POINT DE VUE. La Fondation Transplantation est sur la sellette en Alsace.

Cette structure basée à Dijon (1) est considérée comme à l’origine du dépôt de bilan récent de sa filiale Forenap, pour ne pas avoir injecté les fonds jugés nécessaires à son développement.

Basé à Rouffach (Haut-Rhin), ce centre de recherches est réputé pour les maladies du système nerveux central et emploie 120 salariés.

Mardi 7 février, les employés ont manifesté pour dire leur inquiétude face à une trésorerie qui se réduit comme peau de chagrin et à l'absence, à ce jour, de candidat repreneur.

Le directeur général de la fondation, Olivier Baron, expose les raisons de sa décision.

A partir de mi-2011, les actionnaires de Forenap, dont la Fondation Tranplantation, majoritaire, ont été sollicités par les dirigeants pour qu’ils apportent 2,5 millions d’€ de nouveaux fonds. Vous avez refusé. Pourquoi ?

La décision a été prise de concert par l’ensemble des actionnaires : nous-mêmes détenteurs de 62 %,  CDC Entreprises (groupe Caisse des dépôts), la banque CIC et le fonds alsacien Airfi qui étaient entrés à l’occasion d’une précédente levée de fonds en 2009, ainsi que le fondateur et ancien dirigeant de Forenap, Rémy Luthringer qui conserve 5 %.

Elle n’a pas été prise de gaieté de cœur, ni sans avoir pris le temps de donner toutes ses chances à l’entreprise. Nous sommes allés le plus loin possible de ce que nous pouvions faire.

Après deux mois de discussions, nous avons reçu le 20 septembre un projet de business plan que nous avons fait analyser par le cabinet comptable Ricol & Lasteyrie - celui de René Ricol (2) -, car il ne nous semblait pas suffisamment clair.

Le rapport d’expert a confirmé notre impression d’un prévisionnel excessivement optimiste, irréaliste. Forenap programmait pour 2012 le retour du chiffre d’affaires au niveau des années passées, soit près du double de 2011, exercice difficile, mais avec un nombre de contrats revu à la baisse. Après quelques discussions postérieures, nous avons décidé le 1er décembre de ne pas donner suite.

Les actionnaires ont le sentiment que le seul apport de fonds ne suffit pas. Forenap a besoin d’une restructuration plus profonde.

Sur quelles activités Forenap doit-elle se concentrer ?

Son cœur de cible est constitué des essais cliniques de phase 1, pour lesquels il existe un besoin en France : trop peu de molécules sortent des laboratoires. Forenap devrait se focaliser sur eux.

L’autre recentrage concerne la clientèle, par une orientation résolue vers des contrats pour de grands laboratoires pharmaceutiques. Dans l’environnement mondialisé marqué par la baisse des essais où il évolue, le centre doit travailler avec les plus gros.

Aujourd’hui, sa palette d’activités et son portefeuille clients semblent trop diffus.

La période de redressement judiciaire s’est ouverte le 10 janvier, pour six mois. Forenap recherche en priorité un autre repreneur. Allez-vous présenter un plan de continuation ? Avec quelle réduction d’effectifs ?

Il faut que l’administrateur judiciaire (Me Claude-Maxime Weil) se forge son idée. Nous souhaitons bien sûr la pérennisation de l’entreprise. Forenap est une très belle société, au savoir-faire reconnu, qui a toute sa place sur son marché.

(1) Fondation Transplantation est une fondation d’utilité publique créée et toujours présidée par l’industriel alsacien Robert Lohr. Elle soutient la recherche médicale dont les essais cliniques dans des thèmes en rapport avec son objet et dans d’autres (maladies cardiovasculaires, neurologie…).

L’essentiel de ses ressources (50 millions d’€) et de ses effectifs (500 personnes) viennent des 20 établissements de santé qu’elle gère : des centres de dialyse dans l’Est et en région parisienne, ainsi que la clinique Devron à Dijon.

A noter que la Fondation lance un appel aux entreprises pour financer des thèses sur la suppléance des fonctions vitales. Leur apport sera éligible au régime fiscal du mécénat d’entreprise.

(2) René Ricol est commissaire général à l'investissement, chargé de veiller à l'emprunt national sous l'autorité du Premier ministre.

8 commentaire(s) pour cet article
  1. Fabiendit :

    Bonjour, triste fin pour FORENAP, bouffé par ces cols blancs. Quand est il aujourd'hui ? Quelqu'un a repris les bâtiments ? Le concept ?

