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Simulation du futur quartier des Blancheries à Montbéliard qu'aménage la SedD. ©Virtuel City

 

NUMÉRIQUE. Installée à Montbéliard, dans les locaux du pôle numérique régional de Franche-Comté, Numérica, Virtuel City modélise les villes en 3D. Un outil de communication pour les collectivités, mais aussi un outil de simulation pour peaufiner les projets urbains.

 

Cela ressemble à Google Earth, mais ce n'est pas Google Earth. Le résultat du travail de modélisation des villes que réalise Virtuel City rappelle à la fois ce service du géant américain (avec lequel Virtuel City est partenaire pour la fourniture de documents 3D) et du jeu vidéo.

 

Une fois qu'une ville est numérisée en 3D par la société installée à Montbéliard, à Numérica, on peut s'y balader sur son écran d'ordinateur en choisissant son point de vue dans les trois dimensions, y compris l'altitude. Bluffant.

 

La technologie développée par Virtuel City associe les prises de vues aériennes et les photos prises dans la rue. Pour les vues aériennes, il s'agit de photos fournies par des partenaires avionneurs ou par les collectivités. Ce sont des photos prises en stéréoscopie, ce qui permet de les restituer en 3D, mais seulement en basse définition.

 

Comme si on y était

 

Par ailleurs, Virtuel City a recours à un « Snap car » - qui rappelle furieusement les « Google cars » -, qui se balade dans les rues avec un appareil photo juché sur un mât, fixé sur le toit. Cette voiture prend en photo les façades des maisons et des bâtiments. Les photos sont ensuite retraitées à la main pour effacer les personnages, la signalisation parasite, etc.

 

Les photos aériennes sont ensuite fusionnées avec les photos des façades et le résultat donne des images en 3D haute définition. C'est une des forces de la société.

 

« L'IGN avait trouvé une algorithme de modélisation des territoires, se souvient Fabrice Morlet, le responsable de Virtuel City. A partir de là, on a développé la technologie qui permet de réaliser des images de synthèses en 3D. On a d'abord créé la donnée, et on a ensuite recherché les usages. On s'est aperçu que, en plus de se connecter aux outils des villes, il y avait des aspects non techniques liés aux projet. »

 

Autrement dit, la possibilité d'utiliser les images en 3D pour mieux communiquer, faire comprendre un projet d'urbanisme en le simulant et en offrant la possibilité de le visualiser sur l'écran et de s'y promener comme si on y était.

 

Un bon moyen de mesurer son intégration dans son environnement, de matérialiser les déplacements, etc.

Il est possible aussi de compléter les images de diaporamas, textes, vidéos sur des lieux spécifiques.

 

La société a ainsi modélisé les 29 communes du Pays de Montbéliard. Elle est aussi intervenue pour les projets de tram de Dijon, Besançon et Montpellier.

 

Pour celui de Dijon, près de 36 kilomètres de rues ont été modélisées pour simuler son passage : une vidéo permettait de se déplacer de station en station comme si l'on se trouvait à la place du chauffeur.

 

A Besançon, la simulation a permis d'étudier le délicat passage sur le pont Battant.

 

La grande différence avec le populaire Google Earth est de pouvoir intégrer dans l'image des nouveaux bâtiments ou de simuler des projets, pour mieux se rendre compte de l'effet produit. L'utilité du logiciel est dont ici technique.

 

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Fabrice Morlet, fondateur de Virtuel City. ©Pierre-yves Ratti.

Premiers projets à l'étranger

 

Virtuel City a été fondée en mars 2007. La société a réalisé un chiffre d'affaires de 952 000 € en 2012, pour un résultat net de 74300 € (source : societe.com) et emploie une douzaine de salariés.

 

70 % de ses clients sont des communes, les 30% restants étant constitués de privés. Par exemple, EDF utilise la technologie 3D de Virtuel City pour des simulations en centrales.

 

Si le chiffre d'affaires s'est maintenu en 2013, Fabrice Morlet constate un tassement début 2014. Il l'attribue aux élections municipales : les projets communaux ont été figés pendant plusieurs mois.

 

« Mais cela redémarre, affirme-t-il. Et en période difficile, les élus ont d'autant plus besoin d'expliquer et de faire comprendre leurs projets. »

 

L'entreprise travaille un peu à l'export : sur le tram du Luxembourg, un projet à Abu d'Abi (avec un commercial chargé du Moyen-Orient) ou encore en Suisse, pour l'extension de l'école polytechnique de Lausanne (EPFL).

 

 

 

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