Les Jeux Olympiques de l'an prochain prévoient d’accueillir 350.000 visiteurs en situation de handicap sur tout le territoire en France. L'événement représente une forte opportunité pour la plateforme dijonnaise Toolib qui met en ligne des logements et du matériel adaptés. Pour continuer à de se développer, la start-up vient tout juste de rejoindre le groupe « Paris&Co sport ».


La Ville de Paris veut faire des JO 2024 des jeux inclusifs et accessibles. Dans ce contexte, elle suscite la création de nombreux incubateurs pour lancer et accompagner les entreprises sur cette thématique. C'est ainsi qu'en novembre 2021, la dijonnaise Toolib a rejoint ce mouvement en intégrant l’accélérateur HUA (Handic’Up Acess) destiné à favoriser l’installation des infrastructures accessibles.

En fin d’année dernière, Toolib a franchi une étape supérieure en rejoignant Le Tremplin, plateforme d'innovation de « Paris&Co sport », qui vise à travailler des solutions innovantes pour rendre accessible la pratique sportive. La semaine dernière, le dirigeant de Toolib, Guillaume Boulaton, a participé au « kick-off » de « Paris&Co sport » qu’il considère comme un « accélérateur » de sa jeune entreprise. Cette évolution arrive à un moment stratégique après une levée de fonds qui a permis à Toolib d’obtenir 148.000€ du réseau régional de business angels BFC Angels et 300.000€ du fonds d’investissement familial du groupe Theos à Paray-Le-Monial (Saône-et-Loire).

 

Un « Airbnb » du monde handicapé

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Toolib met en relation des particuliers louant leur logement adapté à des personnes qui en ont temporairement besoin. © Toolib


Toolib est une plateforme de réservation en ligne de logements et de matériel adaptés.
Elle met en relation des particuliers louant leur logement adapté à des personnes qui en ont temporairement besoin. Un ergothérapeute vérifie l’accessibilité des habitations avant la mise en ligne des annonces. Mais au-delà, ou en complément du logement, la start-up intervient également pour proposer du matériel adapté, en passant notamment par Envie autonomie, une structure d’insertion qui reconditionne du matériel médical.

C’est au retour d’un voyage au Portugal que Guillaume Boulaton a décidé de créer sa société avec deux associés constatant que sa marraine en situation de handicap, ne pouvait voyager avec lui. L’idée lui est donc venue de mettre en relation les offres et les besoins, en logement et en matériel. Décalé pour cause de Covid, le projet a démarré en mai 2021, sur internet.

 

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L’application mobile pour Androïd a suivi, en décembre 2021. Aujourd’hui, avec 16 salariés (représentant 10 équivalents temps plein), la start-up recense 536 voyageurs pour 1.406 nuitées. La durée de séjour est importante puisque les personnes restent en moyenne 7,6 jours (contre 3 à 4 nuits pour les autres plateformes).

 

Un algorithme vertueux

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Guillaume Boulaton, dirigeant de Toolib, dans les locaux de la start-up, rue de la Liberté à Dijon. © Sabrina Dolidze


Le cœur d'activité de la start-up repose à la fois sur les compétences en informatique (Guillaume Boulaton est ingénieur informaticien de formation), le recensement des offres disponibles, mais aussi les besoins spécifiques en matériel des personnes handicapées. Le tout est rassemblé dans un savant algorithme pour générer le modèle économique de Toolib.

Pour l’entreprise, le marché de cet algorithme ne concerne pas uniquement le C2C (customer to customer) de la location adaptée entre particuliers qui risque de montrer ses limites, s'agissant du nombre de logements parisiens accessibles. Poussé par les JO, Toolib cherche donc de nouvelles solutions pour intervenir sur le marché de l’hôtellerie qui dispose de chambres accessibles.

 

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Bien que répondant aux normes, celles-ci ne sont pas toujours adaptées aux besoins spécifiques des personnes, alors qu’il s’agirait d’ajouter du matériel pour qu’elles le soient. Toolib deviendrait alors un intermédiaire invisible entre le client et l’hôtel, par le biais de son algorithme, au moment de la réservation sur le site de l'établissement. La start-up compte, dès lors, opérer un important recensement des logements accessibles qu’ils proviennent de particuliers, de gîtes, d’hôtels, ou encore de structures collectives dans les villes. 

 

BFC Angels, les anges des start-up 

BFC Angels est un réseau d'investisseurs (dirigeants, cadres, autres professionnels...) qui décide d’octroyer des aides financières et un accompagnement auprès de très jeunes entreprises, à vocation  d'intervention en amont des banques ou de gros investisseurs privés. En Bourgogne-Franche-Comté, le réseau apporte en moyenne 100.000 € par dossier retenu. France Ollier, la déléguée générale dans la région, réceptionne environ 60 à 70 demandes par an. Les dossiers retenus sont ensuite instruits durant 4 à 6 mois.

En réunion plénière, ce sont 60 adhérents  en Bourgogne-Franche-Comté qui décident d’apporter ou non un soutien personnel aux demandeurs. Au mieux, si l’activité décolle, ils peuvent récupérer leur argent en vendant leur part quelques années plus tard, au pire, ils auront aidé un temps une entreprise, qui peut faire faillite. L’aspect financier n'est pas le seul angle de vue des BFC Angels. « Ils veulent aussi apporter un soutien plus général, en mettant leurs compétences au service d'un projet » précise la déléguée générale. Ils réfléchissent actuellement à étendre leur activité aux reprises-transmissions. Ils interviennent également auprès de l’incubateur de BSB (Burgundy School Of Business).

Sur les deux années 2021 et 2022, 14 projets ont été soutenus dans la région, pour un montant cumulé d’1,5 million d’€. Trois secteurs ne sont pas concernés par l’aide : cafés-hôtellerie-restaurants (sauf les franchises), commerces de proximité et activités de consultants.

 

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