Le tournant numérique de Gocel s’incarne dans un projet architectural, la rénovation de l’ancien mess de la base aérienne Frescaty, au sud de Metz. L’entreprise familiale de plomberie-chauffage va y installer les trois start-up avec lesquelles elle développe ses innovations pour le bâtiment et partage le capital, pour deux d'entre elles.

Gocel accélère avec la transition numérique dans l’agglomération de Metz. L’entreprise de plomberie-chauffage devenue au fil des ans un groupe de 270 personnes (chiffre d’affaires de 25 millions d’€) gagne en agilité et innove en partenariat avec trois start-up. Elles ont pour nom 90Tech, BatinovTech et Eznov. 

Cette ambition s’incarne dans un projet architectural. Lionel Gocel, PDG du groupe qui porte son nom à Montigny-lès-Metz (Moselle), avait déjà installé plusieurs de ses activités dans des bâtiments militaires laissés vacants de l’ancienne base aérienne 128, au sud de Metz. Il va maintenant réaménager l’ancien mess des officiers, une rotonde dessinée par l’architecte messin Roger Gaertner, Grand Prix de Rome et élève de Le Corbusier.

Les locaux accueilleront le siège de l’entreprise, les trois start-up mais aussi une dizaine d’autres jeunes pousses œuvrant dans les métiers du bâtiment, mais pas seulement. Pour ce faire, l’entrepreneur a mobilisé une enveloppe de 3 millions d’€ et sollicité le cabinet Dynamo Associé, concepteur du futur hôtel Stark à Metz.

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L’outil de suivi de chantiers Solitech a été développé par la start-up 90Tech. © Philippe Bohlinger

L’activité en chauffage-sanitaire (90 personnes) de Gocel s’est développée grâce à la préfabrication en ateliers des installations, autrement dit le prémontage des tubes en acier ou en cuivre. L’outil de suivi de chantiers Solitech a permis de mettre de l’huile dans cette organisation. Cette solution numérique comprend une application de bureautique pour la coordination et une autre mobile pour les ouvriers.
Son développement avait été confié par Lionel Gocel à trois étudiants ingénieurs, Guillaume Plisczak, Xavier Hen et Emilien Liodau. Le projet a conduit à la création il y a trois ans de 90Tech (chiffre d’affaires de 1,2 million d’€, 15 salariés) détenue à 55% par Gocel.

 

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La démonstration sur le terrain parle d’elle-même. A 8 heures, lors de la réunion matinale, les techniciens valident leur journée de travail et préparent la suivante devant un écran géant. A chaque personnel, son code couleur. Les chefs de chantier (en gris), les ouvriers (en bleu), les intérimaires (en rouge) sont « glissés » vers les chantiers délimités par grands secteurs géographiques. Une foultitude d’autres indicateurs sont disponibles en temps réel (nombre de véhicules, de personnes en congés, etc.).
« On peut réaliser une opération coup de poing pour réaliser 15 logements dans la même journée », illustre Lionel Gocel. 
L’application mobile séquence les opérations d’installation, de maintenance ou de service après-vente des ouvriers sur le terrain. L’ouvrier coche des cases : Lis tes pièces-jointes, mets tes EPI, génère un résumé de l’intervention et un questionnaire de satisfaction client. « Le ticket moyen par commande à augmenté de 25% dans notre société de dépannage depuis la mise en œuvre de cette application », livre le dirigeant.


Armoire de chantier et pistolet traceur

Eznov
Lionel Gocel et Thomas Legrand (à gauche), co-fondateur d’Eznov, lancent un pistolet traceur destiné à déterminer le positionnement avant de couler une dalle. © Philippe Bohlinger

L’armoire numérique de chantier Arpete constitue un autre projet innovant de l’entreprise. Elle est fabriquée par BatinovTech, une start-up fondée en janvier 2018 et détenue à 90% par Gocel. Sa conception adaptée aux chantiers vise à faciliter l’accès sur le chantier aux informations (plans 3D, comptes-rendus de chantier, documents de sécurité, etc.). Elle a été adaptée aux contraintes du bâtiment (verre sécurit, étanchéité à l’eau et aux poussières, connexion par puce 4G, etc.).
Enfin, Lionel Gocel compte frapper fort en février 2019 en lançant avec la start-up Eznov (6 personnes) le pistolet traceur 3P. Destiné à déterminer le positionnement d’une conduite avant de couler une dalle, l’outil ambitionne de remplacer les mesures fastidieuses au décamètre et les erreurs potentielles de positionnement, coûteuses à réparer.

 

BPALC

 

Gocel a injecté 300.000 € dans le projet dont il a confié la conception et la fabrication à la jeune pousse, à l’origine spécialisée dans le drone.  « Nous avons voulu simplifier les opérations de tracé sur les dalles. Or il se trouvait que Thomas Legrand, cofondateur d’Eznov, était spécialisé dans le positionnement », précise Lionel Gocel. Affairé au lancement de leur innovation, les deux partenaires préparent d’ores et déjà le coup d’après : un robot traceur destiné aux plaquistes, capable de dessiner l’emplacement des cloisons au centimètre près.


Qui est Lionel Gocel ?

Au début des années 1990, André Gocel reprend la société Vilmin dans laquelle il a fait sa carrière et qui traverse des difficultés. Son fils Lionel, de formation comptable, découvre le métier à ses côtés et lui succède, dans les années 2000. 
Le nouveau dirigeant, dernier né d’une fratrie de six enfants, développe l’activité historique de plomberie-chauffage et créé des activités complémentaires.
Elles sont aujourd’hui regroupées dans 4 sociétés  : GTB Elec (électricité), Energies 54 (maintenance), Menuiserie Format (menuiserie-serrurerie) et Loca-Util (location de véhicules).

Ses collaborations avec des start-up démarre en 2015 : d’abord 90Tech, puis BatinovTech, dans lesquelles il prend la majorité du capital, enfin  Eznov comme partenaire commercial.

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