Le marché de la voiture de collection est en bonne santé et les salons suivent la tendance, à l’instar du salon Auto Métro Rétro qui se déroule ce week-end des 29 au 31 mars au parc des expositions de Dijon. En vedette de cette 4ème édition, les véhicules de compétition et les marques Citroën et Mini qui fêtent respectivement leurs 100 ans et 60 ans. Selon la Fédération Française des Véhicules d’Époque, les nostalgiques des vieilles voitures génèrent un business estimé en France à 4 milliards d’€ par an.

Le marché de la voiture de collection se porte bien. Quasiment toutes les régions ont leur salon de véhicules anciens qui drainent des milliers de visiteurs. La Fédération Française des Véhicules d’Époque en a recensé plus de 6.500 en France. Ce week-end des 29 et 31 mars,  Dijon accueille le sien,  « Auto Moto Rétro » au parc des expositions à l’initiative de Dijon Congrexpo et de l’Automobile Club de Bourgogne. Environ 120 exposants, dont une quarantaine de clubs d’amateurs, souvent des bricoleurs dont la mission est de sauvegarder ce patrimoine, ainsi que des professionnels de la vente et de la réparation présenteront 400 véhicules dont une centaine de motos. L’édition 2018 avait accueilli près de 20.000 visiteurs.

« Parce qu’elles agissent comme une madeleine de Proust, ces belles mécaniques déclenchent un souvenir, la voiture du grand-père ou celle que l’on conduisait ou rêvait de conduire dans sa jeunesse », explique Gérard Cerles, délégué départemental du Dynamic Club Panhard et Levassor dont les 600 membres au plan national font revivre la doyenne des marques automobiles françaises, rachetée à la fin des années 1960 par Citroën.

 

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Les nostalgiques des vieilles voitures génèrent un business estimé à 4 milliards d’€ par an en France, selon la Fédération Française des Véhicules d’Époque. Entre les revendeurs, les mécaniciens, les vendeurs de pièces détachées ou encore les importateurs, le nombre d’emplois s’élèverait à 20.000. On compte plus d’un million d’immatriculations de véhicules anciens et 230.000 propriétaires, rares étant ceux qui se contentent d’un seul véhicule, par passion pour l’automobile ou la mécanique.
« Le mouvement explose ; la foule se presse dans les grands salons ; le dernier Rétromobile [ en février à Paris, Ndlr ] a battu un record de fréquentation avec 132.000 visiteurs et le nombre de professionnels qui y exposent augmente », commente Pierre Skrotzky, délégué régional de la Fédération Française des Véhicules d’Epoque (FFVE).


Un engouement pour des voitures plus récentes

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La Citroën Carbu Coupé de 1972 était pour l'époque un concentré de technologies avec un moteur V6 lui permettant d'atteindre 200 km/h.

L’argus des véhicules anciens suit la courbe inverse de celui des véhicules contemporains d'occasion, avec pour indicateur de prix les ventes aux enchères (Artcurial, RM Sotheby’s, etc.) et les échanges sur les sites spécialisés de petites annonces. D’après une récente étude du site www.interencheres.com, les prix de certaines Porsche ou Ferrari ont triplé en dix ans. Le prix d’une Citroën DS 23IE aussi, établi à 31.000 € en 2018 et celui d’une Citroën SM a doublé, à 25.000 €.
Mais il semble que la tendance à la spéculation, ravivée il y a une dizaine d’années, s’apaise. Les collectionneurs qui en faisaient un placement avec une promesse d’une plus-value rapide ont réalisé qu’une vieille voiture demande des soins et implique une utilisation régulière, faute de quoi la mécanique rouille et elle se déprécie rapidement.

 

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La rareté et le bon état des modèles ne font pas seuls le prix. Le marché du véhicule ancien suit aussi des modes. Selon les spécialistes, l’engouement pour des voitures plus récentes, datant des années 1970-80-90, a pris de l’ampleur. « Citroën CX, Peugeot 205, Renault Clio Williams, VW Golf GTi…, ces modèles qui ne suscitaient guère d’intérêt il y a peu sont désormais très recherchés. Cela conduit inévitablement à une hausse des prix de vente. » 
En plus du commerce des pièces détachées et de spécialistes de la restauration, le secteur de la voiture de collection attire aussi de nombreux professionnels de produits dérivés et accessoires vintage.

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Une Abarth 139 C de 1966 en provenance du musée de Savigny-lès-Beaune.
Voitures de compétition, la marque au chevron et la Mini

La 4ème édition du salon Auto rétro aura pour thème principal les véhicules de compétition, avec une cinquantaine de modèles qui se sont illustrés sur circuit, route ou en rallye. Deux anniversaires seront fêtés, les 100 ans de Citroën et les 60 ans de la Mini.

Les 100 ans de Citroën seront marqués par la présence d'une quinzaine de voitures – de la Rosalie de 1935 à l'Ami 8 – prêtées par des collectionneurs privés et des modèles présentés par L ’Aventure Peugeot Citroën DS, association de promotion des marques du groupe PSA qui gère aussi le Musée de l’aventure Peugeot à Sochaux et le centre d’archives de Terre Blanche à Hérimoncourt, également dans le Doubs.
Un plateau d'une vingtaine de Mini de différentes époques présentera les différentes version de cette voiture iconique avec ses 3,02 mètres de long et 1,40 m de largeur, produite sur châssis français à partir de 1960 par le constructeur automobile anglais du même nom qu’avait créé l’ingénieur grec Alec Issigonis, le père de cette petite voiture. Environ 5 millions d'exemplaires se sont vendus. Aujourd'hui, c'est le groupe allemand BMW qui la fabrique.

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La Rosalie de Citroën, construite de 1932 à 1938.

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La Mini Morris Travellers de 1966.

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La Ligier JS2 a participé aux 1.000 km de Dijon en 1973 dans le cadre du championnat du monde des voitures de sport et trois modèles ont fait, la même année, les 24 heures du Mans, dont une pilotée par Jacques Laffite et Guy Ligier.

 Photos fournies par les collectionneurs.

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