MACHINES-OUTILS/FRANCHE-COMTÉ.  La petite entreprise implantée sur le parc La Fayette, à Besançon, vient de livrer une ligne de production complète au groupe européen Schneider Electric, l’un de ses clients historiques avec le suisse ABB, le français Legrand ou le brésilien Weg.

Ce contrat de 2,3 millions d'€ a nécessité 27 mois de travail.

 

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Maquette d'une ligne de découpe, soudage et rangement pour un fabricant de disjoncteurs.

 

En ce mois de juin, Marcel Becker rencontre des clients à Ryad et au Brésil. En juillet, il ira à Shanghaï. Après l’Allemagne, la Hollande ou l’Espagne, Pressmac passe au grand export et suit ses clients européens sur les lointains marchés émergents. Au Brésil, elle termine une commande de deux équipements sur trois ans, pour un contrat de 2 millions d’€.

 

60% du chiffre d'affaires hors de  France

 

Née en 1993 dans l’un des fiefs du découpage, l'entreprise implantée sur le parc La Fayette, à Besançon, réalise aujourd’hui à l’export 60% d’un chiffre d’affaires de 5,6 millions d’€ en 2014. « La logistique ? Ce n’est pas compliqué, on assure le suivi de nos machines grâce aux outils Internet. Allemagne, Inde… quel que soit l’endroit où elles se trouvent, on prend la main », assure le dirigeant-fondateur de Pressmac.

 

Face à un concurrent allemand pesant 900 salariés, la petite entreprise indépendante n’a pas de complexe, dégage des bénéfices et connaît une croissance régulière. Elle emploie une vingtaine de personnes dont une bonne moitié sortie des établissements locaux :  lycée Jules Haag, ENSMM ou lycée professionnel Montjoux, où après leur période d’alternance, leur formation ayant été peaufinée en interne pendant cinq ans.

 

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Pour développer ses marchés à l'international, Pressmac est présente sur des salons, comme Blechexpo, spécialisé dans le travail de la tôle à Stuttgart ,en Allemagne, où elle sera en novembre.

 

Car il faut du temps pour former un bon technicien de bureau d’études. Le credo de Pressmac : concevoir, monter et tester des machines-outils et des lignes de production pour l’industrie, l’électro-technique, l’automobile… « Notre spécialité, c’est le travail des bandes que les industriels veulent découper, plier, souder, tarauder… Dans le bassin franc-comtois, il y a beaucoup de découpeurs qui constituent 10 à 20% de notre clientèle », poursuit Marcel Becker. 

 

Le choix du numérique

 

Très vite après la création de l’entreprise, Pressmac avait fait un choix stratégique : celui de la technologie numérique. « Nous avons développé beaucoup de nouveaux modules alors que notre concurrent allemand hésitait. Du coup, nous l’avons devancé et aujourd’hui nous ne sommes pas en retard, nous les talonnons dans 25% de leur activité. »

 

La société bisontine bénéficie du Crédit impôt recherche et consacre 8% de son chiffre d’affaires au développement de nouveaux produits. Ainsi, PressMac a développé un vrai savoir-faire sur des machines numériques à coulisseaux multiples ou encore sur des têtes de soudage pour contacts électriques sur bandes. « Nous sommes spécialisés dans des lignes de process techniques pour des sous-ensembles complets, et notamment pour l’électrotechnique », assure Marcel Becker.

 

Le travail de PressMac démarre avec la pièce ou le composant d’un client dont il va falloir imaginer le process d’automatisation. Usinées par Vienot Mécanique, un sous-traitant de Thise - dans l'agglomération de Besançon -, dont Pressmac est l’un des principaux clients, les pièces sont assemblées dans le premier hall de l'atelier, puis la machine est mise au point dans le deuxième, avant d’être testée dans un troisième, puis installée chez le client.

 

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80 pièces complexes par minute

 

Le coût d’un équipement varie entre 200 000 et 2 millions d’€, pour une livraison entre six mois et deux ans. Ces derniers jours, l'entreprise a livré à Schneider Electric une ligne de process pour contacts électriques de disjoncteurs destinée à son usine grenobloise. 

 

« Ce client historique nous a fait évoluer », confie le dirigeant. « Notre bureau d’études s’est construit un socle d’expérience au fil des ans. Cette machine, c’est la plus complète jamais conçue, avec de grosses caractéristiques techniques. »

 

La ligne, en effet, explose tous les compteurs : longue de 30 mètres, elle permettra de fabriquer 80 pièces complexes par minute et a nécessité 27 mois de travail. Un technicien Schneider est venu pendant 7 mois pour la tester, vérifier, contrôler et lancer les premières productions, avant son installation à Grenoble.

 

Sa mission : transformer une bande de cuivre en pièce de disjoncteur, en passant par des opérations de prédécoupage, découpage, soudage argent, redécoupage, pliage, séparation et jusqu’au conditionnement. Ce bijou de technologie, vendu 2,3 millions d’€, illustre tout le savoir-faire maison.

 

dirigeant_3Qui est Marcel Becker ?

 

Avant de créer PressMac en 1993 avec Philippe Delacroix qui est toujours de l’aventure, Marcel Becker avait déjà une belle expérience de la construction des machines-outils. Il avait peaufiné son expérience en Franche-Comté puis en Allemagne, pendant quatre ans, jusquà ce que lui vienne l’envie de lancer sa propre société.

 

Aussi à l’aise dans la langue de Shakespeare que dans celle de Goethe, il tient à ce que ses salariés s’impliquent dans les projets, de la prise de commande jusqu’à la mise en route chez le client.

 

Comme l’export représente plus de la moitié de l’activité, tout le monde est invité à apprendre l’anglais. « Sur la vingtaine de salariés, il y a toujours 8 ou 9 personnes en cours de langues », assure le dirigeant. « Même si, pour une petite entreprise, cela a un coût, mais c’est important. »

 

Chez PressMac, l’âge moyen est de 35 ans et les horaires sont libres, pourvu que le travail soit fait et bien fait. « Les salariés sont très autonomes dans leurs tâches, chacun travaille avec des objectifs », assure Marcel Becker. Chacun suit son projet jusqu’au bout, traite ses aspects administratifs et techniques et, lorsqu’il est nécessaire d’aller installer une machine ou une ligne de production au Brésil, comme ce fut le cas en ce printemps 2015, il sera du voyage. Motivant !

 

Photos fournies par l'entreprise.

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