poncage
Le ponçade, une opération manuelle qui requiert de la minutie. ©Christian Robischon.

 

MÉTALLURGIE/ ALSACE. Supra, c’est une marque qui s’est bien fait sa place sur le marché des poêles, cheminées et inserts. C’est aussi un vrai travailleur de l’acier.

La récente visite de l’usine de production d’Obernai (Bas-Rhin) organisée par l’Ademe Alsace ne laisse planer aucun doute à ce sujet.

 

Ici, on découpe la tôle, on la plie ou on la roule, on la soude, on la ponce, on la peint. Denis Schultz, le directeur de production de Supra, sait présenter avec pédagogie toutes les étapes de fabrication de l'usine d’Obernai (Bas-Rhin). « Nous transformons 2 500 tonnes annuelles de  tôle brute ou revêtue dont l’épaisseur va jusqu’à 6 millimètres. A partir de deux, nous recourons à la découpe laser. » Le plus récent de ces équipements a été acquis il y a trois ans pour 700 000 €. 

 

La plaque d’acier passe ensuite dans une matrice pour son pliage ou son roulage. Cette phase-là est l’oeuvre exclusive de la main humaine, car elle requiert une extrême dextérité. L’arbitrage homme/robot reprend ses droits à l’étape suivante, celle de la soudure. « Le choix entre l’un ou l’autre dépend de la nature plus ou moins spécifique de la pièce, du besoin d’une finition particulière, etc. », expose Denis Schultz.

 

Le ponçage, ensuite, se fait manuellement. Contrairement aux idées préconçues, la manipulation est ici tout sauf banale. L’opérateur qui passe sans encombre sa ponceuse sur les objets ronds force le respect.

 

Au stade de la peinture, l’entreprise alsacienne s’est dotée l’été dernier d’une cabine dernier cri à technologie à poudre, fruit d’un investissement de 300 000 €. Au montage enfin, elle repense son fonctionnement dans une logique de type lean management, de façon à limiter les stocks et à optimiser le circuit de ses quelque 20 lignes.

 

La fonte monte en puissance

 

soudagetpliage
Le soudage et à droite, le pliage de la tôle. ©Christian Robischon.

 

« Nous nous sommes réorganisés autour d’une préparatrice de commandes et d’un préparateur de bord de ligne. Un système de drapeaux rouge et vert donne ou non le top départ du montage sur une ligne donnée, au moment opportun. Nous sommes passés d’une logique "optimaux locaux" à "efficience globale" : chaque maillon de la chaîne de process accepte de perdre un peu de productivité pour faire gagner l’étape suivante en souplesse, en agilité », décrit Denis Schultz.

 

Ces nobles métiers ne couvrent pas l’ensemble de l’activité de Supra : les produits en acier représentent 40 % du volume total du fabricant. L’autre matière, c’est la fonte.

 

Prisée en GSB (grandes surfaces de bricolage), elle monte en puissance et Supra fait alors appel à des fournisseurs régionaux, notamment la Fonderie de Niederbronn (Bas-Rhin). Au total, Supra produit jusqu’à  50 000 poêles et cheminées par an. Son catalogue démarre vers 1 000 € pour l’offre disponible en GSB, jusqu'à 6 000 €.

 

banniere adhex

 

Le fabricant rajeunit son offre produits à vitesse grand V et aura procédé à son renouvellement complet dans trois ans.  « La gamme se renouvelle de plus en plus vite. D’objet un peu statutaire, le poële devient un mobilier qui se conserve désormais plutôt 8 à 12 ans que 25 ans comme par le passé », précise Nicolas Blenny, directeur marketing.

 

L’entreprise s’est souvent montrée avant-gardiste : elle a inventé la cheminée à foyer fermé en 1974, par exemple.  Mais ses 135 ans d’histoire n’ont pas toujours été un long fleuve tranquille, depuis que le quincailler Alexander Scheyen s’est mis à fabriquer des cuisinières dans son arrière-cour à Obernai. La Seconde Guerre mondiale l’a décimée.

 

Optimiser la ressource

 

montage
Montage des inserts. ©Christian Robischon.

 

Plus près de nous, les vicissitudes du marché et des actionnariats ont pesé sur son développement, voire l’ont contrecarré. Aujourd’hui, Supra et Richard Le Duff, la marque de poêles et cheminées haut de gamme acquise en 1988, repartent de l’avant. Le fonds Perceva a succédé il y a quatre ans à EDF qui avait racheté l’entreprise à ses derniers propriétaires familiaux en 2007.

 

Les 225 salariés ont réalisé un chiffre d’affaires de  44 millions d’€ l’an dernier. « Nous sommes pleinement engagés dans une démarche environnementale. Nous avons doublé les rendements de nos appareils en 15 ans sans augmenter la consommation de bois. Et travaillons à toujours améliorer la distribution d’air. Nous accélérons l’activité dans les poêles à granulés qui ont l’avantage d’optimiser la consommation de ressources.  Notre dernier produit atteint un rendement de 90 % », expose Nicolas Blenny.

 

L’ensemble de la gamme est estampillée "Flamme verte" : ce label attribué par le Syndicat des énergies  renouvelables (SER) avec le soutien de l’Ademe distingue les appareils de chauffage au bois qui combinent au mieux rendement énergétique et faible pollution.

Commentez !

Combien font "1 plus 4" ?