INDUSTRIE DU BATIMENT. Spécialiste de l’enrobage de profilés, la PME de Cernay (Haut-Rhin) mise sur l’innovation pour échapper à la pression de la concurrence à bas coûts.

Quelques mots en Alsacien pour vous accueillir : Denis Kipfer met tout de suite dans l’ambiance d’un défenseur de la culture régionale et du bilinguisme franco-allemand.

Ses convictions, le dirigeant d’entreprise et ancien élu local n'a jamais hésité à les exprimer, parfois dans un style brut de décoffrage qui n’a pas toujours plu. I

ll traduit en tout cas une inquiétude sincère, notamment sur la perte d’usage de la langue allemande «qui peut nous diriger droit vers une catastrophe économique».

La langue de Goethe, lui-même ne manque pas de la pratiquer et il vaut mieux dans le domaine d’activité de son entreprise, où matériels de fabrication et produits se conjuguent souvent en allemand.

Créée en 1995, Profiline œuvre dans l’enrobage à façon de profilés aluminium pour application sur des portes, des fenêtres, des coffres de volets roulants...

De façon classique, son revêtement est constitué de films plastiques, mais la concurrence à moindres coûts sévit. Elle oblige donc la PME de 19 salariés à se démarquer. Elle le fait selon deux directions : la tri-dimension et de nouveaux enrobages.

A partir de 2009, Profiline a développé une offre de décoration 3D selon un procédé unique en Europe. Elle permet d’habiller des portes de garages, des mains courantes, des pièces de jonction de planches de rive…

«Ces produits-là font partie de notre gamme habituelle. La décoration 3D nous apporte par conséquent des marchés complémentaires, chez le même client. Cette activité de valeur ajoutée ouvre aussi des portes à l’export», expose Denis Kipfer.

Un brevet pour un enrobage en inox

Deuxième étape, objet d’un brevet, Profiline a mis au point un enrobage plus noble, avec un feuillard en inox, matière qui allie esthétique du toucher et résistance. Un premier marché a été décroché pour la Scandinavie.

«Les traductions réelles en chiffre d’affaires interviendront en 2012»,  prévoit Denis Kipfer. Le dirigeant table l’an prochain sur une progression du chiffre d'affaires à 2,4 millions d’€, en attendant mieux encore en 2013.

En 2010 et 2011, avec une stabilité à 2,15 millions d’€, l’effet de la crise économique a été contenu, mais bien réel tout de même. Les exercices 2009 et 2010 ont été légèrement déficitaires, celui de 2011 dégagera un  "petit" résultat.

Pour repartir résolument de l’avant, Profiline mise sur son atelier de menuiserie interne et la qualité de ses équipements dans lesquels il a investi près d’1 million d’€ entre 2008 et 2010 (notamment une ligne originale de thermogainage) et qu’il compte encore renforcer.

Par ailleurs, la PME entend réactiver le levier de l’export : «Il représente 30 % de l’activité actuellement, alors qu’il a atteint jusqu’à 77 % par le passé. Il faudra donc nous organiser pour l’international», souligne le dirigeant.

Profiline fait partie des lauréats des Trophées 2010 de la CCI Sud-Alsace-Mulhouse. Lire à ce sujet : Agrivalor, transformateur vert pour l'agriculture

www.profiline.fr

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