SÉCURITÉ. Le numéro un français des extincteurs engage un plan social de grande ampleur dans sa seule unité de production française, implantée à Saint-Florentin (Yonne).

96 postes sur 154 devraient disparaître, soit plus de 62% de l’effectif.

L’industriel le justifie par un manque de compétitivité de ses produits, 20% plus chers que ceux importés.

Les syndicats et notamment la CGT dénoncent des licenciements boursiers, eu égard aux substantiels bénéfices réalisés.

Le comité central d’entreprise (CCE) de Sicli, qui s’est tenu jeudi 11 octobre dernier, laisse un goût plus qu’amer aux salariés de la seule usine française du numéro un français des extincteurs, implantée à Saint-Florentin (Yonne).

Depuis cette réunion, les représentants des salariés ne décolèrent pas envers leur direction qui compte supprimer 96 postes sur un total de 154.

«Encore un plan social de nature boursière avec en toile de fond la stratégie de faire disparaître toute production en France», dénonce Bruno Picard, secrétaire de l’Union départementale CGT de l’Yonne.

Le syndicaliste suspecte même à terme une forme de dumping social avec la délocalisation complète au profit d’un site polonais.

En 2005, le management de Sicli avait déjà réduit de 53 postes les effectifs sur Saint-Florentin, en raison du transfert en Chine de la production des cylindres des extincteurs.

«J’ai alerté le cabinet d’Arnaud Montebourg et nous avons bien évidemment demandé la nomination d’un expert», indique Bruno Picard.

Jolis profits

La direction d’UTC Fire & Security Services, filiale française de l’Américain UTC Climate, Controls and Security (groupe United Technologies), qui contrôle Sicli, mais également les sociétés Chubb (détection incendie) et Cofisec (formation à l’incendie), défend d’autres arguments.

«La crise qui sévit dans la construction entraîne une baisse significative des ventes», explique Emmanuel Vandermarck. Directeur du marketing et de la communication chez Sicli, il pointe par ailleurs une hausse de 80% de l’acier entre 2004 et 2011.

«Au final, nous manquons de compétitivité et nos extincteurs sont 20% plus chères que celles de nos concurrents avec leurs produits d’importation», résume t-il.

À l’issue de ce plan social, dont l’échéance théorique a été fixée au 21 décembre ne devrait plus rester sur Saint-Florentin qu’une petite production d’extincteurs au CO2 et un recentrage des activités sur le marché en croissance du recyclage.

«Une nouvelle fois, on sacrifie des femmes et des hommes au nom du seul intérêt mercantile des actionnaires», fustige Bruno Picard.

Quelques chiffres semblent lui donner raison. Le conglomérat d’outre-Atlantique United Technologies affiche 58,2 milliards de $ de chiffre d’affaires pour un bénéfice brut supérieur à 16 milliards de billets verts.

De son côté, d’UTC Fire & Security Services (2 600 personnes), qui ne communique pas ses comptes, a réalisé 347,3 millions d’€ de chiffre d’affaires en France en 2011 et dégagé un résultat net de 18,3 millions d’€.

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