BÂTIMENT. Le fabricant-installateur haut-rhinois de fenêtres se recentre sur le marché de la rénovation après un détour jugé peu concluant vers la construction neuve.

Attention au piège linguistique : Vitale ne devrait pas se prononcer à la française, mais à l’italienne,  pays d’origine de sa famille fondatrice.

Cesar Vitale, 44 ans, a peu à peu transformé en un fabricant et vendeur de fenêtres de taille respectable, la petite entreprise de pose que son père venu de Calabre avait créée dans l’agglomération de Mulhouse en 1975.

Fermetures Vitale totalise désormais 95 salariés et près de 11 millions d’€ de chiffre d’affaires annuel.  En cinq ans, «nous avons doublé l’activité et embauché une quarantaine de personnes», souligne le dirigeant.

En volume, l’entreprise de Rixheim (Haut-Rhin) également fabricante de volets, portes et stores, n’a plus rien à voir avec l’artisanat de ses débuts. Mais le fils tient à ce que le lien ne se rompe pas avec le travail du père.

«Pour nous, la pose continue à faire partie du métier de base : tout ce que nous produisons, nous l’installons nous-mêmes, grâce à 16 équipes intégrées. C’est un coût, mais c’est aussi une image. Même quand elle est externalisée, la pose engage la réputation de l’entreprise chez qui vous avez acheté le produit… Alors autant la maîtriser soi-même», décrit Cesar Vitale.

Les dernières années n’ont pas été un long fleuve tranquille, mais plutôt un aller-retour du neuf vers la rénovation. Jusqu’alors très majoritairement active dans la rénovation, Fermetures Vitale a voulu changer de fusil d’épaule en 2006 pour s’orienter résolument vers la construction neuve : logements collectifs auprès de promoteurs, marchés publics.

L’expérience n’a pas été très concluante. «La crise est venue, le nombre de chantiers a baissé et les prix ont chuté de 15 à  20 %, sous l’effet notamment de la concurrence de la menuiserie des pays de l’Est bien présente dans nos régions frontalières. Nous ne pouvions pas rivaliser», relate Cesar Vitale.

Des espaces de ventes en projet à Strasbourg et dans le nord Franche-Comté

La PME rebrousse donc chemin pour revenir à la rénovation, de maisons individuelles essentiellement. Sa part était tombée à 40 %, l’objectif consiste à la remonter à son niveau antérieur, c’est-à-dire entre 65 et 70 %.

Il est vrai qu’avec les exigences de performance énergétique, ce marché-là semble offrir de bonnes perspectives de croissance. Face à la concurrence, Vitale estime avoir une longueur d’avance grâce au PVC sans plomb de Profine, son principal fournisseur en profilés.

En 2015, il sera en effet interdit de vendre de nouvelles fenêtres contenant ce métal lourd…et d’autres. Profine, qui commercialise ses produits sous la marque Trocal, dote aussi l’offre Vitale du système "AluClip" : celui-ci consiste à fixer par clip une barre d’aluminium sur le revêtement PVC, ce qui «conjugue l’esthétique de l’alu avec les avantages thermiques du PVC».

Vitale a ajouté le bois à sa palette l’an dernier, en reprenant Fabrication Bois à Burnhaupt-le-Haut, à une vingtaine de kilomètres de Rixheim.

Pour séduire le particulier, l’entreprise a donné un coup de jeune à son espace de vente "La Maison de la fermeture", située à son siège, et elle a décliné le même concept à Colmar.

Elle veut pousser plus loin ses conquêtes : à Strasbourg avec le projet d’une troisième "Maison" l’an prochain, et dans la région de Belfort-Montbéliard, qu’elle prévoit de prospecter depuis sa base mulhousienne.

Crédit photo: Christian Robischon

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