Automobile. L’usine PSA de Mulhouse retrouve de la visibilité. Son équipe de nuit de 625 personnes est prolongée jusqu’aux congés d’été. Merci Citroën.

Ce n’est pas que l’usine naviguait à vue, mais à entendre, fin 2010, Jean Mouro, son directeur, parler d’une visibilité d’un à deux mois n’était pas du plus rassurant.

La fin de la prime à la casse le taraudait alors. Deux petits mois après, changement de discours et traduction dans les faits.

L’équipe de nuit dédiée aux Citroën C4 et DS4 qui aurait pu s’arrêter au début du printemps prochain poursuivra sa route jusqu’à fin juillet au moins, a récemment appris le comité d'entreprise.

Motif 1 : la nouvelle C4 lancée cet automne a redonné le tonus qu’avait perdu la première version vieille de six ans.

Motif 2 : la DS4 attendue dans les concessions ce printemps suscite déjà l’intérêt des futurs acheteurs, au point de réclamer la production d’exemplaires à la pelle.

En outre, les deux modèles Peugeot du site, la 308 et la 206+, se défendent bien, eux aussi.

Pour preuve, leur «demi-équipe» de nuit de 400 salariés joue également les prolongations jusqu’à fin mars, une décision prise fin 2010. Mais elle devrait en rester là.

Niveau exceptionnellement élevé des contrats précaires

Succès des nouveaux modèles, résistance des «anciens», exclusivité de certaines productions et promesse de nouveaux lancements à court terme : le cocktail gagnant n’est pas sans analogie avec la voisine Sochaux, qui conjugue avec bonheur le démarrage en trombe des 3008 et 5008 à la bonne tenue de la 308.

Tout ceci mis bout à bout amène l’usine de Mulhouse à une production quotidienne de 1.655 véhicules (*).

Elle peut dire que la crise est derrière elle, puisque ce chiffre lui fait retrouver les niveaux d’avant l’automne 2008 de sinistre mémoire pour l’industrie automobile.

Côté syndical, on se réjouit.

«C’est une très bonne nouvelle, qui rend optimiste pour les six mois à venir et même au-delà. Avec les perspectives de nouveaux modèles qu’on nous trace, on est partis pour plusieurs années à haut régime si tout se passe bien», estime Patrick Schorr, le responsable de la section FO.

Pour les représentants du personnel, il y a quand même un mais : le niveau exceptionnellement élevé de contrats précaires, supérieur de plusieurs centaines à celui de Sochaux, soit 2.400 (un peu plus de 2.100 intérimaires, le reste en CDD) à comparer à un effectif permanent de 8.600 salariés.

Les syndicats souhaitent voir rouvrir le robinet des embauches qui a trop coulé au compte-gouttes selon eux : 250 recrutements en CDI entre l’automne dernier et le printemps prochain.

Il est peu probable que quelque chose se débloque avant le comité central d’entreprise de mai.

(*) Sur le site PSA de Sochaux l'activité se porte aussi plutôt bien. Grâce aux modèles 3008 et à la 5008, le plus important site automobile d'Europe, compte produire plus de 400 000 véhicules cette année. Pour la première fois de son histoire, une Citroën : la DS5 sera assemblée sur place et ce, malgré la saturation actuelle des lignes. "Oui, mais c'est essentiel pour nous d'avoir cette voiture car elle nous permettra dans les deux à trois ans de lisser notre plan de charge, entre les modèles vieillissants et ceux qui montent commercialement, comme je l'espère la DS5", argumente Jean-Philippe Jombart, le directeur de l'unité sochalienne.

De son côté, la CGT s'inquiète de l'avenir de l'usine de mécanique de PSA Sochaux. La direction étudie le transfert de la fabrication des amortisseurs de la remplaçante de la 308, connu sous le nom de code de T9 et programmée en production pour 2013, de l’usine de mécanique (UMS) du site (600 salariés) vers un fournisseur extérieur.

Crédit Photo: Sébastien Randé.

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