Energie. Tout le monde a beau pester contre le renchérissement du prix du fuel, du gaz et de l'électricité, plus personne n'est à l'unisson quant il s'agit d'implanter des systèmes de production d'énergies renouvelables, sauf à les reléguer chez le voisin.

Consciente de ces difficultés et pour se démarquer d'une certaine concurrence qui a entretenu une bulle spéculative, l'opérateur solaire Synrgy Lux, à Buxy (Saône-et-Loire), prend les devants dans le projet d'implantation d'une centrale photovoltaïque au sol, à Bissey-sous-Cruchaud, dans la côte chalonnaise.

D'une puissance de 6,54 mégawatts, soit la consommation de 2540 foyers, la ferme solaire sera parfaitement intégrée à l'environnement, assurent ses promoteurs, en conservant une frange paysagère autour d'un terrain de 13,5 ha.

Les prés communaux cédés à l'investisseur pour 30 ans, n'ont pas été choisis par hasard. Il s'agit d'une chaume sur un sous-sol calcaire sur laquelle ne pousse pas grand chose. Mieux, un agriculteur local y installera un troupeau d'ovins qui entretiendra les lieux. Enfin, la ferme solaire est délibéremment conçue comme une attraction. Un centre pédagogique (un bâtiment de 200 à 300 m2) installé à l'entrée du site expliquera comment fonctionne cette centrale (exposition, vidéos) qu'il sera possible de visiter selon un parcours défini.

Le promoteur veut aussi l'intégrer à un circuit touristique avec un balisage depuis les sentiers de grande randonnée qui passent à proximité. Et pour parfaire l'esprit consensuel du projet, la société d'exploitation ouvrira son capital aux particuliers, leur assurant un placement à rendement fixe.

Un investissement de 15 à 18 millions d'€

«Coïncidence», assure David Batéjat, le président de Synrgy Lux, la conception de la ferme solaire de Bissey-sous-Cruchaud croise la perception qu'a le conseil général de Saône-et-Loire des installations photovoltaïques, formalisée dans une charte qualité dont il fut naturellement le premier signataire le 3 mars dernier. Associant la Safer, la FDSEA et la chambre d'agriculture, cette charte donne quelques règles de "bonne conduite" aux opérateurs du solaire.

Pour n'en citer que quelques-unes :

Les centrales devront s'implanter sur des terrains délaissés, pollués ou inexploitables pour d'autres usages (friches industrielles par ex.), évitant de fait «au maximum» les surfaces agricoles. Les zones de migration faunistique sont aussi évitées. Des plantations de haies réduisent l'impact paysager.

L'investissement de la ferme solaire de Bissey-sous-Cruchaud s'élève entre 15 et 18 millions d' €. A priori, les travaux devraient démarrer en novembre pour une mise en service à la fin du 1er trimestre 2013, mais rien n'est joué d'avance.

L'opérateur est suspendu au décret du 9 mars, suite au moratoire du gouvernement qui remet en cause les tarifs préférentiels d'EDF. Les exigences qualitatives soulignées récemment par le Premier ministre ne devraient pas nuire au projet. En revanche, le prix du kilowatteur sera soumis à un appel d'offre par projet.

Jeune société créée en 2009, Synrgy Lux a choisi de ne pas intégrer l'ensemble des compétences. «Une structure collaborative avec d'autres sociétés spécialisées dans le secteur, experts juridiques, bureaux d'études, architectes, installateurs de systèmes, nous permet de nous adapter en permanence», précise le président. Solaïs et Texol comptent parmi leurs partenaires.

Acteur principalement présent en Espagne, Synrgy Lux travaille par ailleurs sur un projet de la SNCF consistant à couvrir plusieurs gares de l'est de la France  (Chalon-sur-Saône, Vesoul, Belfort, Lons-le-Saunier) de panneaux photovoltaïques.

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