DISPOSITIFS MÉDICAUX/FRANCHE-COMTÉ. Sur son site historique de Besançon, et en attendant de déménager dans des locaux plus adaptés, le spécialiste du traitement de l’endodonte - la partie intérieure de la dent - est en pleine mue industrielle.

De nouvelles machines vont bientôt arriver et une nouvelle organisation a été mise en place pour rester dans la course.

Le dernier produit de Micro-Mega, un pack de cinq instruments indispensables au traitement de la dent, contient une innovation maison qu’Etienne Garnier, le fondateur, n’aurait pas renié : il est le digne héritier du premier tire-nerf inventé en 1907, qui avait lancé l’entreprise. 

 

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En pleine croissance, le secteur mondial des technologies médicales - les medtech - , est fortement concurrentiel et relativement impitoyable, et encore davantage en raison de réglementations de plus en plus pointues et de scandales sanitaires divers et variés.

 

Santé oblige. Ici encore plus qu’ailleurs, point de salut sans innovation et investissements pour rester dans la course.

 

A Besançon, l’entreprise Micro-Mega fête ses 110 ans cette année et est en pleine mutation.

 

Héritière du savoir-faire horloger et spécialisée depuis sa création, ou presque, dans les outils d’endodontie, avec son premier tire-nerf qui lui valut une réputation mondiale dès 1907, elle n’a d’autre choix que de s’adapter pour rester dans la course et conserver sa place de leader français de sa spécialité.

 

Une définition s’impose : l’endodontie est la discipline de la médecine dentaire qui traite les maladies de l’endodonte, la partie intérieure de la dent. Son objectif principal est de sauver les dents naturelles, et pour éliminer toutes les bactéries et tous les tissus infectés, un traitement chimique et mécanique du système canalaire est nécessaire.

 

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C’est ici qu’intervient Micro-Mega, en proposant aux praticiens des solutions toujours plus innovantes, comme en 1936 le premier contre-angle (ou « pièce à main ») à mouvement alternatif ou le One Shape, modèle déposé en 2012 qui fut le premier instrument unique en rotation continue et remplace les 20 limes auparavant nécessaires à l’acte ondodontique.

 

L'innovation 2015, le One shape procedure pack, réunit les cinq instruments indispensables au traitement endodontique, dans un blister prêt à l’emploi, à usage unique, dont le fameux One Shape, le plus pointu et indispensable.

 

A Besançon, dans ses locaux historiques, l’entreprise emploie encore 170 personnes qui doivent s’adapter aux nouvelles exigences du marché.

 

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L’innovation 2015, le One shape procedure pack qui réunit les cinq instruments indispensables au traitement endodontique.

 

Pour conserver une production 100% française, un nouveau plan d’organisation a été lancé il y a deux ans.

 

Il repose sur un système de lean management et le transfert, dans l’usine allemande de SycoTec - détenu par les mêmes actionnaires, voir ci-dessous -, de l’activité « pièces à main ». 

 

« Cette mutation est compliquée d’un point de vue du process », indique Stéphane Claude, le directeur industriel de l’entreprise. « Mais c’est un gros challenge aujourd’hui. Nous avons un retard productif par rapport à nos concurrents et nous connaissons le chemin à parcourir. Mais nous avons toutes les clés de la réussite en main », assure-t-il.

 

La transformation des compétences en interne est le plus gros défi à relever.

 

Une première unité robotique arrivera en janvier, puis une ligne de conditionnement robotisée, en salle blanche, en juillet. 

 

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Aucun emploi ne sera pour autant supprimé, un vaste plan de formation étant déployé pour accompagner la mutation, assure l’équipe dirigeante qui n’a pas confirmé son déménagement sur Temis, comme cela aurait été entendu à plusieurs reprises. Mais elle assure de sa volonté de rester bisontine.

 

« Cette réorganisation va dans le sens de l’histoire, c’est une évolution nécessaire », confie Laurent Bataillard, le directeur général. « Nous relevons un défi extraordinaire, celui de conserver une histoire tout en introduisant des techniques et une organisation nouvelle. »

 

Estimé à 20 millions d’€, le chiffre d’affaires 2015 devrait être en légère augmentation, de 4 ou 5%, ce qui n’était pas arrivé depuis le rachat de l’entreprise par SycoTec en 2009.

