L’entreprise de Besançon qui connaît en ce moment des mouvements sociaux en raison de son rachat par un nouveau fonds d’investissement, s’incruste dans la vive concurrence des solutions d’open-payment avec une solution numérique qui renvoie le ticket de bus à la préhistoire.
Fabricant d’horodateurs historiquement implanté à Besançon d’abord sous le nom de Schlumberger, puis de Parkeon, Flowbird fait un nouveau pas en avant dans les solutions d’open-payment. Le Groupement des cartes bancaires CB vient de donner son agrément pour la dernière née, baptisée SESAME, qui va permettre son déploiement en France. Celle-ci renvoie le ticket de bus ou la carte d’abonnement au passé. On paie désormais son trajet sur simple présentation d’une carte bleue ou de son smartphone, à un valideur unique, mixte ou spécifique. Son précédent module permettait, via un mobile, de payer à distance son stationnement et d’en prolonger la durée.
Après Amiens, la première ville à l’avoir adopté l’été 2020, Edimbourg au Royaume-Uni, Perth en Australie et Monaco, les villes d’Avignon et d’Angers en seront bientôt équipées. La plate-forme numérique Ubitransport à Mâcon qui équipe notamment les bus scolaires en Bourgogne-Franche-Comté a annoncé qu’elle allait aussi l’adopter.
« Cette innovation de paiement sans contact simplifie l’accès aux transports en commun et offre aux usagers une expérience rapide, fluide et sécurisée » commente Philippe Laulanie, directeur général du Groupement des cartes bancaires CB qui, avec de plus de 100 membres à travers le monde (banques et établissements de paiement), se présente comme le système leader en France du paiement par carte et par mobile.
François Mottet, responsable des offres produits et de la stratégie de Flowbird énumère les avantages multiples au quotidien pour le passager : gain de temps, commodité, plus d'anticipation d’achat de billet et, non des moindres avantages, l’optimisation tarifaire. Le compte du voyageur n’est en effet débité qu’à l’heure de fin de fonctionnement du réseau emprunté. Le montant dû est alors calculé et facturé en forfait jour ou en forfait abonnement d’après le nombre total de voyages effectués dans la journée.
Pour l’opérateur de transport, poursuit François Mottet, « l’intérêt réside dans la réduction des coûts en termes d’émission de titres de transport physiques notamment et l’augmentation de la vitesse commerciale. » Pas de temps « perdu » à vendre les billets et rendre la monnaie, et fini la fraude !
Trois acteurs de la billettique à Besançon

C’est à Besançon que cette application a été conçue et développée dans les bureaux R&D du parc La Fayette qui emploie 550 personnes sur les 1.300 répartis entre le siège à Paris et ailleurs dans le monde. Pour le premier employeur privé de Besançon, comme pour les autres sociétés présentes également dans la cité comtoise sur le créneau de la smart-mobilité, telles que Kuba (ICM Mobility) ou Vix Technology, le chantier de l’open-payment est immense.
A court et moyen terme, Flowbird se dessine des perspectives d’augmentation du chiffre d’affaires (320 millions d’€ en 2020) et de création d’emplois dès 2022. Avec les deux tiers de son activité dans le stationnement, l’entreprise revendique le leadership avec 70% du marché mondial et une présence dans 4.300 villes de 80 pays, dont de grandes capitales comme New York, Hong Kong ou Paris.
Pour l’heure, le rachat récent par le fonds nord-américain Searchlight Capital Partners, qui succède au précédent Astorg, mobilise les employés de l’usine de Besançon qui demande à être intéressés à la plus-value. Jeudi 21 octobre, ils ont reçu le soutien d’Anne Vignot, la maire de Besançon qui a adressé une lettre au président Macron pour « dénoncer les risques liés au rachat d’une entreprise par des fonds d’investissement. »
* Flowbird : « nuée d’oiseaux », image symbolisant la volonté de faciliter les déplacements individuels tout en fluidifiant les flux urbains





















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