Née en région parisienne, la start-up a choisi de se développer à la Cité de l’entreprise à Mâcon (Saône-et-Loire). Après avoir engagé 1 million d'€ pour son développement, elle a lancé sa « plateforme interactive de talents », un concept unique en Europe reposant sur le partage de compétences.

Des cours de langues, de musique ou de yoga. Des ateliers de bricolage, de coaching ou de cuisine. Des séances individuelles ou collectives, toutes en visio et en live. Proposées par des experts reconnus – en fouillant dans le site, on découvre des séances autour de la morphologie et de la création vestimentaire assurées par Cristina Cordula ! –, des spécialistes, des étudiants ou de simples particuliers qui partagent leur passion et leur savoir-faire. Ainsi se présente le concept de Wooskill. « Le principe, c’est que chaque personne de talent peut faire profiter du sien aux autres », résume Sophie Kerob, fondatrice de cette start-up installée à la Cité de l’entreprise à Mâcon (Saône-et-Loire). « Notre plateforme interactive de talents est une première en Europe », affirme la dirigeante.

 

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L’idée lui est venue quand elle développait sa précédente entreprise, Direct Medica dans le domaine de la santé : « J’ai acquis la conviction qu’Internet devait offrir l’opportunité de pouvoir recourir à un spécialiste, à tout moment et où qu’on se trouve. » Son expérience à la tête de cette plateforme de services à distance pour les patients, qu'elle a revendue à Webhelp en 2019, a ainsi donné l’idée de Wooskill à Sophie Kerob . Et comme elle mérite le qualificatif de « serial entrepreneuse », elle n’a pas mis longtemps à reconstituer une équipe pour relever le défi suivant, celui de créer sa nouvelle start-up, fin 2020.

 

La qualité de l'accueil mâconnais

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Une partie de l'équipe de management de Wooskill , aux côtés de Sophie Kerob (à droite). © Wooskill


Son équipe rapprochée est composée de Philippe Isaac, ex-directeur des opérations chez Direct Medica, de Sonia Rendo, l'ancienne responsable des ressources humaines de cette même entreprise, et d’Enzo Arous et Élodie Roussel, respectivement business developer et responsable administrative et financière. Les cinq associés pilotent une entreprise qui emploie déjà 25 collaborateurs. Initialement basés à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), leur centre de gravité se déplace petit à petit vers Mâcon où une dizaine de personnes est déjà implantée.

« Nous avons trouvé ici un dynamisme et une qualité d’accueil exceptionnels, souligne Sophie Kerob. Nous avons trouvé de la visibilité aussi, et le soutien des collectivités locales, notamment de Mâcon Beaujolais Agglomération qui nous a fourni une aide précieuse, et de la Ville de Mâcon, qui nous a proposé un bureau au sein de la pépinière pour lancer l’aventure. » La start-up a également bénéficié du soutien de Bpifrance et de la région Bourgogne-Franche-Comté à travers des prêts.

 

Une deuxième levée de fonds envisagée en 2024

Pour inventer son service, Wooskill a levé 3,2 millions d'€ en 2021, auprès du fonds d’investissement Provestis et auprès de business angels. « Nous avons construit une plateforme intégrant l’ensemble des fonctionnalités, souligne la fondatrice : consultation du catalogue, prise des rendez-vous, interface de visioconférence, paiement en ligne, facturation automatique, messagerie. » Une deuxième levée est envisagée en 2024, avec pour objectif de développer le concept à l’international.

Entretemps, Wooskill devra avoir apporté la preuve de la viabilité de son modèle économique : le chiffre d’affaires est généré par une commission sur le prix des séances, fixé par l’offreur de compétences. Elle devra aussi s’assurer de la qualité réelle des ateliers proposés : « L’équipe est mobilisée sur ce sujet essentiel, et nous envisageons de développer une intelligence artificielle pour nous aider dans cette tâche », poursuit la dirigeante.

 

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Officiellement lancée il y a un an le 8 mars 2022 – journée internationale des droits des femmes –, la plateforme met en ligne aujourd’hui une offre consistante proposée par 20.000 « skillers ». Pour 2023, les objectifs consistent à faire connaître Wooskill au grand public et à installer la marque. Actuellement, 200 cours sont dispensés chaque mois sur la plateforme, bien qu'aucune action de communication n'ait encore été engagée. Autrement dit, Wooskill en a sous le pied.

 

 Qui est Sophie Kerob ?

Diplômée de l’École des Mines de Paris, elle a ensuite obtenu un MBA à Harvard. Elle a travaillé d’abord chez Genzyme, au siège à Boston puis au business development Europe, avant le rachat de cette biotech par Sanofi. Elle lance en 2000 le projet Direct Medica, place de marché web pour les pharmaciens, projet pour lequel elle lève 5 millions d'€,  puis sa filiale Patientis, d'accompagnement à distance des patients. Quand elle revend le groupe à Webhelp en 2019 pour 100 millions d'€, celui-ci pèse 450 salariés et 30 millions d'€ de chiffre d’affaires. Sophie Kerob a par ailleurs créé la fondation Zéphyr, qui porte des actions « désintéressées » dans le domaine de la santé.

 

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