Leader mondial de la fabrication de machines textiles pour le traitement thermique des fils des tapis et moquettes, Superba s’ouvre à d’autres marchés grâce à sa dernière innovation, un robot noueur de bobines. Par ce biais, l’entreprise alsacienne espère aussi trouver de nouveaux clients en Europe.
Serge Munschi, le directeur général de Superba, l’affirme avec fierté : « Nous possédons désormais le produit pour réussir notre diversification. Et l’intérêt qu’il suscite auprès de nos prospects dépasse même nos attentes. » Cette innovation consiste en un robot, du nom de KR1, qui permet d’automatiser les nœuds de bobines.
« Jusqu’à présent, à la fin de chaque process, un opérateur devait nouer à l’extrémité du fil de la bobine, effectuer le contrôle qualité de celle-ci et la palettiser. Notre nouvel équipement amène à réaliser ces trois étapes », explique le dirigeant. Des installations pour la manutention et le contrôle qualité existent déjà, mais l’automatisation du nœud est une première. Superba a d’ailleurs déposé un brevet pour cette innovation.
Présenté en juin dernier au salon international de la machine textile (Itma) à Milan, KR1 a suscité un vif intérêt, et pas seulement auprès des fabricants de moquettes et tapis, les clients historiques de l’entreprise. Superba a été approchée par des fabricants de gazon synthétique, de pneus, de vêtements… L’industrie pneumatique utilise en effet des fibres textiles pour réaliser les armatures. « Beaucoup d’industries recourent en fait au textile, à un ou plusieurs stades de leur production », observe Serge Munschi.
Ce robot leur permet de réaliser plusieurs process en une seule étape et de diminuer la pénibilité du travail, car les bobines sont lourdes à déplacer. « C’est aussi une réponse aux problématiques de recrutement. L’automatisation de l’industrie textile est un vrai besoin. C’est grâce à elle que le textile pourra survivre en Europe », souligne Baptiste Trédan, ingénieur recherche-développement, l’un des inventeurs du robot KR1.
La nouveauté ouvre aussi à Superba la voie vers la diversification de ses marchés à l’export. Jusqu’ici présente en Turquie, Amérique du Nord, Chine, Inde, Egypte et Iran, l’entreprise engrange désormais des prospects en Europe plus proche. Mais pas en France : la société réalisé en totalité à l’export son chiffre d’affaires, situé en moyenne annuelle à 42 millions €. Une quarantaine de robots KR1 ont déjà été vendus aux Etats-Unis. « La technologie répond à un besoin d’automatisation dans les pays à fort coût de main-d’œuvre », analyse Serge Munschi.
Investissements massifs dans l’industrie 4.0
Superba est elle aussi confrontée à ce défi. Depuis 2015, date à laquelle elle a intégré le groupe belge Van de Wiele, ses investissements concernant l’innovation et l’automatisation ont été renforcés. « Notre usine est devenue très digitale. Ces transformations nous aident à faire face à la concurrence des pays de faibles coûts comme la Turquie », poursuit Serge Munschi.
La première phase en 2018 a concerné le changement d’ERP, et la construction d’un nouveau bâtiment afin d'installer un transtockeur de palettes de 14 mètres de haut qui permet un entreposage automatisé. Tous les flux de l’usine mulhousienne ont été réorganisés. Entre 2020 et 2022, le deuxième programme d’investissement a consisté à changer les machines d’usinage et à s’équiper de robots.
L’automatisation a débouché sur la suppression de l’équipe de nuit. Désormais, l’usine de 110 salariés tourne en 2x8. « Nous avons renforcé l’équipe de FAO (fabrication assistée par ordinateur) », précise le dirigeant.
Ces deux phases ont représenté un budget d’environ 10 millions d’€. Une troisième est prévue en 2025, au bénéfice de l’atelier de tôlerie. L’usine s’équipera de nouvelles machines de découpe laser, de machines de pliage automatique et de robots de soudure. Le budget nécessaire n’a pas encore été défini.






























.png)


















.jpg)









