À l’approche de la soixantaine, Thierry Munier, le fondateur d’Altempo dans le Haut-Rhin, cède son entreprise au groupe bourguignon et désormais international Algeco, dont la marque est devenue improprement un nom commun pour désigner les bases de vie sur les chantiers. Le petit poucet apporte au géant du secteur un savoir-faire qui va au-delà de la simple installation de bâtiments modulaires.


Altempo s’engouffre dans le poids lourd de la construction provisoire. Le célèbre Algeco a acquis, dans la première semaine de janvier, la majorité des parts de la PME alsacienne de conception et installation de bâtiments modulaires située à Bennwihr-gare (Haut-Rhin), que Thierry Munier avait fondée en 2003.
Le dirigeant d’Altempo présente la reprise comme un choix parmi plusieurs offres, dans le cadre d’un scénario classique de transmission, à l’approche de la soixantaine. Thierry Munier, restera directeur général pendant trois ans, en charge des projets, au sein de l’entreprise « qui conserve son autonomie », souligne-t-il, et pour laquelle rachat doit rimer avec croissance. 


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« Le plan construit en commun avec Algeco vise un doublement du chiffre d’affaires en trois ans, dans le contexte où nous sommes passés de 24 millions d’euros en 2018 à 30 millions en 2019 », déclare Thierry Munier. Et sur le plan des ressources humaines, le changement de propriétaire doit signifier, non seulement un maintien des effectifs, mais leur augmentation, en conséquence des ambitions du business plan, appuie-t-il. Altempo emploie actuellement 61 salariés, chiffre lui aussi en hausse régulière ces dernières années.
Pour Algeco, leader mondial du secteur dont le siège social se situe à Charnay-les-Mâcon, en Saône-et-loire où il est né, « ce rachat permet de renforcer le positionnement sur le marché des constructions modulaires afin de répondre à des projets plus complexes, en gestion et installation de chantiers dans lesquels le bâtiment modulaire n’est pas l’unique composante », expose le groupe dans un communiqué.


Une plate-forme digitale de gestion des chantiers

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Un des derniers contrats d'Altempo : les installations de chantier pour la rénovation de l’Hôtel de la Marine à Paris, en même temps que la gestion des livraisons et des zones de stockage des matériaux. © Altempo

La « complémentarité » avec la PME mise en avant par Thierry Munier a du sens. Algeco fait du volume, tandis qu’Altempo évolue davantage dans la dentelle. « Plus que le bâtiment modulaire lui-même, nous nous occupons de ce qui l’entoure », résume le dirigeant. La PME haut-rhinoise fait habiller les installations de chantier de visuels et décors esthétiques pour les rendre moins oppressantes et elle leur adjoint des services d’économie circulaire (le pilotage de la gestion des déchets pendant les travaux et de leur recyclage), de sécurisation (gestion des accès aux chantiers, notamment des personnels intérimaires) et de circulation des engins sur les lieux de travaux.
De plus, elle a regroupé ces prestations dans une plate-forme digitale, qui fait d’Altempo l’un des pionniers de la numérisation dans son métier. Ces originalités apporteront, selon la terminologie d’Algeco, « une offre full service sur site en renforcement de notre offre clé en main déjà existante. »

 

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Du rapprochement avec Algeco qui a inventé la construction modulaire en 1955 et pèse désormais plus d’un milliard d’€ (plus de 5.000 salariés dans 21 pays) après plusieurs croissances externes, Thierry Munier escompte également une expansion du terrain de jeu de la PME. « Altempo pourra s’appuyer sur le réseau d’agences Algeco afin de percer dans les différentes régions de France où nous sommes peu ou pas présents. »


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Thierry Munier, fondateur d’Altempo en 2003 assurera la transition pendant 3 ans. © Traces Ecrites

De fait, Altempo évolue depuis sa base près de Colmar, principalement dans l’Est, dans la région de Lyon mais surtout en Ile-de-France, où sa capacité à « glisser » des installations de chantier harmonieusement dans des zones restreintes et très fréquentées, fait merveille.
La longue liste des références d’Altempo comprend, en catégorie « prestige », le château de Versailles, ou à Paris intra muros l’école Boulle, la construction de la nouvelle salle de musique Philharmonie, la rénovation du Forum des halles, de nombreux chantiers de lignes de métro ou l’ambassade d’Allemagne. La PME intervient actuellement au Grand Palais, à la gare d’Austerlitz en phase de métamorphose et a décroché récemment la gestion des installations de chantier pour la rénovation de l’Hôtel de la Marine.

1 commentaire(s) pour cet article
  1. philippe Marceaudit :

    Je ne connaissais pas cette société. Mais la stratégie de rachat est très bonne. A bientôt.

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