Face à la forte recrudescence de l’épidémie de Covid-19, depuis le 17 octobre, les tests antigéniques peuvent être pratiqués par les médecins, pharmaciens ou infirmiers. Leur gros avantage par rapport aux tests PCR : une rapidité de résultat et une fiabilité assez bonne. En Alsace, trois entreprises, la start-up Poly-Dtech, le laboratoire Toda Pharma et la biotech Biosynex qui fabriquent ces tests, sont sollicitées par une forte demande en France et en Europe. Mais ils en sont pas encore totalement made in France.


Ils ne jouent pas dans la même cour, mais tous ont leur carnet de commandes bien rempli : Poly-Dtech (4 salariés), Toda Pharma (25 salariés) et Biosynex (200 salariés). Ces trois sociétés strasbourgeoises fabriquent des tests antigéniques qui ont obtenu le marquage CE. Comme les PCR (test de diagnostic virologique), ces tests sont réalisés à partir de prélèvements dans les narines, à l'aide d'un écouvillon.

Mais ils présentent un gros avantage : le résultat est donné en 15 minutes. « Ils sont un peu moins sensibles que les tests PCR, mais ils permettent de détecter les personnes qui ont une charge virale importante. Du coup, on peut isoler ces « super » contaminateurs », explique Oren Bitton, le directeur commercial de Biosynex pour la France. Remboursés par la Sécurité sociale à 100% depuis le 17 octobre, ils permettent un dépistage à grande échelle, tout en désengorgeant les laboratoires d’analyse médicale.

 

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Biosynex qui commercialise ces tests depuis fin septembre, devrait en voir commercialisé 40 millions à la fin de l'année (5 millions en septembre, 15 millions en novembre et 20 en décembre). Son marché : les pharmacies, les laboratoires, les hôpitaux, les Ehpad (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes). L’entreprise a eu également des demandes en Europe (Italie, Espagne, Allemagne, Pays-Bas), mais elle privilégie le marché français. 



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La clientèle des fabricants de tests rapides Covid-19 est principalement hôpitaux et cliniques, pharmaciens et collectivités locales. © Toda Pharma

 

Chez  Toda Pharma, les ventes démarrées en septembre, s’élèvent à « plusieurs centaines de milliers ». Les tests sont commercialisés auprès des cliniques, des hôpitaux, des pharmacies, des collectivités territoriales et à l’export en Suisse, Belgique, Italie. D’ici à décembre, le laboratoire pharmaceutique souhaite en produire 100.000 tests.

Il dit aussi vouloir commercialiser un pack comprenant le test rapide « d’une excellente précision entre le premier et le septième jour après l’apparition des symptômes » et un test sérologique, afin de dépister les patients sur le court et le long terme.

 

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Quant à Poly-Dtech, elle a mis son test antigénique sur le marché seulement début novembre, mais a déjà reçu « plusieurs centaines de milliers de commandes », et anticipé un stock de produits conséquent. Ses clients sont des groupements de pharmacies, des distributeurs de matériel médical, des médecins, et des pays européens : Italie, Espagne, Portugal, Allemagne, Belgique…
La toute jeune société créée en mai 2019 par Loïc Charbonnière, expert en spectroscopie et Joan Goetz, docteur en chimie – le premier ayant été le directeur de thèse du second –, s'est installée sur le créneau du dépistage et de la détection précoce des maladies à partir d'une nouvelle technologie de nanoparticules.


Des relocalisations de production à court terme pour des tests en partie chinois

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Loïc Charbonnière, expert en spectroscopie (à gauche) et Joan Goetz, docteur en chimie, les co-fondateurs de Poly-Dtech, voudraient relocaliser la fabrication en France. © Poly-Dtech


Aucun des tests de ces trois fabricants n’est produit à 100% en France. Une partie du kit de test est réalisée en Chine, l’autre à Strasbourg.
Toda Pharma n’a pas souhaité nous indiquer le pays de production. Mais Biosynex et Poly-Dtech projettent de relocaliser toute leur production en France. « Nous y réfléchissons pour la fin de l’année ou début 2021. Nous avons trouvé un partenaire près de Lyon », annonce Joan Goetz, le cofondateur et dirigeant de Poly-Dtech.

« Nous parviendrons à une production 100% française de ces tests au premier trimestre 2021 », assure le directeur commercial de Biosynex.  Depuis mi-octobre, la biotech alsacienne commercialise également un test PCR 100% made in France. « Cela nous permet d’être moins chers que nos concurrents car il n’y a pas d’intermédiaires », précise Oren Bitton.

 

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Pour faire face à l’afflux de commandes, Biosynex a recruté 100 intérimaires pour l’assemblage, le contrôle qualité et la logistique. Sur son site à Illkirch, 2 millions d’€ avaient été investis pour la production des tests sérologiques de dépistage du Covid-19. Ce sont les mêmes machines qui sont utilisées pour produire les tests antigéniques. Son chiffre d'affaires va bondir cette année de 35 millions d’€ en 2019 à une centaine de millions.

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