Organisée comme une plateforme technologique, la jeune société dijonnaise Cohesives vient de créer un adhésif médical et chirurgical qui agit comme une colle. L'innovation soutenue par l’État vise à soigner des plaies humaines et/ou animales et elle permet d’intervenir en chirurgie.
Cette start-up jouxte la Maison régionale de l’Innovation à Dijon, et ce n’est pas un hasard. Créée en 2015 avec 2,3 millions d’€ de fonds propres Cohevises fait plancher son équipe de 12 personnes en recherche et développemement de solutions médicales innovantes.
C’est ainsi qu’elle consacre ses travaux au « pansement » de demain. Des systèmes de colle existent en médecine, mais ils n’offrent pas une adhésion et une résistance suffisantes, selon Cohesives. L’entreprise s’est donc lancée dans la création d’un adhésif spécifique, avec l’objectif de le rendre plus résistant.
Sur une peau de porc coupée, les ingénieurs et techniciens appliquent une première couche de gel, avant de la soumettre au rayonnement d'une lampe à UV. Cette dernière transforme le liquide en polymères, pour offrir une adhésion plus solide et durable entre la peau et la colle. Enfin, un second gel est appliqué de façon à obtenir une souplesse proche des mouvements naturels de la peau.

Le procédé développé par Cohesives ne se limite pas aux plaies superficielles. Il peut être décliné pour des soins variés. « Notre technologie de base est la même. Ensuite, nous l’adaptons, ce qui constitue une tâche gigantesque » précise Louis Blohorn, directeur général de la start-up.
La création de Cohesives, quant à elle, émane du docteur Bertrand Perrin, qui est toujours son président. Ancien chirurgien cardiaque, il a imaginé les effets bénéfiques de sa technologie pour étanchéifier des sutures chirurgicales. Il présente l’adhésif mis au point par la société de Dijon comme « le seul capable de coller sur un tissu humide. »
Les tests effectués sur des poumons d'animaux se sont révélés positifs. L’adhésif vient se positionner sur les agrafes utilisées lors des résections pulmonaires, de sorte à étanchéifier complétement la suture et éviter le pneumothorax post-opératoire qui nécessite un drainage thoracique de cinq jours en moyenne.
Le fondateur de Cohesives entend consolider la démarche en vue de prolonger le développement vers d’autres organes. L’adhésif et deux de ses applications cliniques, la suture d’incision chirurgicale et l’étanchéification de suture pulmonaire, bénéficient du soutien du plan France 2030 à hauteur de 500.000 € au titre du concours national d’innovation I-Nov.

Un deuxième gel est ensuite appliqué en laboratoire. © Sabrina Dolidze
La technologie de Cohésives a déjà permis de commercialiser un adhésif destiné aux chevaux. Le principe reste le même. Le produit se présente dans une mallette destinée aux vétérinaires avec un liquide en spray à appliquer et une lampe à UV. Il est actuellement testé et commercialisé auprès de vétérinaires équins. Une réflexion est en cours pour pousser le développement vers les chiens et les chats, mais là encore, il faut adapter la technologie aux caractéristiques de l’animal et des plaies.
Lauréat d’un prix avec l’Armée

Cohesives est égalementlauréat du dispositif DGA-Rapid (Régime d'APpui à l’Innovation Duale) de l’Armée française qui vise à soutenir les projets d’innovation portés par des entreprises tricolores de moins de 2.000 salariés. Dans ce cas, la société dijonnaise cherche à adapter son adhésif aux terrains de guerre, pour des soldats blessés par des brûlures ou des éclats. D’un montant d’1,5 million d’€, le projet bénéficie du financement Rapid DGA à hauteur d'un tiers.
Avec l’ensemble de ces démarches, Cohesives cherche à s’implanter dans un marché international actuellement occupé à 90 % par les Etats-Unis. L'entreprise effectuera une levée de fonds d’ici à un an avec l’objectif de récolter 5 millions d’€. De plus, elle cherche d’ores et déjà des laboratoires pharmaceutiques partenaires pour distribuer ses produits, en marques blanches.






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