Matériau. Lorsque l’on connaît un peu Olivier Dubant, président de la société Yelmini implantée à Saint-Amour (Jura), on ne s’étonne plus de ses silences.

Cet homme de 47 ans, marbrier et tailleur de pierre de son état, aime à prendre son temps avant de répondre.

Aucune distance hautaine, pas de verbiage emphatique, juste l’envie d’expliquer simplement l’amour d’un métier qui l’a pris sur le tard.

Car rien ne le prédestinait à reprendre, il y a quinze ans, l’affaire de son parrain. Ingénieur aéronautique de formation, gestionnaire forestier puis menuisier, Olivier Dubant cède pourtant à l’envie de voler de ses propres ailes.

«Yelmini a été fondée en 1830, possède un réel savoir-faire et un véritable trésor avec une carrière de marbre de Savoie, matériau très prisé pour sa teinte gris bleuté», explique le marbrier.

C’est sur ce socle qu’il conforte depuis une réputation et asseoit une notoriété.

On peut en juger à l’énumération de quelques chantiers alimentés par l’entreprise, qui exploite également une carrière de pierre demi-dure à Chamesson, près de Châtillon-sur-Seine (Côte-d’Or) : les halls de l’Empire State Building à New-York ; le Shangri-La Hôtel à Paris ; des immeubles de luxe, comme celui que possède le sultan de Brunei, toujours à Paris ; des places historiques de grandes villes et bon nombre de galeries marchandes.

L’appui de la technologie

«Nous n’assurons plus la pose des carrelages, des dallages, des encadrements de fenêtres, des vasques, des sanitaires ou encore des revêtements muraux que nous fournissons», précise Olivier Dubant.

N’en demeure pas moins que tout le travail en amont, de l’extraction à la mise au format précis, relève du grand art. Pour le réaliser, Yelmini (2 millions d’€ de chiffre d’affaires, 25 salariés) s’est doté d’une technologie de pointe.

«Nous avons investi, il y a cinq ans, 1,8 million pour nous rééquiper et n’hésitons pas à réinjecter 150 000 €  chaque année dans du nouveau matériel à commandes numériques», indique le dirigeant.

À voir ses 3 0000 m2 d’ateliers couverts et une surface équivalente pour le stockage et la manutention des blocs de pierre, à l’aide de deux ponts roulants de 25 et 5 tonnes, on comprend mieux.

Le bon vieux temps du maillet et du ciseau des tailleurs de pierre semble révolu. Les blocs de 300 tonnes extraits des carrières arrivent en morceaux de 12 à 18 tonnes.

Ils sont ensuite découpés par plaques grâce à une scie dotée de 50 lames juxtaposées, puis ouvragés au format exact. Le personnel trouve là une aide technologique précieuse, mais elle ne suffit pas.

«La main de l’homme et son œil pour faire ressortir harmonieusement les couleurs, restent essentiels, c’est pourquoi, nous formons sur place tout nos compagnons», souligne Olivier Orban.

Crédit photo: Made in Jura et Yelmini.

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  1. Financer Formationdit :

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