PIB fabrique ses peintures industrielles à façon sur des cahiers des charges très techniques.
PIB fabrique ses peintures industrielles à façon sur des cahiers des charges très techniques.

CHIMIE. Concepteur et fabricant de peintures industrielles à Torcy, en Saône-et-Loire, Peinture Innove Bourgogne (PIB), affronte la crise en misant sur l’innovation et l’exportation.

Choix judicieux de Philippe Brunet, le repreneur de l’entreprise en 2009, pour qui ce secteur d’activité n’a pas de secret.

En 2015, le dirigeant espère intégrer un nouveau site qui représente un investissement de 800 000 €.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

Branchez Philippe Brunet sur les peintures industrielles conduit à rester un long moment en compagnie de cet homme avenant et résolument passionné par son métier.

Un métier qu’il connaît sur le bout des doigts pour l’avoir déjà exercé  pendant une vingtaine d’années au sein du groupe Dupont de Nemours, avant de reprendre en 2009 la société Peinture Innove Bourgogne (PIB), implantée à Torcy, en Saône-et-Loire.

L’entreprise (autour des 3 millions d’€ de chiffre d’affaires, 10 personnes) conçoit, fabrique et commercialise toutes sortes de peintures techniques à la demande.

L’image du pot que l’on va acheter dans une grande surface de bricolage est ici à bannir. Un laboratoire intégré, employant un ingénieur chimiste, imagine les bonnes formulations suivant les usages souhaités : durabilité, résistance aux chocs, aux intempéries, à la corrosion…

L'entreprise possède des équipements de pointe pour fabriquer ses peintures industrielles.
L'entreprise possède des équipements de pointe pour fabriquer ses peintures industrielles.

Prenons l’exemple des peintures des cadres de vélo Eddy Merckx, qu’utilise actuellement sur le Tour de France, l’équipe Omega Pharma - Quick Step.

« Il faut déjà appliquer une peinture poudre, puis une peinture liquide hydro et enfin un vernis poudre, qui doivent être compatibles entre eux et capables de résister à une température de polymérisation de 180° », explique le dirigeant.

Quant à la mise en œuvre de la peinture poudre, elle se fait par mini bol, c’est-à-dire par projection et dépose électrostatique.

Vous l’aurez compris, on est loin du pinceau et du rouleau.

PIB réalise aussi des peintures très pointues pour les cuves alimentaires ou les cuves contenant des acides.

Elles peuvent être dédiées à des sous-couches ou de la finition, mono composant ou bi composants, sans solvant, avec ou hydro, et enfin acryliques, vinyliques, époxy, voire polyuréthanes.

« Pour corser l’affaire, chacune de ses caractéristiques se combinent dans tous les dosages possibles », précise Philippe Brunet.

Le fabricant en produit 500 tonnes par an, principalement pour le ferroviaire (50%) et l’industrie (30%) et, dans une moindre mesure, pour les sols, l’anticorrosion et l’architecture.

Préparation d'une peinture à partir de résine.
Préparation d'une peinture à partir de résine.

Réduction des composés organiques volatiles (solvants)

Homologuée SNCF sur plus de 40 sites en France, l’entreprise a notamment pour client GEFCO, logisticien propriétaire d’un parc important de wagons.

Elle compte également parmi ses donneurs d’ordres de grands groupes comme ABB, BOSCH, Schneider Electric ou encore Alstom.

Le porte-avions Charles de Gaulle a de la peinture maison mais, au grand dam de Philippe Brunet, pas encore la Tour Eiffel.

Pour fidéliser pareilles références et accroître le portefeuille, les deux axes de développement retenus sont l’innovation et l’exportation.

« Nous avons conduit des programmes de recherche sur les nanotechnologies et la chimie verte, le but étant de réduire l’utilisation de solvants, bien que cela ne soit pas toujours possible », argumente le gérant de PIB.

Le dirigeant souhaite par ailleurs booster ses ventes à l’international qui ne pèsent que 10% de l’activité (Benelux, Pologne, Espagne et Maghreb) en ciblant plus particulièrement les marchés roumain et turc, ce dernier misant fortement sur le ferroviaire.

Ces stratégies passent par un outil de production parfaitement aux normes – il espère décrocher l’Iso 14001 en 2014 – et prévoit de disposer d’un nouveau site en 2015. L’investissement s’élève à 800 000 € pour 1 500 m2 d’ateliers et de bureaux.

Philippe Brunet, repreneur en 2009 de PIB.
Philippe Brunet, repreneur en 2009 de PIB.

Pourquoi Philippe Brunet a racheté PIB ?

Comme beaucoup de cadres supérieurs dépassant la quarantaine, Philippe Brunet en a su assez de travailler dans un grand groupe. L’envie d’entreprendre par lui-même comme le goût du risque le tenaillaient depuis longtemps.

Et puis, n’être qu’un numéro face à des actionnaires qui n’ont plus pour curseur que la seule rentabilité au détriment d’une vision d’entreprise commençait à lui courir sur le système. Philippe Brunet, diplômé de l'École du ski Français, a été lauréat du réseau Entreprendre Bourgogne en 2010. Il est par ailleurs l'un des tous premiers adhérents du cluster Mecateam, piloté par Didier Stainmesse.

Crédit photos : Traces Ecrites
5 commentaire(s) pour cet article
  1. Philippe Ogierdit :

    Bravo à ce chef d'entreprise tenace et engagé. Il incarne la volonté d'un entrepreneur innovant qui voit toujours plus haut. Souhaitons lui une grande réussite dans tous ses projets.

  2. Rene BIOUSSEdit :

    Bravo Philippe bonne continuation sur cette envie d'investir, et bon courage.

  3. Christiane Bassetdit :

    Belle initiative et bon vent sur le chemin des entrepreneurs.

  4. dailly rolanddit :

    Bravo Philippe ! Belle réussite, de la part d'un ancien...

  5. Pascale BOBOdit :

    J'admire cet esprit d'entrepreneur et cette ténacité. Toutes mes félicitations à Philippe Brunet et longue vie à PIB.

Commentez !

Combien font "6 plus 8" ?