  2. Bilandit :

    Eh bien.....Finalement, plainte au Procureur sur la gestion de FORENAP par la Fondation, ...Je crois bien que Boris et Alex sont bien naïfs....quant à la Fondation non pas concernant Mr BARON qui ne fait que RÉPÉTER ce que l'ancien Directeur lui dit de dire et qui gravite toujours dans la FONDATION ! Fondation.....surtout empire immobilier, pillage des dons, et tueur de ses filiales pour s'en mettre plein les poches !

  3. Alexandra et Borisdit :

    Oui 55 personnes si on compte les pièces rapportées (amis, famille...) ! Nous connaissons parfaitement Forenap et quand nous parlons de représailles, nous nous fondons sur des faits réels, en particulier des menaces déguisées de licenciements ! Mais je vois, Inconnu, que votre extrême naïveté vous pousse encore à défendre la direction qui se joue bien de vous et de nous tous ! Mais d'ailleurs, que fait notre direction cette semaine et les semaines précédentes ? Ne sommes-nous pas dans une situation extrême qui demanderait leur présence sur site ? Mais peut-être croyez vous encore que, après avoir déployé tant d'énergie à la recherche d'hypothétiques repreneurs ou investisseurs, ils aient droit à un repos bien mérité dans leur région tant aimée ?

  4. A Alexandra et Borisdit :

    Eh bien Alexandra et Boris savent bien calculer : 55 personnes sur 107 = 30% ... Je dirais plutôt 51%. Donc la majorité...!!!! Ne racontez pas n'importe quoi ! Quant aux représailles ... Vous vaquez dans le plus pur délire...Vous ne connaissez pas FORENAP ou quoi !

  5. alexandra et Borisdit :

    Merci Camille ! Effectivement enfin une prise de parole des actionnaires. Une explication sensée et réaliste de la situation et bien loin du discours irréaliste des dirigeants. La direction n'est plus crédible, voire contestée, et le CE s'est laissé embobiner par des beaux discours prometteurs et pleins d'espoir. Heureusement qu'une partie des salariés n'est pas dupe. D'ailleurs, seule à peine 30% des salariés ont manifesté. Ils sont les seuls à parler dans la presse au nom de tous. Les autres sont démotivés, las et réalistes. Mais ils ne peuvent pas dire tout haut ce qu'ils pensent sous peine de représailles !

  6. Re-réponse à Camilledit :

    Camille, alors explique pourquoi tant de salariés sont allés manifester ????

