L’américain Schreiber Foods conditionne à Cléry-le-Petit (Meuse) les yaourts, fromages frais et desserts lactés de Système U. L’industriel a inauguré la semaine dernière les ateliers construits pour 85 millions d’€ dans le cadre d’un partenariat exclusif avec l’enseigne coopérative de grande distribution.

À Cléry-le-Petit (Meuse), l’américain Schreiber Foods met en musique un partenariat inédit avec Système U. Yaourts, fromages blancs, petits-suisses, desserts lactés, etc. L’industriel va y produire la totalité des produits ultra-frais commercialisés sous la marque de distributeur (MDD) de l’enseigne coopérative. À ces fins, 115 salariés ont été recrutés et 85 millions d’€ investis dans ce hameau de 200 âmes situé à 30 km au nord de Verdun. 
Dominique Schelcher, président de la Coopérative U et François Salamon, président de Schreiber Foods International, ont inauguré le 14 juin dernier, les nouveaux ateliers de production en présence de Gérard Léonard, président du conseil départemental et de nombreux élus locaux. L’investissement s’avère stratégique pour ce département agricole et rural où l’industrie agro-alimentaire pèse plus du quart des emplois industriels. Il a d’ailleurs été soutenu à hauteur de 2,25 millions d’€ par la Région Grand-Est et des fonds européens Feder.

 
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L’histoire a démarré il y a trois ans. Schreiber Foods reprend au groupe Bel l’usine de Cléry-le-Petit, mais aussi les caves d’affinage de Bar-le-Duc (Meuse) et de Maredsous (au nord du Parc naturel des Ardennes, en Belgique), ainsi que leurs 256 salariés. Dans la fromagerie de Cléry-le-Petit fondée en 1920, il poursuit la production de fromages à pâtes pressées (Port-Salut, etc.) en sous-traitance pour Bel. Parallèlement, le nouveau propriétaire engage en octobre 2017 la construction de 10.000 m² d’ateliers et investit dans quatre lignes de conditionnement pour servir le marché de l’ultra-frais. Un chantier piloté par Thébault Ingénierie (groupe Idec).
« Nos unités de production, très automatisées et polyvalentes, devraient nous permettre d’atteindre une capacité de 80.000 tonnes par an. Nous demeurons toutefois une petite usine par rapport à des acteurs comme Danone qui disposent de lignes dédiées par types de produits : yaourts, fromages frais et desserts lactés », éclaire Alain Foulgoc, directeur de projets chez Schreiber Foods. Le site, mis en service progressivement depuis avril dernier, alimente les deux plateformes Système U de Nanteuil-le-Haudouin (Oise) et de Savigny-en-Véron (Indre-et-Loire). Ces dernières livrent elles-mêmes huit bases régionales pour couvrir 1.600 magasins.


Le bénéfice du centre de recherche et développement européen de Schreiber Foods

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Un outil de production en grande partie dédié à l’enseigne System U. © Philippe Bohlinger



Dans un contexte d’essoufflement du marché de l’ultra-frais, François Salamon, président de Schreiber Foods se défend de vouloir créer des surcapacités industrielles. « Il s’agit de servir notre client Système U selon le modèle économique que nous avons développé avec succès en Espagne en partenariat avec l’enseigne Mercadona ». Les deux partenaires ont en effet signé un contrat exclusif de cinq ans renouvelable trois ans, une stratégie par laquelle Système U se distingue notamment de son concurrent Intermarché qui possède des usines en propre.
« Auparavant les MDD se contentaient de copier les grandes marques. Aujourd’hui, Système U invente ses propres produits, afin de répondre aux nouvelles exigences des consommateurs. Ce souci d’innovation apparaissait difficilement compatible avec notre organisation précédente appuyée sur trois fournisseurs distincts. Désormais, nous bénéficions du centre de recherche et développement européen de Schreiber Foods avec lequel nous avons mis au point 80 recettes », expose Dominique Schelcher, président de Système U. 

L’enseigne va par ailleurs labelliser l’ensemble de ses produits ultra-frais Bleu-Blanc-Cœur, un label nutritionnel indépendant qui vise notamment à améliorer la teneur en Oméga 3 dans l'alimentation humaine et à encourager un élevage plus respectueux de l’environnement (alimentation des vaches sans OGM, à base de graine sde lin, trois mois de pâturage minimum par an, etc.)


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Dans ce contexte, Schreiber Foods s’apprête à contractualiser avec quatre coopératives de producteurs laitiers locaux, afin de leur garantir un prix plancher pour l’achat du lait  (de 320 € les 1.000 litres) assorti d’une surprime de 30 € pour le respect du cahier des charges Bleu-Blanc-Cœur.
Le groupe assure que ses recettes ne comptent ni arômes artificiels, ni conservateurs. Et dit réfléchir à des solutions alternatives au polystyrène utilisé pour le conditionnement des yaourts. « Les pots en carton  demeurent controversés, car ils contiennent de la paraffine. L’utilisation de plastiques végétaux pose la question de la concurrence avec des cultures destinées à l’alimentation. C’est pourquoi nous planchons actuellement sur un matériau recyclable », glisse Stéphane Ringard, le directeur de l’usine.

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Dominique Schelcher, président de la Coopérative U (à gauche) et François Salamon, président de Schreiber Foods International lors de l’inauguration le 14 juin dernier. © Philippe Bohlinger

 

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Qui est le groupe Schreiber Foods ?

Le site de transformation laitière de Cléry-le-Petit constitue la première implantation en France du groupe américain. Arrivé en Europe par l’Autriche et l’Allemagne, Schreiber Foods a élargi ces dernières années son assise sur le vieux continent à la faveur notamment de la cession d’activités de Senoble ou encore de Danone.
Le groupe de 8.500 salariés (chiffre d’affaires de 4,6 milliards d’€), connu notamment pour fabriquer les tranches à fondre pour McDonald’s, conditionne essentiellement des produits lactés, mais pas sous sa propre marque. Ses 30 usines implantées dans 11 pays travaillent pour les distributeurs, les chaînes de restauration et les grandes marques.

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