Tout au long de l’été, L’Europe Vue du Ciel a déployé ses savoir-faire sur de nombreuses zones balnéaires depuis la base aérienne de Chambley, en Meurthe-et-Moselle. De multiples occasions, certaines inattendues, mobilisent ce spécialiste des prises de vues aériennes qui se félicite d’avoir fait le choix d’un monomoteur biplace sobre en carburant.
Sur les plages de l’été, rien n’a échappé à l’aéronef de L’Europe vue du ciel. Ou presque rien. Installé sur la base aérienne de Chambley (Meurthe-et-Moselle), ce spécialiste de la photographie aérienne n’a pas chômé sous le soleil estival. « Nous travaillons à la manière d’un commerce qui pourrait ouvrir 60 à 70 jours par an, mais sans savoir à l’avance lesquels », résume son co-fondateur Jean-Luc Kaiser.
Principalement active entre mai et septembre, période la plus propice à de bonnes conditions de prise de vue, l’entreprise a été sollicitée pour étudier la fréquentation du bassin d’Arcachon : saturation des parkings, impact de la crème solaire sur l’eau, etc. Ailleurs, elle a pu prendre les mensurations des bateaux amarrés dans des ports de plaisance – la redevance d’amarrage étant proportionnelle à la longueur de la coque.
Autre exemple de ses interventions. Afin de contrôler la présence de caravanes sur les terrains privés, une communauté de communes située en zone balnéaire fait appel à l’entreprise lors du pic de fréquentation aoûtien pour … au procéder au calcul de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères…
En plein boom de la photographie par drone ou par satellite, la petite entreprise lorraine de 5 personnes (chiffre d’affaires de 500.000 €) trace paisiblement son sillon avec des clients comme La Poste, Le Parc naturel régional de Lorraine, GRTGaz ou encore ArcelorMittal. Son activité se sépare en deux métiers : la photographie oblique, c’est-à-dire des clichés pris par un photographe installé dans le cockpit, et l’orthophotographie, autrement dit des images prises verticalement, de manière entièrement automatisée, afin d’être utilisées en aménagement du territoire et en urbanisme.
L’avènement de Google Earth ? Il aurait plutôt joué en faveur de l’Europe vue du ciel, car de nombreux utilisateurs de cette application seront tournés dans un second temps vers ce spécialiste, afin d’obtenir des images d’une plus grande précision. L’entreprise explique se situer sur un marché entre celui du drone et de l’avion dimensionné pour balayer l’équivalent d’un département en quatre jours. « Les drones sont performants sur de petites zones, mais rencontrent rapidement leurs limites à l’échelle d’une agglomération. Quant aux satellites, ils atteignent la précision d’un pixel pour 70 cm alors que nous sommes sur un pixel pour 5 cm » poursuit le gérant.
52% de carburant en moins en cinq ans

Lauréate en 2020 à Los Angeles du prestigieux Prix de la photographie aérienne de l’année, L’Europe vue du ciel bénéficie d’une grande autonomie. La société a développé elle-même son logiciel de travail et dispose en interne de toutes les compétences nécessaires : pilote, photographe, informaticien, commercial et géomaticien, un professionnel en charge de la post-production, de la gestion et de l'exploitation des données. L’entreprise a fêté sa millionième prise de vue au printemps dernier.
Avec une vitesse de vol de 65 à 205 km/h, une autonomie de plus de 700 km, son avion « Green Observer » acquis en 2016 constitue son atout. En effet, ce monomoteur biplace Alpha Trainer entre dans la catégorie aérienne des ULM. L’avantage est double. Il a pu être modifié plus aisément par son constructeur slovène Pipistrel qu’un avion de la classe supérieure (trappes pour appareils photos, support d’aile pour la réalisation de cartes magnétiques, alimentation 220V à bord, etc.). Green Observer a divisé par quatre la quantité de carburant utilisée par kilomètre de vol. Alors que l’activité de l’entreprise a augmenté de 50% en cinq ans, la quantité annuelle de carburant consommé a diminué de 52% !

Les grands espaces demeurent son empire. Jean-Luc Kaiser était un peu à l’étroit dans les bureaux du service marketing de la Banque Populaire Alsace, Lorraine, Champagne où il a démarré sa carrière. Aussi ce passionné de vol a-t-il saisi l’opportunité de rejoindre la compagnie Protéus Hélicoptères à Tomblaine (Meurthe-et-Moselle) comme responsable commercial, avant de cofonder L’Europe vue du ciel en 1999 avec Daniel Chaubard. Il s’agissait alors de lancer un ambitieux projet de publication des photographies aériennes des communes lorraines dans la presse régionale. Ce concept a été commercialisé pendant dix ans auprès de 52 titres en France, Italie, Suisse et dans les Dom-Tom !
« En parallèle, nous avions commencé à nous diversifier dans des applications plus techniques, ce qui nous a permis de trouver des relais de croissance, au moment de la crise financière de 2008 », glisse Jean-Luc Kaiser. Dans ses locaux, le dirigeant a aménagé un petit musée de l’histoire de la photographie aérienne. Celle-ci est née en 1915, pendant la guerre, sur les côtes de Meuse, non loin de la base de Chambley, aime-t-il à rappeler.
Photo de la Une fournie par l'entreprise.









































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