  7. Réponse à Camilledit :

    Camille, Connais-tu la VRAIE Histoire.... Je ne le crois pas ! La FONDATION TRANSPLANTATION est loin d'être une blanche colombe...! Crois-tu en la transparence de cette FONDATION ???? Et ces dirigeants....les connais-tu....Voici le pedigree du tout nouveau....Quant à l'ancien...il aime les parties de cache-chace... Excellente lecture ! ---------------------------------------------------- Chronique d’une faillite annoncée : dans un communiqué en date du 17 février 2011, l’intersyndicale de l’entreprise dresse un tableau accablant d’un désastre pourtant annoncé : « Historiquement, l’Institut Pasteur de Lille, fondation municipale (dont le Président du Conseil d’Administration est Madame Martine Aubry), a toujours allié des activités de recherche fondamentale, de santé publique et d’analyses environnementales et alimentaires. « Durant plusieurs années, les bénéfices des activités d’analyses ont financé la recherche. Au milieu des années 2000, l’ouverture des marchés d’analyses à la concurrence engendre une baisse des prix, met tous les acteurs dans une situation économique difficile et accentue les difficultés endémiques de l’Institut Pasteur de Lille. « Pourtant en 2007, Philippe Amouyel, directeur général de l’Institut Pasteur de Lille et Olivier Baron, directeur administratif et financier, avec le soutien plein et entier de son conseil d’administration, se lancent dans une politique de rachats de laboratoires d’analyses à travers la France (14 laboratoires sont acquis et regroupés sous l’enseigne IPL Santé et Développement durables). « Une holding est créée : IPL INVEST, dirigée par Philippe Amouyel, auquel succède Gérard Levêque d’avril 2009 jusqu’à sa mise à pied et son licenciement en octobre 2010. « A Lille, en 2009, la même direction, toujours avec le soutien du conseil d’administration décide pour des raisons fiscales qui n’avaient jamais posé de problèmes jusqu’alors, de filialiser les activités d’analyses de l’Institut Pasteur Lille. « En Janvier 2010, IPL SED Nord (SAS) voit le jour. 350 personnes sont transférées de la fondation Institut Pasteur de Lille à IPL SED Nord. « Les représentants du personnel se sont opposés à cette politique craignant pour l’emploi à terme. « Début 2011, le directeur d’IPL SED Nord est licencié, après une mise à pied. « En janvier 2011, Philippe Amouyel nomme un nouveau directeur d’IPL INVEST : Eric Diers, qui affiche sur son CV les fonctions de manager de crise (source Viadeo). « En février 2011, un nouveau directeur général d’IPL SED Nord est nommé en la personne de Vincent Duvillier : « négociateur dans les situations les plus difficiles » (source Viadeo). Aujourd’hui, soit 13 mois après la filialisation, c’est un plan de restructuration touchant 133 emplois sur 313 à ce jour qui est annoncé pour le mois de mars. » Jacques Richir, vice-président du Conseil d'administration de l'Institut Pasteur de Lille, convie en urgence les salariés de la Fondation à une assemblée générale, ce mardi après-midi. Les syndicats pensent que l'élu, chargé du dossier Pasteur à la mairie de Lille, va annoncer des changements à la direction. --------------------------​--------------------------​----- Selon Sylvie Loiseau, déléguée syndicale Sud de Pasteur, qui n'a « pas encore de détails sur les annonces de Jacques Richir », deux hypothèses se dessinent : soit le conseil d'administration va annoncer le départ du directeur général de Pasteur, Philippe Amouyel, soit un nouveau directeur administratif et financier va être nommé, poste quitté en août 2011 par Olivier Baron, qui a démissionné. La rumeur court depuis plusieurs semaines. Depuis quelques mois, plusieurs sources concordantes affirment cependant que Philippe Amouyel est « condamné ». Le directeur général de l'Institut Pasteur de Lille, Fondation et filiales privées IPL Sed Nord et IPL Invest confondues, serait, selon le professeur Froguel, l'un des piliers de la recherche pasteurienne, « en retrait ». Ce que les syndicats Sud santé sociaux et CGT, qui ont alerté la présidente du conseil d'administration de Pasteur Martine Aubry sur la situation « catastrophique » du navire Pasteur, confirment: « On ne le voit plus du tout à l'Institut. Amouyel n'est plus du tout disponible. » Selon Froguel, Amouyel, qui a déposé une demande de Labex pour son laboratoire personnel, serait en train « de préparer son départ ». Volontaire ou forcé ? Il y a trois mois, en plein été, les salariés de la fondation apprenaient que leur directeur général, épidémiologiste également directeur de la Fondation de coopération scientifique Alzheimer et d'une unité d'Inserm (entre autres) a déposé sa démission. Refusée par la Ville de Lille, « qui veut qu'il termine le plan de reprise par Eurofins », affirme Philippe Froguel (le géant mondial de l'agroalimentaire doit entrer à hauteur de 61% dans le capital des filiales privées de Pasteur). Le 30 août, c'est son directeur administratif et financier, Olivier Baron, qui faisait ses bagages dans la plus grande discrétion. Pas remplacé depuis. Le résultat d'un bilan désastreux. « Tout ça, c'est la conséquence du bilan désastreux de leur stratégie de filialisation », et d'une « direction qui a privilégié les affaires à la recherche », s'insurgent Froguel et Vladimir Nieddu, responsable de Sud santé sociaux. Celui-ci affirme que la Fondation, plombée par les mauvais résultats de ses filiales, a perdu « plus de 30 millions d'euros ». « Chaque jour qui passe, le déficit abyssal se creuse encore un peu plus dans la maison », appuie le professeur. Pour Froguel cependant, Philipe Amouyel « n'est pas plus responsable » dans ce bilan que Jacques Richir, élu lillois qui gère le dossier Pasteur « et se fait de plus en plus présent dans nos réunions à l'Institut ». « Au conseil d'administration, il ne pouvait pas ne pas être au courant des résultats de la privatisation d'une partie de Pasteur. » Amouyel, « de plus en plus amer » pour les syndicats et des salariés, ne doit donc « pas être le seul à porter le chapeau ». D'où, peut-être, la méfiance vis-à-vis du conseil d'administration des collectivités qui vont (encore) renflouer les caisses de la Fondation. Côté mairie de Lille, Jacques Richir avait fermement démenti le départ de Philipe Amouyel, « rumeur véhiculée » selon lui par des « personnes malveillantes ». Quant au principal intéressé, il n'a pas donné suite à nos demandes d'interview.

  8. CAMILLEdit :

    Enfin une prise de parole de la part des actionnaires ! Cela va faire du bien à la majeure partie des salariés qui ne se sentaient pas représentés par leur CE et qui partagent pleinement ce que dit ici Mr Olivier Baron. La direction en place avait donné un son de cloche différent, qui devenait de moins en moins crédible au fur et à mesure que le temps passait. Le problème de Forenap n'est pas simplement de trouver des fonds, mais bien de remettre en question un modèle structurel qui n'est pas rentable et d'implémenter une stratégie offensive sur un marché pourtant existant, pour pouvoir ENFIN s'autofinancer un jour.

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