Né en février 2024 au sein du groupe industriel bourguignon, le bureau d’études Galilé IA incarne une nouvelle ambition numérique qui veut faire coïncider industrie, intelligence artificielle et territoire. Installée à Chalon-sur-Saône depuis la rentrée, cette cellule d’expertise concentre principalement son activité sur les 37 entreprises du groupe, mais elle ambitionne aussi de rayonner bien au-delà.
« Notre mission consiste à explorer toutes les facettes de l’IA susceptibles d’apporter des gains concrets à l’industrie : productivité, économie de matières, efficacité logistique ou encore réduction de l’empreinte carbone », explique d’emblée Thomas Ranvier, docteur en intelligence artificielle et gérant de Galilé IA. Composé de quatre experts, ce nouveau bureau d’études installé à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) développe des algorithmes sur mesure destinés d’abord aux entreprises du groupe Galilé, avant de les proposer à des clients externes. « Nous voulons que chaque filiale puisse intégrer l’intelligence artificielle à son rythme et selon ses besoins », poursuit Thomas Ranvier.
Les projets menés par Galilé IA couvrent un large spectre, toujours orienté vers des gains opérationnels mesurables. L’un des plus emblématiques concerne la palettisation hétérogène, à savoir la façon d’empiler de façon optimale des objets de tailles variables afin de minimiser les pertes d’espace et les coûts de transport. « Notre algorithme permet de réduire le nombre de palettes nécessaires, donc les trajets, les dépenses logistiques et les émissions de CO₂. L’impact est à la fois économique et écologique » détaille le Thomas Ranvier. L’entreprise intervient aussi sur l’optimisation logistique, menée notamment avec les entreprises du groupe rhodanien Moine Transports, spécialisées dans l'acheminement de matières dangereuses. L’objectif consiste à calculer les tournées les plus efficaces, de sorte à diminuer le nombre de camions et le temps passé sur la route.
Galilé IA développe également des outils d’aide au chiffrage pour les services commerciaux d'Escofier, le spécialiste à Chalon-suur-Saône des machines de roulage haute précision. En analysant les données historiques de production, les modèles d’IA sont entraînés à définir le prix d’un outil industriel à partir de ses caractéristiques techniques. « Cela fait gagner un temps considérable aux équipes, qui peuvent se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée », souligne le chercheur.
Une vision industrielle et pédagogique

Au-delà de la recherche appliquée, Galilé IA joue un rôle de pédagogue au sein du groupe. Thomas Ranvier sillonne les 37 filiales pour former les équipes et démystifier l’IA. « L’idée n’est pas de remplacer l’humain, mais de lui offrir des outils qui améliorent son quotidien. L’IA doit être comprise comme un levier de progrès, pas comme une menace » résume Marie Michoux, chargée de communication du groupe. Les perspectives sont nombreuses et la partie recherche et développement du bureau d'études est concentrée sur trois grandes orientations : de nouveaux outils d’optimisation pour la palettisation, la prévention des pannes machines et la détection des défauts visuels sur les chaînes de production.
Si la plupart de ces solutions sont entièrement développées en interne, Galilé IA s’appuie aussi sur des modèles de langage hébergés en France pour des applications d’analyse documentaire automatisée. « Nous mettons un point d’honneur à garantir que les données de nos clients restent sur le territoire national », insiste Thomas Ranvier. Ainsi, Galilé développe pour un gros client externe (que le groupe ne citera pas) un outil de recherche sémantique, une sorte de moteur de recherche qui va chercher le contexte de la requête de l’utilisateur à partir d’une phrase pour donner des résultats plus pertinents.
La Fondation Galilé : transmettre, accompagner et rayonner à l’externe

L’écosystème s’appuie aussi sur la Fondation Galilé, relancée depuis septembre autour de trois piliers : réindustrialisation, accompagnement entrepreneurial et diffusion de la culture de l’IA. Elle vise à soutenir les porteurs de projets industriels, les aider à intégrer les technologies numériques et promouvoir une vision humaniste de l’innovation. « La Fondation agit comme un incubateur industriel : nous accompagnons les entrepreneurs tout en proposant des formations et des conférences pour rendre l’IA accessible à tous », explique Marie Michoux. Sous la présidence du prince Joachim Murat, un descendant de Napoléon Ier - qui s’est à ce titre largement exprimé dans les medias suite au vol de bijoux de la Couronne au Louvre - la Fondation Galilé se veut tracer un trait d’union entre patrimoine industriel et futur technologique. L’ambition dépasse les périmètres du groupe, pour chercher à conquérir le marché de l'appui-conseil au sein de l’industrie française, dont l’IA est un des outils.
Fondé à la fin des années 1990, Galilé est devenu un groupe industriel fort d’un chiffre d’affaires de 250 millions d’euros par la fédération de 37 PME cumulant 800 collaborateurs répartis sur le territoire national, souvent en zone rurale. « Notre président Eric Michoux a toujours voulu sauver et faire grandir des entreprises qui n’avaient pas de repreneurs. Nous valorisons leur histoire, leur ancrage local et leur autonomie », rappelle Marie Michoux. Cette philosophie explique aussi la création du bureau d’études Galilé IA : offrir aux filiales une expertise interne en intelligence artificielle, sans dépendre de prestataires extérieurs souvent éloignés du monde industriel dans ce domaine. « Nos PME n’avaient ni les moyens ni les interlocuteurs pour aborder seules la transformation numérique. Avec Galilé IA, nous mutualisons la compétence au service de toutes », résume-t-elle.

































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