Métallurgie. La fonderie jurassienne d’aluminium sous pression revient de loin après une perte, au plus fort de la crise, de près de la moitié de son chiffre d’affaires. Philippe Girod, son dirigeant, lui redonne des couleurs et, ce qui ne gâte rien, un supplément d’âme.
Philippe Girod, 49 ans, vous reçoit avec style, décontraction et une affabilité toute orientale qu’il connaît bien pour avoir longtemps vécu en Asie.
Le directeur de la fonderie Thevenin, implantée à Champagnole (Jura), prend par ailleurs un plaisir évident à parler de son entreprise.
D’autant qu’elle revient de loin.
De 13,8 millions d’€ de chiffre d’affaires réalisé sur l’exercice 2007-2008 (clos en septembre), l’activité s’est contractée à 7,8 millions l’année comptable suivante. La crise financière qui s’est vite muée en récession économique explique cette situation.
Pour y faire face, l’industriel jurassien a limité le recours à l’intérim, réduit le temps de travail jusqu’à 32 heures par semaine, provoqué des départs anticipés, quelques licenciements aussi, et assuré un vaste programme de formation (180 000 €) de son personnel qui tangente la centaine de personnes.
Aujourd’hui, Thevenin reprend du poil de la bête et devrait réaliser 12,5 millions d’€ de chiffre d’affaires cette année. Presque l’équilibre ! «Je prédis en outre trois prochaines années florissantes», assure le dirigeant.
Que lui vaut pareil optimisme ?
«Les relations dans le monde industriel évoluent. Dorénavant, donneurs d’ordres et sous-traitants établissent de véritables partenariats avec de nouvelles règles du jeu», explique t-il.
Encore faut-il savoir en permanence satisfaire une clientèle exigeante et qui n’a que l’embarras du choix dans un contexte très concurrentiel avec les pays de l’Est.
Sur ce terrain, la fonderie Thevenin s’en sort plutôt bien. Créée, il y a 55 ans, elle développait au départ le process de fonderie gravité et produisait des accroches de câbles pour les poteaux téléphoniques. Jean-Jacques Girod, le père de Philippe, la rachète en 1970, la transforme en fonderie d’aluminium sous pression et la diversifie en fabriquant notamment des semelles de fer à repasser pour le groupe SEB.
Puis, il attire des constructeurs et équipementiers du monde automobile : GM, Bosh… «87% de nos productions actuelles relèvent de ce secteur», précise Philippe Girod.
Adossé depuis le début des années 2000 au groupe S3I, que dirige Rémy Laurent, figure industrielle du Jura et président de la CCI, l’entreprise sait que sa pérennité viendra de l’innovation.
Un programme destiné à accroître l’étanchéité des pièces de fonderie s’étale sur trois ans et dope le budget R&D (entre 5 et 11% du chiffre d’affaires).
Les équipements industriels, dont quatre fours à fusion (induction et gaz) sont aussi l’objet de tous les soins. Il faut surtout voir la salle à fonderie et ses 14 presses, de 200 à 850 tonnes de force de fermeture. Elles débitent sans discontinuer des pièces au dixième de millimètre.
«Mais derrière toutes ces machines, il y a des femmes et des hommes et c’est avant tout cela la richesse d’une entreprise», confesse Philippe Girod.

































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Très heureux de lire cet article en l'honneur d'une industrie champagnolaise florissante ! Félicitations et tous nos voeux de continuation pour ce programme d'expansion. Très fiers d'être champagnolais de longue date. Sincères amitiés.
Content de voir que des entreprises du Bassin d'Emploi de Champagnole innovent, se remettent en cause, ne baissent pas les bras (Comtois, rends-toi ! Nenni ma foi !) et surtout fassent vivre des dizaines de familles de notre belle contrée. Je souhaite longue vie à la Fonderie THEVENIN et à toutes les entreprises Champagnolaises, aux commerces, artisans... Un jurassien "expatrié vers la capitale" depuis trop longtemps.
Oui, bien sûr, sauf que pour cette entreprise métallurgique, l'outil industriel nous semblait bien plus parlant à montrer.
Toujours intéressant de (re)découvrir des savoir-faire. Est-il envisageable de compléter les articles avec une ou quelques photos de réalisations/produits significatifs ?
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