INNOVATION. La PME familiale de Masevaux (Haut-Rhin) mise beaucoup sur son dernier système innovant d’assemblage de courroies et de bandes transporteuses.

Il bénéficie d'ailleurs de plusieurs brevets.

Commercialisée depuis quelques semaines, l’innovation trouve du répondant auprès de l’industrie alimentaire, des aéroports, des producteurs de briques et de l’imprimerie.

L’automobile, elle, se creuse davantage la tête.

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Gagner du temps sur la maintenance fait partie des préoccupations récurrentes des chefs d’entreprise. Pour ceux - nombreux - qui utilisent des courroies de transmission, des courroies plates et des bandes transporteuses, Tanals présente des perspectives intéressantes.

«Nos innovations  permettent de remplacer des courroies en 15 minutes au lieu de deux heures dans l’automobile, ou par exemple encore en 10 minutes au lieu de 8 heures pour les détecteurs à rayon X des aéroports», annonce Pierre-Régis Frey, président et  directeur technique de Tanals.

La performance tient dans la jonction. L’entreprise familiale de Masevaux (Haut-Rhin) a mis au point des process et produits qui permettent la réalisation de courroies et bandes transporteuses ouvertes et non fermées comme précédemment.

En fait de jonction, il s’agit plutôt d’un emboîtement des deux bouts. «Du coup, pour changer courroies et bandes, il n’est pas nécessaire de démonter les composants d’une machine : capots, axes, poulies, tendeurs… Ce qui évite de faire appel à un intervenant extérieur», expose le dirigeant de la PME de 28 salariés.

Pour les bandes, un système existe : l’agrafe. «Mais par définition, l’agrafage peut abîmer la matière, ce qui n’est pas le cas de nos jonctions Ero», répond le dirigeant.

Celui-ci doit affronter le scepticisme sur la résistance mécanique des nouvelles jonctions : est-elle suffisante pour tout type de produit d’application ?

Oui, répond-il, «la forme de la jonction peut être adaptée si nécessaire pour augmenter la résistance mécanique et notre jonction est de même matière que la courroie ou la bande concernée».

Maintenance sans arrêt d’une chaîne

Tanals a choisi de protéger sa trouvaille par  quatre brevets, un cinquième est en cours de dépôt.

Commercialisée depuis quelques semaines, l’innovation a trouvé du répondant auprès de l’industrie alimentaire, des aéroports, des producteurs de brique et de l’imprimerie.

L’automobile, elle, se creuse davantage la tête. Tanals espère la convaincre avec l’argument-fort d’une maintenance possible sans arrêt d’une chaîne.

Ce secteur, où la PME n’est pas présente, représente bien sûr un fort potentiel de développement du chiffre d’affaires situé cette année  à 4,2 millions d’€.

Afin de concrétiser l’innovation en espèces sonnantes et trébuchantes, Tanals mise sur un partenariat rapproché pour sa  distribution avec ses clients Gates (États-Unis) et Esbelt (Espagne), leaders respectifs de la fabrication de courroies et de bandes transporteuses.

Elle-même fabrique aussi des courroies et bandes, essentiellement  en plastique : polyuréthane, PVC…

Cette matière a supplanté le cuir d’origine sous-entendu dans son nom : Tanals, fondée en 1936, signifie Tannerie Alsacienne.

Représentant de la 4ème génération de dirigeants, Pierre-Régis Frey a pris les rênes progressivement à partir de 2007, d’abord dans la technique, son domaine de prédilection - il est ingénieur mécanique -, puis complètement en fin d’année lorsque son père lui a transmis le flambeau des fonctions financières et commerciales.

Photos : Christian Robischon et Tanals.

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