Pascal Denis, PDG de Vernet Behringer, explique les raisons de son adossement complet à son partenaire d’outre-Rhin et presque homonyme : Behringer. Il s’agit ici d’une entente voulue, comme partagée, dans une conjoncture économique très particulière et liée à la préservation du savoir-faire unique de l’entreprise dijonnaise.


Petite précision historique liminaire : si l’industriel Vernet Behringer, dernier fabricant français de machines-outils pour les charpentiers-métalliques, pylôniers et serruriers-métaliers, porte aussi le nom de son repreneur : l’ETI allemande Behringer, c’est parce que cette dernière possédait depuis 1996, 44% du capital.
Lorsque Pascal Denis, Lionel Roblin et François Rossignol, tout droit sortis de Cermex, spécialiste de la machine d’emballage, rachète l’entreprise fin 2004, ils ont pour actionnaire minoritaire ce fabricant d’outre-Rhin de scies industrielles pour métaux ferreux et non ferreux.


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L'industriel allemand souhaite à l’époque rester et apporter son appui commercial. « Pendant quinze années, nous les avons associés à toutes nos décisions et cela crée des liens forts, à l’aune d’une confiance réciproque », explique Pascal Denis, PDG de Vernet Behringer.
Aussi, lorsque qu’un retournement drastique de conjoncture, hérité à la fois du marché et de la pandémie actuelle, pénalise trop fortement l'entreprise dijonnaise, la solution évidente, autant que logique, est de s’adosser complètement à  son partenaire allemand.

 

Changement de paradigme

« Christian Behringer, dirigeant de l’entreprise qui porte son nom, fondée en 1919 et toujours propriété de la même famille, m’a dit : conservez tous vos meilleurs éléments, poursuivez vos efforts d’innovation, nous allons rebondir. C’est dire qu’il n’achète pas des pertes, mais un savoir-faire et une équipe », argumente Pascal Denis.

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Ligne automatisée de perçage, fraisage et sciage pour profilés, installée en Allemagne chez Behringer. © Vernet Behringer

Sous capitalisée comme nombre de PMI françaises (*), de ce fait fragilisées en cas de retournement de conjoncture, Vernet Behringer souffre évidemment de la crise sanitaire, mais également d’un marché du BTP de la construction métallique très atomisé et hyper concurrentiel.

 

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« Nous avons été précurseurs dans l’automatisation très poussée des équipements de notre secteur pour un travail en temps masqué, avec une R&D maison qui pèse jusqu’à 4% de notre chiffre d’affaires, épaulée en partie par le crédit impôt recherche (CIR). Mais il est très long et très coûteux d’ouvrir une voie nouvelle dans laquelle ensuite s’engouffrent tous vos concurrents », constate le PDG français.

Aujourd’hui, Pascal Denis a le sourire. La PMI bourguignonne va être recapitaliséeet un travail conjoint avec Behringer permettra de mutualiser les achats, d’usiner en commun et de co-développer dans le domaine environnemental.
Le dernier des Mohicans français renaît avec l’appui d’un partenaire allemand : une alchimie qui peut inspirer…

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© Traces Ecrites

• Vernet Behringer, installée dans la zone industrielle Cap Nord à Dijon, emploie 100 personnes et réalise 20 millions d’€ d’activité, dont la moitié à l’international (Allemagne, Russie..., ) avec une grosse cinquantaine d’agents.
• Behringer Gmbh, implanté à Kirchardt (Bade-Wurtemberg) est un spécialiste de la scie industrielle pour métaux ferreux et non ferreux et atteint les 70 millions d’€ de chiffre d’affaires en s’appuyant sur une équipe de 450 collaborateurs et des filiales en Allemagne, France, Grande-Bretagne, USA et Chine.

(*) Le plan de relance gouvernementale ne prend qu’en partie en compte ce mal économique français endémique.

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