Le fabricant de machines spéciales pour le contrôle et le remplissage des circuits de fluides dans l’industrie automobile a récupéré les anciens équipements de l’usine Stellantis de Sochaux (Doubs). Soderel réemploie leurs pièces détachées dans l’assemblage de nouvelles machines sur son site de Pont-Saint-Vincent (Meurthe-et-Moselle).


Mieux que le recyclage, le réemploi permet à Soderel de donner une seconde vie à des composants industriels qui auraient terminé leur parcours à la benne. A Pont-Saint-Vincent (Meurthe-et-Moselle), au sud de Nancy, cette PME familiale de 104 salariés (chiffre d’affaires annuel de 9 millions d’€) expérimente cette nouvelle manière de produire, plus durable, dans son activité d’assemblage de machines spéciales.

Ces équipements sont destinés aux constructeurs de voitures, de motos ou d’engins agricoles qui les utilisent pour contrôler l’étanchéité et remplir leurs circuits de fluides : freinage, refroidissement, climatisation, direction assistée, lave-glace, etc.

A l’extrémité d’un atelier, les anciennes machines de remplissage de l’usine automobile Stellantis de Sochaux (Doubs) sont patiemment désossées et leurs différentes pièces réparties selon leur usage : pompes, raccords, moteurs, câbles électriques...

Elles ont été fabriquées par Soderel ou par ses concurrents, et récupérées moyennant une remise financière sur la nouvelle plateforme conçue par la PME lorraine et installée courant 2022. « Nous ne sommes pas spécialement des militants, mais pourquoi investir dans du neuf, quand on peut réemployer l’ancien ? Nos équipements ont une durée de vie moyenne d’une quinzaine d’années. Or, certaines pièces peuvent fonctionner bien plus longtemps ! Réemployer un simple bouton pressoir constitue à la fois une source d'économie financière et un geste pour la planète », résume Maria Lopes-Ancel, la directrice générale de Soderel.

 

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La dirigeante est l’artisan du virage de cet ensemblier industriel vers le réemploi. Elle conduit vers une ancienne armoire de remplissage des réservoirs AdBlue, un liquide antipollution qui équipe les moteurs diesel récents. Un opérateur œuvre à son désossage tandis qu’un autre vient y récupérer des câbles électriques munis de leurs connecteurs. Ces composants rejoindront un équipement actuellement en cours de montage et à destination de l’usine Stellantis de Kénitra (Maroc).

Les pièces détachées issues du réemploi peuvent représenter de 10 à 30% des équipements d’une nouvelle machine spéciale chez Soderel. « Nous soumettons deux offres à nos clients. Ils ont la possibilité d’acquérir une version composée à 100% de pièces neuves, mais ses délais de production peuvent être rallongés en raison de difficultés d’approvisionnement. Ils peuvent aussi choisir une machine spéciale intégrant des pièces de réemploi. Cette dernière option est moins coûteuse, moins dépendante de chaînes d’approvisionnement internationales et bénéfique sur le plan du bilan carbone. Cela permet de répondre aux nouvelles préoccupations de nos clients en termes d’éthique, d’écologie et de RSE (responsabilité sociétale des entreprises) », poursuit la directrice générale.

Le réflexe « réemploi » doit cependant encore faire son chemin, aussi bien chez les clients qu’au sein des équipes de Soderel. L’aménagement récent de l’entreprise dans des locaux plus spacieux a, en tout cas, simplifié la mise en œuvre de cette démarche vertueuse mais gourmande en surfaces…

 

Etanchéité des batteries de véhicules électriques

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Des pièces issues du réemploi équipent une machine neuve, explique Maria Lopes-Ancel, directrice générale de Soderel. © Philippe Bohlinger


Contrairement à de nombreuses PME qui cherchent, non sans raisons, à réduire leur dépendance vis-à-vis de l’industrie automobile, l’entreprise détenue à 100% par Jean-Luc Ancel, époux de Maria Lopes-Ancel et cofondateur de Soderel en 1976, continue de se développer dans ce secteur. Son marché de niche offre davantage d’opportunités que ses deux autres activités : l’électricité industrielle pour laquelle Soderel intervient principalement en Lorrain, et la pressurisation des câbles de télécommunication en cuivre, un réseau progressivement remplacé par la fibre moins sensible aux risques de corrosion.

C’est ainsi que Soderel a embarqué il y a deux ans sur le marché émergent de la mobilité électrique dans le sillage du groupe Stellantis. « Avec le développement de cette filière, nous perdons certes le remplissage du réservoir de carburant, mais nous gagnons d’autres marchés, notamment celui des batteries », détaille Jean-Luc François, directeur technique.

 

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Soderel contrôle en effet l’étanchéité des batteries dans les usines d’assemblage en Europe. L'entreprise a ainsi décroché deux importants marchés durant le premier trimestre 2023 : le renouvellement de son contrat avec Stellantis pour la fourniture d’une vingtaine de bancs de contrôle supplémentaires, ainsi que le contrôle de l’étanchéité du couvercle en composite du pack batteries fabriqué par l’équipementier Forvia (ex-Faurecia). De quoi offrir encore de belles perspectives à la PME sur un marché composé de seulement huit à dix acteurs mondiaux.

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