AGRONOMIE. Des bananiers et des palmiers d’huile au pied des Vosges !

Ce n’est pas encore l’effet du réchauffement climatique, mais celui de la notoriété internationale de la Sadef.

Ce laboratoire et centre de recherches en agronomie d’Aspach-le-Bas (Haut-Rhin) ne cesse d’étendre la géographie et la palette de ses références dans les analyses liées à la nutrition des plantes.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

La société traite en effet de nombreux sujets : fertilité d’un sol, risques potentiels de sa pollution sur les plantes, efficacité d’un engrais minéral ou organique, qualité d’un compost, conformité des boues aux règles pour leur épandage sur un champ…

Elle analyse dans ce but des terres, des matières fertilisantes, des végétaux, des eaux. Mais que du naturel, et surtout pas les OGM. Elle a travaillé sur plus de 45.000 échantillons l’an dernier.

Parmi ses atouts, elle renferme 16 types de terres dans autant de «box» différents, un véritable condensé de ce que la France compte de sols pauvres qu’il s’agit d’enrichir. Font appel à la Sadef des bureaux d’études, des chambres d’agriculture, des distributeurs d’engrais, et désormais les majors de l’eau.

Les plantes exotiques vont encore un peu plus pousser dans ses serres. Au milieu de l’an dernier, la Sadef a décroché un contrat avec le Cirad, un centre de recherche agronomique tourné vers les pays du Sud et basé à Montpellier (Hérault).

«Il représente un apport de revenus de 350 000 € par an sans limitation de durée, à comparer à notre chiffre d’affaires de 3,2 millions d’€ réalisé en 2011», souligne Sylvain Michel, le dirigeant de la Sadef.

Celui-ci voit l’horizon se dégager pour la société dont il a repris les rênes en 2008, au moment qui n’était pas le plus simple.

L’entreprise n’était pas encore complètement sortie d’une passe difficile où sa survie devait beaucoup à l’intervention de la société régionale publique Sodiv Alsace quelques années auparavant sous forme d’un prêt participatif.

60 ans d’histoire et de savoir-faire

Sylvain Michel était venu en Alsace depuis le Sud-Est dans les valises du Laco, un laboratoire d’œnologie qui lui a cédé l’entreprise après l’avoir repris à son premier et historique propriétaire, la SCPA, filiale des Mines de potasse d’Alsace.

La Sadef assume volontiers le lien avec l’ancien exploitant minier, dont la cigogne caractéristique de son logo trône toujours fièrement sur le fronton de l’immeuble principal qui fleure bon l’épopée industrielle d’antan.

«Notre domaine d’activités requiert du temps et de l’indépendance ET Nous nous donnons les deux. Nous inscrivons nos travaux dans la durée. Nous capitalisons plus de 60 ans d’histoire et de savoir-faire. Nos essais durent le temps qu’il faut pour offrir un résultat, certains de ceux en cours ont démarré il y a plus de dix ans», relève Sylvain Michel.

Revenue à l’équilibre en 2009, la Sadef améliore depuis ses bénéfices et elle s’est mise sur le chemin de la croissance. Le chiffre d’affaires 2011 a été en hausse de 12 %, la prévision 2012 se situe à 3,8 millions d’€, alors que l’activité se limitait à 1,8 million d’€ en 2004.

L’export représente un quart, grâce à une clientèle située notamment en Afrique et dans le Sud-Est asiatique. L’emploi suit aussi la courbe ascendante : l’entreprise a procédé à huit embauches en quelques mois pour passer à 45 salariés.

Crédit photo: Christian Robischon

Commentez !

Combien font "4 plus 5" ?