croissance à l’étranger.

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Pour ses 20 ans, Systancia lance un nouveau système de sécurité des données de l'entreprise. © Systancia.

 

Voilà vingt ans que la mulhousienne Systancia évolue dans les mondes complexes, un peu mystérieux, mais stratégiques de la cybersécurité (sécurisation de la gestion des données, gestion des identités, sécurité des accès des utilisateurs « à pouvoirs »…) et de la virtualisation.

 

« Dans ce second domaine, qui désigne la mise à disposition d’applications et de postes de travail, les compétiteurs sont rares. Nous sommes cinq sociétés dans le monde à l’avoir investi, les quatre autres sont américaines », décrit Christophe Corne, dirigeant-fondateur de la PME aujourd’hui installée à Sausheim. Le plus connu de ces concurrents est Citrix.

En même temps que Systancia a fêté son anniversaire en septembre, elle a dévoilé sa dernière nouveauté : la « cleanroom ». La traduction française littérale de nettoyage de salle illustre plutôt bien la finalité de cette nouvelle spécialité : éviter la contamination des maillons-clés du système d’information d’une organisation (entreprise, administration, etc.).

 

Pour le dirigeant-fondateur Christophe Corne, Systancia touche là un point extrêmement sensible et très insuffisamment traité, de l’aveu même de ses utilisateurs : « un récent sondage Opinion Way a montré que 72 % des administrateurs de systèmes d’information se disent dépourvus d’un environnement informatique dédié à leur gestion ».

 

Les conséquences potentielles sont lourdes, en terme d’exposition à des risques : « Cela signifie que cette fonction se pilote depuis un poste de travail où elle se mélange à des tas d’autres tâches, accessibles potentiellement à tout collaborateur voire à un intervenant extérieur. »

 

 

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Autrement dit, il y a quelques probabilités que l’administrateur système soit victime de spams, d’usurpation d’identité, ou tout simplement d’une intrusion même « amicale ». Dans ce contexte, la cleanroom consiste « à la rendre étanche du reste du système informatique interne, et à le nettoyer continuellement », décrit Christophe Corne. « Il n’est pas isolé physiquement, mais du point de vue du fonctionnement, oui. »

L’offre que lance Systancia s’appelle IPdiva Cleanroom. Elle prend le nom d’une société que la PME a acquis en 2013 du fait de son expertise en sécurisation. Les produits qu’IPdiva a développés disposent notamment de la convoitée qualification Anssi de l’État.

 

Pour Systancia, cette première croissance externe est arrivée à l’émergence de la révolution du cloud qui vient peu à peu se substituer au stockage de serveurs dans un lieu physique bien déterminé… et jalousement gardé. « La question de la sécurisation de la liaison entre le poste de travail et les serveurs s’est alors posée en termes nouveaux », confirme Christophe Corne.

 

Deux croissances externes pour acquérir de nouvelles compétences

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Un récent sondage Opinion Way a montré que 72 % des administrateurs de systèmes d’information se disent dépourvus d’un environnement informatique dédié à leur gestion. © Traces Écrites.

 

Cette croissance externe a couronné un recentrage stratégique après quelques années « où nous voulions aller trop vite », se rappelle le fondateur. C’est dans cette période de 2012-13 que Systancia réalisé sa plus importante levée de fonds, soit 4 millions d’€ auprès de Bpifrance et du fonds A+Finance qui avait monté un premier tour de table d’1,5 million en 2009.

Une seconde croissance externe a été bouclée en 2016 avec le rachat d’Avencis, un gestionnaire de l’identité et des mots de passe d’utilisateurs pour les professionnels. Cette société sécurise notamment le mot de passe principal,  qui ouvre vers tous les autres, le « single sign-on » dans la jargon.



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Avec également sa progression propre, Systancia a grandi pour atteindre un effectif de 85 personnes, soit 25 de plus en deux ans et les recrutements se poursuivent. Le chiffre d’affaires progresse à deux chiffres : à fin 2017 il se situe à 6,4 millions d’€. Il se réalise presque exclusivement en France mais désormais, Systancia a besoin de trouver à l’étranger ses « relais de croissance ».

 

« Notre objectif est d’atteindre 50 % à l’export dans trois ans ». Ses cibles sont multiples : le Maroc avec de premiers contrats par exemple auprès de Royal Air Maroc, l’Allemagne où il a installé une équipe commerciale, les Émirats Arabes Unis, l’Inde, la Corée du Sud, la péninsule ibérique, la Grande-Bretagne.



Qui est Christophe Corne ?

 

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Christophe Corne, dirigeant de Systancia. © Alice Dardun.

 

Christophe Corne  est passé de la recherche à l’entrepreneuriat. Il est venu à Mulhouse au milieu des années 1990 pour préparer sa thèse à la Faculté de sciences et techniques de l’université de Haute-Alsace, sur un thème alors très inconnu mais qui allait être promis à un bel avenir : l’intelligence artificielle. En même temps qu’il soutenait cette thèse, il a fondé Systancia.
La PME est passée par plusieurs locaux à Mulhouse et alentours pour prendre ses quartiers aujourd’hui à Sausheim (Haut-Rhin). Son dirigeant a lui-même vogué entre l’Ile-de-France et la ville haut-rhinoise, pour s’y établir définitivement. Il complète son ancrage local d’un investissement dans les cercles publics et privés de l’économie numérique.
Vice-président du cluster Rhénatic, il préside le groupe de travail sur le numérique instauré par M2A (Mulhouse Alsace Agglomération), comme l’un des « domaines d’actions stratégiques » de l’agglomération, la finalité étant d’aider à élaborer une stratégie de territoire sur le sujet et d’aider les start-up à prendre leur envol.

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