Pour de nombreuses entreprises, la crise du Covid-19 a été l’occasion de s’essayer au télétravail ou de renforcer son usage. Le service en ligne de collaboration Atolia, développé par une start-up strasbourgeoise du même nom, tire son épingle du jeu en misant sur l’intérêt d’une solution nationale et souveraine face aux géants américains du secteur.


Les dix personnes qui composent la start-up strasbourgeoise Atolia n’ont guère le temps de lever le nez de leurs écrans depuis le début de la crise du Covid-19. Développant un service de travail collaboratif en ligne, l’équipe a connu un boom d’activité sans précédent, qui témoigne de l’intérêt de son produit. Il s’agit d’outils de communication - échange de messages privés, groupes de discussion thématiques -, de visioconférence et d’édition collaborative de documents.


« C’est vrai que la crise du Covid-19 nous offre un momentum idéal. Nous avons enregistré + 800 % d’inscriptions au service le premier jour du confinement, et avons accueilli plus de 1.000 équipes supplémentaires [Ndlr : des groupes de travail] pendant la durée de celui-ci », note avec fierté Guillaume Nominé, l’un des trois associés fondateurs de l’entreprise, avec Billy Shen et Kévin Abrantes.
Amplifiant encore ce mouvement, la solution de collaboration Atolia a été recommandée comme favorisant le télétravail par Cédric O, le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances et du ministre de l'Action et des comptes publics, chargé du Numérique.

 

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Atolia, il est vrai, ne manquait pas d’atouts pour séduire l’exécutif. Affrontant les géants américains du secteur, Slack en premier lieu, mais aussi Teams de Microsoft, qui s’inspire fortement du premier, Atolia propose une alternative française, et surtout sécurisée.
« Nos services sont hébergés au sein de trois datacenters situés en France, redondants pour la sécurité, et nous offrons la possibilité de déployer Atolia dans le cloud privé des entreprises. Ainsi, leurs données sont totalement hébergées sur leur propre réseau », décrit Guillaume Nominé. 
Le modèle économique distingue Atolia de la concurrence, qui propose gratuitement une version limitée de ses offres.

 Toute sa place dans une économie où les manières de travailler vont change

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Guillaume Nominé, l’un des trois associés fondateurs de l’entreprise, avec Billy Shen et Kévin Abrantes. © Atolia


Chez les Strasbourgeois, point de gratuité, l’accès mensuel est facturé 7 € HT pour les comptes standards. « Si un service est proposé gratuitement, il y a forcément un loup derrière. Nous préférons jouer carte sur table et mettre en avant notre proposition de valeur, qui intéresse essentiellement le B to B », analyse le dirigeant. Pendant la crise, Atolia offre cependant 3 mois d’abonnement. La solution collaborative française a séduit à ce jour plus de 150 entreprises, dont BNP Paribas et Eurotunnel, et plus de 7.000 équipes.

Discrétion de start-up oblige, Atolia reste secrète sur son chiffre d’affaires, se bornant à indiquer que celui-ci s’écrit à 6 chiffres et, qu’après une légère progression en 2019, il bondira en 2020. Atolia est né d’un projet d’étude nommé Scoledge et conduit au sein de l’Université de Strasbourg.
En juin 2019, la jeune société lève 700.000 € auprès notamment des Alsace Business Angels qui entrent au capital. Elle se dit prête à prendre toute sa place dans une économie où « les manières de travailler vont profondément changer, avec plus de place pour le télétravail entre des équipes plus fortement décentralisées. »


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Un service de collaboration, c’est quoi ?


Atolia, comme Slack ou Teams, propose à la fois des outils de communication – échange de messages privés, groupes de discussion thématiques –, de visioconférence et d’édition collaborative de documents. Ils permettent aux responsables de définir avec précision qui peut accéder à quoi, qui peut faire quoi au sein des équipes.
Atolia utilise des technologies web, principalement javascript et sa plateforme node.js, ainsi que des briques logicielles open source sur lesquelles reposent notamment les services de visioconférence.
L’équipe peut également développer des modules complémentaires pour ses clients afin, par exemple, de permettre une interconnexion avec d’autres services utilisés au sein d’une entreprise donnée. Près de 10 % de ses clients ont souscrit à cette offre de personnalisation haute couture numérique.

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