TEXTILE. Rien ne prédestinait Claire Willem à lancer sa propre affaire dans la confection, sous le nom de L'escargot éduen.

D'abord étudiante en histoire de l'Art puis en cinématographie, elle débute sa vie active dans l'audiovisuel à Paris puis exerce comme caméraman à Montréal (Québec - Canada).

Se sentant finalement attirée vers le graphisme, c'est en autodidacte qu'elle découvre les ficelles de ce métier.

De retour en France, elle suit une formation de communication graphique à Beaune, décisive pour sa carrière.

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L'expérience débute pourtant assez mal : pendant son apprentissage, les stages qu'elle doit effectuer en entreprise la déçoivent. Nous sommes en 2008, début de la crise et l'étudiante découvre alors la réalité sociale comme la pénurie d'offres d'emploi.

Elle n'apprécie pas plus le cadre de travail au sein des agences de communication: «on ne nous laissait que peu de liberté créative et la communication entre les graphistes et le directeur artistique était, paradoxalement, très limitée». De ces constats, Claire Willem tire une force : celle de créer sa propre entreprise, sous le statut d'une affaire commerciale.

Cette aventure, la jeune femme (30 ans) la démarre seule, sans investisseurs et surtout sans expérience commerciale préalable. Elle commence par définir une idée directrice, celle de lancer une ligne de vêtements. À l'écoute des tendances du moment, elle est influencée par le célèbre logo «I Love NY», qu'elle adapte au folklore local. Ce sera «I Love Bourgogne».

«Je connaissais déjà le succès des produits À l’aise Breizh, mettant en scène avec humour des personnages de la Bretagne traditionnelle, mais l’équivalent bourguignon n’existait pas», précise la créatrice.

Claire se met alors en tête de créer un logo «fun» et épuré. Passionnée d'archéologie et fière d’être une enfant du Morvan, elle imagine un représentant typique de la gastronomie locale. Ce sera l'escargot, qualifié «d'éduen» pour bien marquer son enracinement dans le terroir. Le sympathique gastéropode ornera d’abord des T-shirts puis des sweats à capuche.

Mais au préalable, elle doit chercher des fournisseurs.

Le recours au e-commerce

Ne trouvant pas de T-shirts made in France, elle se résout à faire appel à des compagnies étrangères. Souhaitant rester le plus possible «dans un système de production local», Claire Willem réussit néanmoins à faire imprimer ses motifs dans une société dijonnaise.

La ligne de vêtements s’étoffe au fur et à mesure tout en gardant cet esprit «clin d’œil» et régionaliste décontracté. Des illustrations nouvelles apparaissent, les bébés ont même droit à un «Moutard de Dijon» baignant dans le fameux condiment local.

En bon chef d’entreprise, Claire cherche aussi la diversification : elle crée ainsi une gamme de tabliers et de mugs…

Petit à petit, notre entrepreneur(e) débutante réussit à convaincre les vendeurs sur les marchés de Bourgogne, ainsi que certains offices de tourisme, de présenter ses produits.

Elle structure en ce moment un plus large de dépôt-vente et mise également sur l'e-commerce, par le biais de son site Internet (http://www.escargoteduen.fr/)

Sur le terrain, ses clients varient selon les saisons: «mamies et jeunes bourguignons pendant les fêtes de Noël, lycéens étrangers au printemps et touristes du monde entier pendant l'été» Et c'est aux beaux jours, entre mai et septembre, que l'activité de la petite structure devient florissante (28 300 € de chiffre d'affaires en 2011).

Voilà un escargot qui devrait aller loin... Et peut être assez vite !

Crédit photo: Claire Willem

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