 

Une légère embellie dûe à une « communication plus dynamique » auprès de ses 250 distributeurs agréés et dentistes du monde entier. Micro-Mega réalise 65% de ses ventes hors de France, dans 125 pays du monde, et talonne le leader mondial, l’américain Dentsply, sur le marché intérieur avec 29% des parts de marché contre 35% pour son concurrent.

 

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Une nouvelle équipe dirigeante

 

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Laurent Bataillard, le directeur général de Micro-Mega depuis avril 2013 (à droite) et Stéphane Claude, chargé du développement industriel.

 

En 2009, Micro-Mega a été rachetée par les propriétaires de l’entreprise allemande SycoTec et de la PME canadienne SciCan, respectivement sous-traitant de l’industrie dentaire et spécialiste des produits de contrôle des infections.

 

L’entreprise bisontine qui était à vendre depuis 2007, entre alors dans le giron de Sanavis Group pour la gestion de marques et la complémentarité des produits. Ce  regroupement informel de trois entreprises (750 salariés et l’un des dix plus grands fournisseurs mondiaux d’équipement dentaire) est détenu par deux actionnaires industriels, le docteur Martin Rickert et Arthur Zwingenberger, rejoints depuis par un troisième.

 

« Il n’y a pas de structure commune mais des synergies », confirme Laurent Bataillard, le directeur général de Micro-Mega depuis avril 2013.

 

Ecole des vins

 

Ingénieur physicien de formation, titulaire d’un doctorat en sciences dont les travaux de thèse portaient sur l’étude de la transformation de phase dans des fils nickel-titane à usage endodontique, il a d’abord travaillé chez l’industriel allemand Heraeus avant d’être appelé pour diriger la société bisontine déjà plus que centenaire.

 

A ses côtés depuis un an, pour piloter le virage industriel indispensable, Stéphane Claude, un franco-suisse passé par l’industrie automobile avant de s’occuper de métaux précieux et réfractaires pour la division médicale de… Heraeus, où il a connu Laurent Bataillard, puis de conduite de transformation d’entreprises.

 

Pour piloter le marketing, ils peuvent compter sur Audrey Lion, qui est dans l’entreprise depuis 16 ans et en connaît l’histoire et les produits comme personne.

 

Photos fournies par Micro-Mega.

2 commentaire(s) pour cet article
  1. Laurent Bataillarddit :

    Bonjour Monsieur, je vous remercie de votre réaction et de l'anecdote dont vous nous faites part. Je porte bien le nom de "Bataillard" qui est très répandu de part et d'autre de la frontière jurassienne entre la France et la Suisse. Je trouve mes origines en Suisse où vivait mon grand-père et ma famille proche. Par conséquent je ne suis pas de la famille du M. Bataillard qui était ingénieur chez vos parents. Avec mes sincères salutations. Laurent Bataillard

  2. BONNEFOUXdit :

    AYANT 85 ANS et je me souviens de MONSIEUR ETIENNE GARNIER meilleur AMI de mes PARENTS ( fondateur de L'EST ELECTRIC = 1920/1947) Je jouais dans son garage sous son pavillon ou il y avait plein de machines. VERS 1950 ou + ? le précité déjeunant avec son épouse chez mes PARENTS à PARIS NOUS avaient amusés en NOUS racontant que la veille au salon ? du matériel dentaire ou il exposait un visiteur l'avait en... nervé...(énnervé) lui demandant si son tire nerf était inusable Réponse = seule la langue de femme est inusable car elle parle sans arrêt & leur langue ne s'use jamais. UN MONSIEUR BATAILLARD était ingénieur chez mes PARENTS = j'aimerais savoir si c'est son petit fils qui est DIRECTEUR de MICRO-MEGA? MERCI. BIEN CORDIALEMENT////////////J.G.BONNEFOUX.//37150//06 83 16 12 89

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