Vin. Née en 1906, La Fruitière Vinicole d’Arbois, qui fédère 115 vignerons, se porte plutôt bien et ne ménage pas ses efforts pour susciter des vocations parmi les jeunes. Portrait d’une vieille dame en compagnie de Joël Morin, son président.

Les plus anciens l’appellent toujours «La Sociale». La Fruitière Vinicole d’Arbois – fruitière, pour mise en commun du travail -, créée en 1906, est une cave coopérative jurassienne où l’on ne transige pas avec ce principe fondateur.

«Nos 115 vignerons adhérents, qui cultivent 250 hectares de vignes, doivent fournir l’intégralité de leur récolte», explique Joël Morin, son président depuis 10 ans.

Cette impérieuse obligation donne de bons résultats. La coopérative (26 salariés) réalise 7 millions d’€ et redistribue après impôt 2,8 millions pour rétribuer ses membres en fonction de la qualité des vendanges.

Elle permet par ailleurs d’accroître constamment la qualité des vins qui englobent toutes les productions de ce vignoble, encore trop méconnu, par un suivi constant des exploitations.

Pour s’en convaincre, il suffit de descendre déguster sur fût, vin jaune, vin de paille (AOC), Macvin (AOC), crémant (AOC) et toute la gamme des blancs et rouges, assemblés ou pas, issus des cépages Savagnin, Chardonnay, Pinot Noir, Poulsard et Trousseau.

«Nous travaillons déjà à 95% en culture raisonnée et nous dirigeons de plus en plus vers le bio», assure Joël Morin.

Côté outil industriel, la fruitière arboisienne possède une cuverie de 36 000 hectolitres où elle investit 200 000 € par an depuis ces cinq dernières années. Un programme plus ambitieux (1 à 2 millions) devrait être lancé à terme pour réaliser des quais de réception de vendanges et acquérir de nouveaux pressoirs.

Acquisition de vignes pour installer des jeunes

Tout irait donc pour le mieux avec une commercialisation qui séduit un tiers de clientèle particulière (*), un autre, la grande distribution et, pour partie du solde, les grossistes et restaurateurs.

«Notre talon d’Achille concerne l’exportation qui ne pèse que 3% des ventes», avoue le président. Pour réagir à cette faiblesse chronique qui touche plus largement le vignoble jurassien, un commercial est partagé en commun depuis deux ans au sein de Vignerons de France, une fédération de huit caves coopératives.

Précédemment, un essai avait été tenté avec les trois autres fruitières viticoles locales :  Pupillin, Voiteur et le caveau des Byards, mais n’aura duré que trois ans faute de résultats probants.

Autre souci : le renouvellement des générations. Pour attirer des jeunes, la Fruitière Vinicole d’Arbois a monté une société civile immobilière (SCI) qui acquiert des terrains et les propose aux candidats à l’installation.

«C’est vrai que nous avons un cadre rigide, mais sécurisant et l’indépendance forcenée se paie parfois très cher pour certains», confesse Joël Morin.

Avec son exploitation de 18 hectares, baptisée Les Gazelles du Désert, Gazelles, car ses quatre filles ont longtemps pratiqué la course à pied et, Désert parce qu’il a planté dans ce lieu-dit ses premières vignes, le viticulteur se sent bien au sein de la fruitière.

«Vous savez, un homme chez nous égale une voix, ce qui force au final à aller dans le même sens».

(*) Notamment dans cinq magasins détenus en propre, dont deux à Arbois, un à Pupullin, un autre à Saint-Laurent-en Grandvaux et le dernier à Arc-et-Senans.

Lire aussi sur les vins du Jura :

www.tracesecritesnews.fr/actualite/l’alchimie-vini-viticole-du-jurassien-jean-berthet-bondet-6642

Crédit Photo: Kévin Muzic et Traces Écrites

1 commentaire(s) pour cet article
  1. Sylvette Morindit :

    Je me permets de rectifier les cinquième magasin se situe à Poligny et non à Pupillin. Bonne soirée

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