Philippe Girod, directeur de la Fonderie Thevenin, aujourd'hui filiale du groupe SAB.
Philippe Girod, directeur de la Fonderie Thevenin, aujourd'hui filiale du groupe SAB.

METALLURGIE. La fonderie jurassienne d’aluminium sous pression maintient bon la barre.

Philippe Girod, son imperturbable directeur, lui donne des couleurs et, ce qui ne gâte rien, un supplément d’âme.

En juin prochain, Thevenin fêtera une année d’existence au sein du groupe SAB qui n’hésite pas à investir dans de nouveaux moyens de production.

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Philippe Girod reçoit toujours avec un style, une décontraction et une affabilité toute orientale qu’il exprime à merveille pour avoir longtemps vécu en Asie et notamment dans la Cité-État de Singapour.

Le directeur de la fonderie Thevenin, implantée à Champagnole (Jura), prend par ailleurs un plaisir évident à faire aimer son entreprise longtemps familiale. Grâce à cet homme de 51 ans, l’entreprise survit à tout.

Et notamment aux crises à répétition, comme celle de 2008 qui lui a fait perdre près de la moitié de son chiffre d’affaires.

Adossée depuis le 29 juin dernier au groupe SAB (*), elle reprend du poil de la bête et devrait réaliser 13 millions d’€ de chiffre d’affaires cette année.

«Si 2013 risque d’être encore difficile, je pressens un rebond d’activité à compter de 2014», assure le dirigeant.

Que lui vaut pareil optimisme ?

«Les relations dans le monde industriel évoluent. Dorénavant, donneurs d’ordres et sous-traitants établissent de véritables partenariats avec de nouvelles règles du jeu», explique t-il.

Exemple de pièce finie fabriquée par la fonderie jurassienne.
Exemple de pièce finie fabriquée par la fonderie jurassienne.

L’obligation d’investir et d’innover

Encore faut-il savoir en permanence satisfaire une clientèle exigeante et qui n’a que l’embarras du choix dans un contexte très concurrentiel avec, notamment les opérateurs des pays de l’Est.

Sur ce terrain, la fonderie Thevenin s’en sort plutôt bien.

Créée, il y a 57 ans, elle développait au départ le process de fonderie par gravité et produisait des accroches de câbles pour les poteaux téléphoniques.

Jean-Jacques Girod, le père de Philippe, la rachète en 1970, la transforme en fonderie d’aluminium sous pression et la diversifie en fabriquant notamment des semelles de fer à repasser pour le groupe SEB.

Puis, il attire des constructeurs et équipementiers du monde automobile : GM, Bosch… «87% de nos productions actuelles relèvent de ce secteur», précise Philippe Girod.

La fonderie sait que sa pérennité viendra de l’innovation. Un programme destiné à accroître l’étanchéité des pièces de fonderie s’étale sur trois ans et dope le budget R&D (entre 5 et 11% du chiffre d’affaires).

Les équipements industriels, dont quatre fours à fusion (induction et gaz) sont aussi l’objet de soins.

Il faut surtout voir la salle à fonderie et ses 16 cellules, de 200 à 1200 tonnes de force de fermeture.

Chacune d’elle intègre un four, une machine sous pression, un poteyeur (**), un robot et une presse de découpe et débite sans discontinuer des pièces au dixième de millimètre.

Deux nouvelles machines viennent d’intégrer les ateliers et trois autres sont en passe de le faire pour un investissement global d'environ 3 millions d’€.

«Mais derrière toutes ces machines, il y a des femmes et des hommes et c’est avant tout cela la richesse de notre entreprise», confesse Philippe Girod, pas peu fier de montrer la toute nouvelle signalétique aux couleurs bleue et blanche du nouveau propriétaire.

Coulée d'aluminium.
Coulée d'aluminium.

(*) Fondé en 1975 par Jean Grosselin, le groupe SAB (700 personnes et plus de 80 millions d'€ de chiffre d'affaires) développe trois métiers : la fonderie aluminium, l'usinage et l'assemblage. Il possède un site en Bourgogne la fonderie Matour, à Matour en Saône-et-Loire, qui travaille l'aluminium par gravité.

(**) Le poteyage est l’action qui consiste à enduire une pièce d’un liquide protecteur qui facilitera son démoulage. Source : Wikipédia.

Crédit photo : Fonderie Thevenin

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